DÉFINITION
La dénomination de septicémie péritonéale aiguë post-opéraloire se comprend d’elle-mème; elle s'applique à l’ensemble des accidents infectieux aigus qui, trop souvent encore, viennent compliquer les interventions abdominales.
En principe, la septicémie péritonéale post-opératoire est généralement admise; en fait, elle est presque toujours niée. Son évolution est, en effet, ordinairement si rapide que les lésions macroscopiques, bien palpables, de la péritonite manquent. Les grosses lésions étant nulles, on ne cherche pas, on ne voit pas les petites, et on déclare qu’il n’en existe pas. Ainsi s'explique la fréquence de cette mention laconique qui commence le récit de beaucoup d’autopsies consécutives à des interventions abdominales malheureuses : pas de péritonite. L'opéré ayant pourtant succombé, il faut trouver une cause de mort; on invoque alors le shock, mot vague et commode qui n'engage personne et dégage, au contraire, l'opérateur. L’ébranlement nerveux causé par l'intervention devient l’origine de tous les accidents, et le malade se trouve en quelque sorte rendu responsable de sa propre mort.
NO
Aujourd’hui cependant, tout au moins en France et en Allemagne, le shock perd du terrain, parce qu'on connait mieux l'infection péritonéale. En Angleterre et en Amérique, les chirurgiens continuent à l’admettre. Lawson Tait n’a-t-il pas écrit, il y a deux ans à peine, que la péritonite post-opératoire est d’origine nerveuse ?
Les auteurs qui persistent à regarder le shock comme une cause de mort devraient bien le définir. Malheureusement, ceux qui en parlent le plus ne lui donnent aucune signification précise; ils se contentent de lui attribuer, en somme, tous les cas dont la mort leur reste inexpliquée. Le seul sens qu'on puisse raisonnablement donner au mot shock est celui d’ébranlement nerveux. Or, après une laparotomie, la mort peut-elle survenir par ébranlement nerveux, comme on l’observe parfois à la suite de grands traumatismes? Quand le malade succombe dès les premières heures, l’'empoisonnement chloroformique, l’hémorrhagie, une attaque d’urémie ou d’asystolie chez les prédisposés, permettent le plus souvent d'expliquer et de comprendre la terminaison fatale. Doit-on faire une part à l'ébranlement nerveux, au shock? Sans trancher cette question que je n’ai pas particulièrement étudiée, je tendrais à répondre par la négative.
Si La mort survient le troisième ou le quatrième jour, il me semble qu'il ne peut plus être question de shock. L'opéré s’est en effet bien réveillé, et ne présente tout d’abord aucun accident; puis, rapidement, au bout de vingt-quatre, trentesix heures et plus, apparaissent des phénomènes graves qui se terminent par la mort. Or, dans ce cas, comment peut-on faire intervenir l’idée d’un shock opératoire analogue au shock traumatique? Un homme subit une commotion violente et tombe mmédiatement dans un état de prostration et de collapsus dont il ne sort plus : on dit alors avec raison qu'il y a shock. Mais, chez un opéré qui se réveille, qui va bien pendant douze, vingt-quatre, lrente-six heures, et qui présente ensuite des accidents dont la mort est le terme, où est le shock ? Le réflexe mettrait donc douze, vingt-quatre, trente-six heures pour se produire ?
En réalité, on dit shock parce qu'à l’autopsie on ne trouve Pas Où on ne sait pas lrouver la véritable cause de la mort; la