‹ La Serbie et le MonténégroChapitre 34 sur 68 · I. MiloutiDOvi · texte numérisé non relu

I. MiloutiDOvi

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comme otages, à moins qu'ils ne partent en emportant ma tète. » Alors la diète jura de périr pour la sainte foi et la douce liberté, ou de vaincre le séraskier impérial. C'était au mois de juillet 1712 : l'armée turque était campée le long de la Vlahinia. Tout b coup les deux frères louraschkovitj, lanko et Bagdone, fondent sur elle du haut des rochers escarpés de Perjnik. La lutte fut longne et acharnée, mais les Honténégnns farent vainqueurs, t Pendant trois joors, la scperbe . armée des mai^s est poursuivie sans rel&che par des rebelles, par de viU haydûuhs. Oh! qu'il était beau de voir comme étincelaient les sabres serbes, comme ih fendaient les têtes ennemies, et comment les rochers eui-mèmes, quand il s'en trouvait sur leur passage, volaient en

Si près du but révê, les chefs de la Montagne Noire devaient poursuivre sans trêve ni repos leur glorieuse entreprise. Le sultan proposa la paix : le vladika Daniel rejeta ses propositions. La guerre recommença : cent vingt mille hommes commandés par le grand vizir Nonoumau' Kuprilu furent envoyés contre la poignée des héros monténégrins. La lutte ouverte semblant trop incertaine, le gonvemeur de Bosnie eut recours à la trahison : il invita les chefs de la Tzemogoraà une conférence, les fit cerner par ses janissaires et massacrer jusqu'au dernier. Hais un peuple qui combat pour sa foi et sa liberté ne tire pas ses forces de ses cheb : il les tire de lui-même. Les Honténégrins furieux, désespérés, continnérent la

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lutte, qui deviat sanglante, terrible: Kupritn porta parlODt la mort et l'incendie, Cètinié fut saccagée : il ne resta pas dans tout le pays une sente maison, un seul autel debout. Alors Daniel et les baydouks se refusèrent dans les montagnes : les vieillards, les femmes et les enfants cherchèrent à Cattaro, sur le territoire de Venise, un abri contre la fureur des Turcs.

Le doge avait alors un beau r6le à jouer : chrétien et chef d'une puissante république, il eût dû prendre en main la cause du Hontènégro. Il ne l'osa pas, il bêsita, il temporisa, il découvrit aux yeux de tous les peuples sa faiblesse et son ëgolsme >. Le sultan eu profita : ce fut lui qui déclara la guerre au doge. Coup sur coup, Venise perdit toutes ses provinces orientales, la Uorée d'abord, puis Candie. Corfou seule, défendue par le brave maréchal de Scbulenbourg, repoussa le kapondanpacha. Au même instant la guerre recommençait entre la Porte et l'empereur d'Allemagne. Le sultan dut rappeler le grand vizir : les Monténégrins étaient sauvés encore une fois, grâce à leur persistance à refuser toutes les propositions de Kuprila.

A peine le gouverneur de Bosnie eut-il évacué la Tzernogora, que les baydoaks descendirent de leurs montagnes. Après trois années de luttes continuelles, la fortune leur sourit de nouvean (1715). La république de Venise sollicita leur alliance, Pierre le Grand leur envoya Hilovadovitj avec des félicitations et des secours

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