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12 novembre 1891.— Laparotomie : ouverture de plusieurs poches suppurées; ablation des deux trompes. Lavage du petit bassin à l'eau bouillie. Nettoyage avec des éponges. Mikulicz et drainage par le vagin.
Soir; À 4 h. sueurs profuses. — T., 38°,2. Pouls, 37. Resp., 33.
13 novembre. — Statu quo.
Matin. — T., 39°,2. Pouls, 118. Resp., 20.
Soir. — T., 38 degrés. Pouls, 112. Resp., 20.
44 novembre. — Délire le matin.
Matin. — T., 38°,8. Pouls, 120. Resp., 20.
Soir. — T., 38°,9. Pouls, 120. Resp., 10. (Pauses respiratoires).
15 novembre. — Subdélirium.
Matin. — T., 39°,4. Pouls, 100. Resp., 12. (Pauses respiratoires).
Soir. — T., 39°,6. Pouls, 400. Resp., 10.
16 novembre. — Dansla soirée, délire continu. Matin. — T., 380,2. Pouls, 100. Resp., 16.
Soir. — T., 39°,8. Pouls., 100. Resp., 16.
17 novembre. — Le Mikulicz est enlevé. Il s'écoule du pus en assez grande quantité. Lavage. Le soir, sueurs abondantes.
Matin. — T., 38 degrés. Pouls, 98. Resp., 21.
Soir. — T., 37°,6. Pouls, 100. Resp., 25.
18 novembre. — Etat meilleur. Plus de délire depuis l’ablation du Mikulicz.
Matin. — T., 37°,5. Pouls, 98. Resp., 28.
Soir. — T., 370,8. Pouls, 96. Resp., 27.
19 novembre. — Sueurs profuses le soir.
Matin. — T., 37°,4. Pouls, 88. Resp., 20.
Soir. — T., 37°,6. Pouls, 96. Resp., 30.
Les jours suivants, la température s’est maintenue entre 37°,5 et 38 et est tombé définitivement à 37 degrés le 1° décembre, le pouls à oscillé entre 84 et 96 jusqu'au 1° décembre où il tombe et demeure à 80. La respiration est restée autour de 30, jusqu'à la même date et est redevenue normale dès lors.
Température.
La température que l’on prend partout, toujours, et avec le plus grand soin, est un signe d'autant plus trompeur qu’on s’y fie davantage.
I n’y a qu’à se reporter aux tableaux, pour se rendre compte de l'extrême variabilité qu’elle peut présenter. Je
noie
n’y ajoute donc aucune importance, si on ne la compare pas au pouls. Mais, augmentation du pouls et élévation de température sont du plus mauvais pronostic.
Deux seules remarques sont à faire : la première c’est qu’il faut prendre la température rectale ou vaginale, si l’on tient à avoir des données certaines. Ainsi dans l’observation XXV, la température axillaire donnait, le 7 avril, 37 degrés le matin et 38°,4 le soir; prise concomitamment et avec le même thermomètre, elle marquait 39°,7 le matin et 40 degrés le soir.
L'autre fait intéressant, c'est qu'après la mort, la température continue à s'élever quand elle était déjà arrivée à une hauteur marquée. Dans l’observation IT elle est de 40 degrés avant la mort et de 41°,3 dix minutes après; dans l’observation XXI, la température est de 39°,2 quelques instants avant la mort, et monte à 40°,8 une demi-heure après ; une heure et demie après, elle était descendue à 36°,6. Dans l’observauon XXIV, la température atteint 40 degrés immédiatement avant la mort; dix minutes après, elle est à 40°,4.
Enfin, s’il était permis de tirer quelque pronostic de la température seule, je dirais que l’élévation de température, le jour même de l'opération, est inquiétante, quand elle se montre. Dans les observations III, VIL, XII, X VIII, XXI et XXII, la température a atteint entre 38 degrés et 38°,4 dès le premier soir. Cependant, il serait facile de citer des cas analogues terminés sans accident. Il ne faut donc pas exagérer l’importance de cette légère élévation. Elle devient plus significative, si Le lendemain soir la malade monte à 39 degrés, après une rémission, un état stationnaire ou une légère augmentation le matin. Le pouls est-il en même temps accéléré, pronostic mauvais.
Respiration.
Les troubles respiratoires sont fréquents, mais tellement variables suivant les cas, qu’il est fort difficile de leur attacher une importance considérable. La respiration est modifiée dans sa fréquence et sa régularité. Elle est presque toujours augmentée de fréquence dès le deuxième jour, ainsi
qu’on peut s’en rendre facilement compte en parcourant les lableaux synthétiques (Voyez p. 115). Tantôt elle va plus ou moins régulièrement en augmentant jusqu’à la mort (obs. VIE, VIII, XVII). Tantôt elle subit des oscillations (obs. IX, XI, XXIV). Fait remarquable, quand la température et le pouls atteignent leur maximum de fréquence, elle peut se trouver ralentie et tomber à un chiffre inférieur à la normale.
Le rythme régulier de la respiration est ordinairement modifié : le plus fréquemment ce sont des crises de suffocalion qui apparaissent, parfois dès le lendemain de l'opération, plus rarement lc jour mème; les crises sont de mauvais augure et sont l'indice d’inflammation péritonéale. La malade étoufe, a soif d’air, demande à cor et à cri qu'on ouvre les fenêtres, sans d’ailleurs être bien soulagée par l'apport de l'air frais. A l’auscullation, le plus souvent on ne trouve rien; parfois quelques râles se découvrent cà et là, d’ailleurs peu nombreux.
L’expectoration est nulle, et ce n’est que dans les derniers instants qu'on peut constater parfois un peu de spume dans la bouche.
Dans des cas plus rares, on trouve le rythme de Cheyne- Stokes dont l'apparition est d’un pronostic fâcheux.
Ces troubles respiratoires s’observent-ils en dehors de l’état péritonitique? C’est peu probable; ils existaient chez quelques malades qui ont guéri, mais je crois avoir prouvé que ces malades ont bel et bien fait un pen de péritonite terminée d’ailleurs par la guérison.
Quand tout va bien, la courbe respiratoire varie fort peu et se tient autour de 15,20 ou 25 suivant les personnes. Le seul point à noter, si tantest qu'ilen vaille la peine, c’est que le soir de l’opération le nombre des respirations est toujours un peu ralenti.
Etat gastro-intestinal.
La langue est sèche le plus souvent, mais non rôtie: fréquemment elle est couverte d’un enduit blanchâtre.
Toute la bouche est elle-même sèche; mais son état, en général, dépend surtout des sains de propreté que l’on prend.
= hr
La soif est ardente, inextinguible, et les malades en sont atrocement tourmentées. Elles réclament sans cesse à boire, sans être jamais satisfaites. En ayant soin de leur humecter fréquemment la bouche, on calme, dans une certaine mesure, cet irrésistible besoin qui vient ajouter pour beaucoup à leur énervement.
Les vomissements sont fréquents mais non constants. Ceux du premier jour sont ordinairement attribuables au chloroforme; les autres sont dus à l’inflammation péritonéale. [ls sont tout d’abord aqueux, puis deviennent bilieux, porracés el rarement fécaloïdes.
Ils surviennent tantôt sans effort et tantôt avec effort; tantôt ils sont fréquents, tantôt ils sont rares. Il n’y a aucune règle à donner. Dans les observations IV, VII, XXIL,ils ont été nuls, du premier au dernier jour : dans les observations VIT, XI, XVI, XXI, XX VI, ils ont été très rares. En revanche, dans les observations IE, X, XV, XIX, XXV, XX VII, ils ont été remarquablement fréquents.
La constipation est de règle; le plus souvent elle est opipiâtre, quelquefois, c’est au contraire la diarrhée qu’on observe (obs. XVIII, XXII, XX VIT).
Le ballonnement du ventre peut être très marqué (obs. I, VII, XII, XIX, XX VIT), moyen, léger ou nul (obs. IV, X, XX).
Douleurs.
Les douleurs abdominales spontanées sont le plus souvent très vives (obs. [, IT, IIT, X, XV, XVII, XIX, XXIV, XXV, XX VI, XX VIT), de moyenne intensité ou nulles (obs. [V, VII, XI, XIII, XVII). Elles sont irradiées à tout le ventre, ou vaguement localisées au creux épigastrique (obs. IT, XIX, XXIV). La douleur au creux épigastrique est même un signe de mauvais augure.
A la pression on réveille presque toujours des douleurs quand il n’en existe pas déjà. Cependant, quelquefois même, ces douleurs à la pression sont nulles ou à peu près.