À MES ILLUSTRES AMIS
STOiAN BOCHKOyiC, STOUN NÛYACOyiO, STEPHA» POPOVIC
ET MIL. R. VESNia
Chers et illustres amis,
Vous avez été, pendant ces derniers vingt ans, mes introducteurs sympathiques à la vie serhe. Sans Vous y vraisemblablement, la Serbie serait restée isolée de ma pensée et, peut-être, lettre close pour moi. Vous m'avez ouvert la partie la plus intéressante-du monde slave du Sud. Cest grâce à Vous que fai appris à lire dans votre livre national et que fai senti battre le coeur de votre pays. Cas pages vous reviennent donc de bon droit. Vous savez que f attendais et que f espérais de plus amples notices pour achever mon livre ; mais fai confiance que ce que fai pu dire^ à la suite de mes lectures et de mes impressions, Vous semblera conforme à vos sentiments et à Vos désirs. Ce n'est pas un livre de science que je Vous offre, mais une oeuvre de bonne foi, et un témoignage de la sympathie que Vous me connaissez pour votre pays. Après que je Vous ai quittésy la Serbie a déjà traversé deux crises mi-
nistérielles ; on pourrait donc, en écrivant de votre 'pdySj se trouver un peu désorienté; mais mon unique boussole demeure l'idéal, et avec cette boussole^ il est difficile de prendre un chemin "pour un autre; la route de l'idéal est toujou7*s la même; et il y fait toujours clair; tous les "patriotes serbes, sur cette grande route unique, le Roi comme le dernier de ses sujets, n'ont qu'à la poursuivre sans cesse, et, en s'y mettant d'accord, ils trouve^^ont leur bien.
Je sais que je ne puis vous être plus agréable qu'en terminant avec des tweux sincères pour la complète délivrance, pour la prospérité et pour la grandeur du pays et du peuple serbe.
AnGELO De GUBERNATIS.