XII AVANT- PROPOS
sont les hommes tomberont en désuétude. Sa doute, protégé par ses institutions et ses cérémnies, lo catholicisme se maintiendra plus longtem] que ne l'imaginait le Persan de Montesquieu. Mo sua *tttt\ mais la vertu féconde, la vie se retire c lui. Il ressemble à ces vieux arbres découronn* par la tempête, rongés au cœur, vides de moel et qui gardent sous leur écorce à peine assez c ntve pour faire reverdir les rameaux inférieurs i répandre à terre l'ombre d'une maigre frondaisoi Los foules qui remplissent les églises font illusior parmi ces multitudes et surtout parmi les apol< gistes bruyants du catholicisme, combien ont ur foi sérieuse? Sous Dioctétien, sous Julien, on v le paganisme refleurir; le crépuscule des ancieE Dieux n'en était pas moins irrémédiable.
Le catholicisme disparaîtra peu à peu, par 1 force des choses, plus encore que par le progrès d la raison. Il disparaîtra comme les races d'animau éteintes par les révolutions du globe, comme 1 mammouth et l'ichtyosaure. Il disparaîtra parc qu'il ne sera plus viable, parce qu'il implique un conception de l'univers et de la condition humain que, dans le monde transformé par l'espr moderne, personne n'admettra plus.
AVANT-PROPOS XHI
* Alors on s'étonnera que des débats sur des sujets oiseux, obscurs, inintelligibles, aient, pendant deux mille ans, troublé de bons esprits, coûté tant d'encre et de sang; on traitera les questions religieuses, sinon avec l'indifférence qui effrayait lamennais, du moins avec sang-froid et lucidité. Il me semble que, dès aujourd'hui, nous pouvons acquérir la même clairvoyance, à force d'habiter parle rêve dans les siècles à venir, et de penser comme le conseille le vieux chef breton dans Tacite, à la fois aux ancêtres et à la postérité.