CHUTE DU CABINET LIBÉRAL : MIHAILO MENACÉ
Au lendemain du Congrès de Berlin, la position politique de Ristié et celle du parti libéral loin d’être renforcées par les acquisitions territoriales de la Principauté, paraissaient s’affaiblir 1. Bien que les libéraux eussent, aux élections d’octobre 1878, obtenu une appréciable majorité etique les députés des régions nouvellement rattachées fussent tous « gouvernementaux », l’opposition qui comptait 172 membres était encore puissante : les radicaux se groupaient autour de Nikola Pañié. Ils comptaient déjà dans leurs rangs un certain nombre de ces redoutables popes-paysans, «terreurs»de leurs évêques et des «amis de l’ordre ». Mais ces « petits politiciens de province », comme on les appelait méprisamment, inspiraient moins de craintes que le groupe plus restreint des néo-conservateurs qui, tout en manquant de racines profondes dans le peuple, avaientle privilège appréciable de posséder la seule « équipe » d'hommes d’État doués d’une haute formation intellectuelle : professeurs et juristes. Cependant, quelle que fût la valeur universitaire du jeune parti, il n’aurait point réussi à ébranler la situation parlementaire de Ristié s’il n’avait été soutenu dans son opposition par le Knèze Milan. La politique de celui-ci s’orientait de plus en plus dans un sens austrophile. Il avait réussi non sans peine à faire adopter par la Skupitina l’accord ferroviaire austro-serbe*, malgré les protestations indignées defl’opposition qui voyait déjà une atteinte à la dignité et à l'indépendance de la Serbie, dans la clause de la nation la plus favorisée que le Knèze
1 Cf. Jovanovié (Slobodan), Vlada Milana Obrenovica, Belgrade, 1934, t. II pp. 244-305.
? Arnautovié (Drag.), Histoire des chemins de fer yougoslaves, 1825-1937, Paris, 1937, p. 67.
Al hs