‹ La septicémie à méningocoque BChapitre 8 sur 18 · RO (U · texte numérisé non relu

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OBSERVATION V (Netter, Salanier et Mlle Blanchier. Soc.de Biol.,30 juin 1917)

L... 17 mois, au cours d’une santé parfaite fut pris de convulsions très violentes avec hyperthermie dans la nuit du 15 au 16 juin. A l’arrivée de M. Netter, le 16 vers midi, Penfant était en convulsions subnitrantes. On ne trouvait aucun singne de méningite et seulement une petite éruption rubéoliforme derrière la tête. La ponction lombaire ramène un liquide tout à fait clair, non hypertendu, paraissant normal. Il renfermait cependant un peu d’albumine et on y comptait onze leucocytes par millimètre cube, Pas de microbes ni à l’examen direct, ni à la culture.

A la suite de cette ponction, les convulsions prirent fin mais la température dépassait toujours 40°. L'enfant était très abattu.

Le 17 après-midi, il y avait sur divers points une éruption purpurique discrète. M. Netter pense aussitôt à une meningococcémie et juge utile d’injecter du sérum antiméningococcique. Bien qu’il n’y eût pas plus de signes de participation méningée que la veille, il lui parut sage de pratiquer une nouvelle ponction lombaire étant décidé à injecter le sérum dans le canal intrarachidien, quels que fussent les caractères du liquide fourni. Cette fois il obtint un liquide louche renfermant des miningocoques.

Le lendemain, en scarifiant et en grattant une lésion purpurique, après lavage soigné, on obtint des frottis sur les-

| quels ont put déceler des diplocoques en grain de café ne

retenant pas le grain et que M. Netter n’hésita pas à considérer comme des méningocoques.

Le méningocoque isolé du liquide céphalo-rachidien fut identifié au type B. A la suite d’un traitement sérothérapique énergique par le sérum anti B l’eñfant finit par guérir après avoir présenté 13 arthrites (pus à méningocoques) et avoir dû subir une trépanation en vue de porter le sérum directement dans les ventricules cérébraux.

Lise

OBSERVATION VI (Mile Blanchier. Th. Paris 1918).

Z.… Louise, 7 ans 1/2, entre à l’hôpital Trousseau, salle Cadet de Gossicourt, dans la soirée du 26 septembre 1917. Cette enfant, qui a déjà eu la rougeole et la coqueluche, est actuellement malade depuis deux jours. Prise assez brusquement le 24 septembre, de céphalée et de vomissements elle a été vue le lendemain par le docteur Riff qui diagnostique une méningite cérébrospinale et constate l’éruption signature de la maladie ; il conseille d’envoyer l’enfant à l'hôpital pour qu’on fasse le traitement, mais la mère s’y refuse et ne veut pas entendre parler de piqûres. Ce n’est que le surlendemain, devant l’aggravation de l’état de l’erfant, qu’elle se décide à l’amener à l’hôpital Trousseau où elle arrive à 6 heures du soir. On lui fait immédiatement une ponction lombaire et 40 centimètres cubes de sérum antiméningococcique A+B.

Examen le 27 septembre : Enfant maigre, thorax étroit déformé en carène sans autres stigmates de rachitisme. Raideur accentuée, tête renversée en arrière en opisthotonos marqué, .kernig net, raie vasomotrice intense.

Les bras; et surtout les avant-bras, sont couverts de petites ecchymoses d’un centimètre de diamètre environ, les unes violacées, d’autres déjà jaune verdâtre. Ces mêmes ecchymoses se retrouvent moins nombreuses sur les cuisses. On note aux extrémités quelques pétéchies entourées d’une zone érythémateuse, plus large ; à la pression la zone érythémateuse s’efface laissant subsister le centre purpurique qui ne change pas. Quelques autres pétéchies sont disséminées sur la poitrine, l’abdomen et le dos, de la grosseur d’une tête d’épingle, elles sont de teintes très variables, violet plus ou moins foncé ou pourpre, deux ou trois sont même rouge vif analogues à des névis vasculaires. Cette éruption respecte la face, les muqueuses sont indemnes. L’enfant est battu, peu de fièvre, 38°. Pouls 80, régulier. Pas de signes stéthoscopiques. Ponction lombaire : 40 centimètres cubes de sérum A+B.

28 septembre : Température très élevée, 40°. Soif vive ; aideur toujours très marquée. L’éruption persiste avec teinte plus jaunâtre des ecchymoses. Taches érythémateuses nouvelles au niveau des points de pression. 40 centimètres de sérum A. B.

29 septembre : La raideur est moins accentuée, la température redescendue à 37°, mais on note quelques troubles bulbaires ; intermittences du pouls, pauses respiratoires. A côté des taches anciennes qui pâlissent, il existe des placards érythémateux récents sur les avants-bras, les mains et les doigts tandis qu'aux membres inférieurs les nouvelles lésions sont surtout représentées par des pétéchies dont quelques-unes réunies en bouquet de 3 à 4 sont apparues sur des taches érythémateuses ou ecchymotiques.

30 septembre : Enfant manifestement mieux. Apyrétique. Assise sur son lit. Une petite vésicule est apparue sur la face interne du poignet droit, on peut en retirer une petite goutte de liquide en vue d’examens bactériologiques.

Les jours suivants le mieux s’eccentue, l’éruption s’efface, la raideur disparaît peu à peu, le pouls se régularise et l'enfant entre en convalescence. Elle fait le 5 octobre une éruption sérique et sort complètement guérie le 20 octobre.

Examens de laboratoire : Ponctions lombaires. Liquide céphalo rachidien du 26 septembre très purulent, nombreux polynucléaires et grands mononucléaires, pas de microbes apparents sur lame. Cultures sur gélose oscite positives en 48 heures. Colonies typiques de méningocoques. Agglutination très nette avec le sérum antiméningocoque B et nulle avec les autres sérums (A. C. normal).

Liquide céphalo rachidien du 27 septembre, beaucoup moins purulent, xanthochroniques polynucléaires, pas de méningocoques à l’examen direct mais culture positive en 48 heures. Liquide céphalo rachidien du 28 septembre moins purulent, n’a plus la teinte jaune de la veille, polynucléaires et lymphocytes, cultures négatives.

30 septembre : Examen de la sérosité de la vésicule. 1° Frottis. Polynucléaires altérés, réseau de fibrine, débris leucocytaires, quelques diplocoques Gram négatifs, extracellulaires, morphologiquement identiques au méningocoque.

2° Le reste de la gouttelette sert à faire une culture sur gélose oscite qui restera négative.

Ensemencement du cavum. Isolement d’un méningocoque identifié au méningocoque type B.

OBSERVATION VII (Mlle Blanchier. Th. Paris, 1918). \

H.. Simone, 22 mois. Entre au pavillon de la diphtérie

le 24 juillet 1917 pour angine diphtérique avec fausses membranes engainant la luette qui guérit en quelques jours sous l'influence de 40 centimètres cubes de sérum antidiphtérique.

Descendue dans la salie des convalescents, l’enfant était gaie et jouait encore sur son lit dans la matinée du 4 août. L’après-midi elle devient grognon, la température monte à 38°4 et la respiration semble un peu gènée sans que l’auscultation ne révèle rien d’arnormal.

Le lendemain (5 août) l’enfant est somnolente, la température se maintient à 38°4 et, à l’examen, on note quelques éléments cutanés qui éveillent tout d’abord l’idée de piqüres de puces, mais un examen plus attentif faisant constater notamment sur la cuisse droite et à la base du thorax quelques taches pétéchiales de la grosseur d’un pois, permet d'affirmer le purpura. Quoiqu'il n’y eut, à ce moment, aucun signe de méningite, en particulier ni raideur de la nuque, ni Kernig, M. Netter pratique une ponction lombaire qui ramène un liquide louche (contenant des polynucléaires et quelques méningocoques cultivables) et est suivie de linjection de 30 centimètres cubes de sérum (20 centimètre cubes de sérum B + 10 centimètres cubes de sérum A). L’enfant est alors passée à la crêche.

6 août : De nouveaux éléments purpuriques sont apparus sur le dos et la partie interne des cuisses. Il y à un certain degré de raideur de la nuque, de la diarrhée, pas de vomissements et la température est à 39°4. Deuxième ponction lombaire, 30 centimètres cubes de sérum (20 centimètres

cubes B + 10 centimètres cubes A(. Liquide céphalo-rachidien toujours très purulent, encore quelques méningocoques cultivables.

Un frottis fait avec une gouttelette sanguinolente recueillie après scarification d’une tache purpurique ne permet pas de déceler le méningocoque.

7 août : Les taches purpurique pâlissent, mais l’enfant est fatiguée, obnubilée, la température atteint 40°6, 3° ponction de sérum (16 cc. B + i4 cc. A). Liquide encore purulent, pas de méningocoques sur lame, mais cultures positives.

8 août : Le méningocoque ayant été identifié à la race B on fait 20 ce. de sérum B. Le liquide est moins purulent et la culture reste négative.

9 août : L’enfant est encore très fatiguée, le purpura a disparu mais il y a un œdème notable sans rougeur, au niveau des malléoles et des poignets.

Cet œdème augmente le lendemain et la peau devient rouge, chaude, les mouvements des articulations des tibio-tarsiennes et des poignets sont douloureux.

On fait une dernière ponction lombaire et une dernière injection de 20 cc. de sérum B (le liquide est beaucoup plus clair et les cultures restent négatives). Les arthrites s’atténuent en quelques jours, la fièvre tombe en lysis et l’enfant guérie est emmenée par ses parents le 19 août.

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