‹ La Serbie et Son ÉgliseChapitre 102 sur 197 · LE ( TOMOS » D'INDÉPENDANCE DE · texte numérisé non relu

LE ( TOMOS » D'INDÉPENDANCE DE

rant et en séparant les chrétiens!. Après la guerre la situation n’était plus la même: l’Église serbe, enrichie du nouveau diocèse de Nis, comprenait désormais cinq diocèses : l’archevêché de Belgrade, les évêchés de Sabac, Zita, du Timok et de Nis. Le 11 février 1879 Ristié chargeait le représentant de la Serbie à Constantinople de demander au Patriarche œcuménique la reconnaissance de l’indépendance religieuse de la Serbie.

« La Serbie, écrivait le Ministre des Affaires étrangères, ne fait plus partie de l'Empire Ottoman et, en vertu d’un acteinternational, elle est entrée au rang des États indépendants. Avec l’État serbe, l'Église serbe elle aussi, a regagné son indépendance ?. »

Le Ministre ajoutait que l’état de droit et de fait qui régnait n’était soumis à aucune discussion, mais que le respect que nourrissait la Serbie à l’égard du Patriarcat la préservait d’une rupture brusque et la portait à une entente filiale avec le Phanar. Le Knèze Milan écrivait dans le même sens au Patriarche, l’assurant du désir qu'avait l’Église serbe de continuer à entretenir avec Constantinople les rapports les plus cordiaux. Enfin le Métropolite Mihaïlo s’adressa lui-même au Siège œcuménique, affirmant que cette demande d’indépendance n’était inspirée par aucun autre souci que celui d’adapter l'Église serbe au nouveau statut international du pays. Mihailo requérait d'autre part du Patriarche une bénédiction spéciale pour la nouvelle circonscription ecclésiastique de la Serbie, qu’administrait encore l’évêque Viktor, ancien membre de l’Église exarchiste, donc schismatique à.

Le Patriarche œcuménique, Joachim IIT, était un homme d’humeur débonnaire, entièrement dépourvu de ce fanatisme phanariote coutumier chez les Patriarches de Constantinople. Il accueillit favorablement ces revendications et,le 26 octobre 1876, le Ministre de Serbie à Constantinople pouvait transmettre à son Département le Tomos patriarcal consacrant l’autocéphalie de l’Église serbe 4.

1 Cf. Zivanovié (Ziv.), Polititka istorija Srbije, t. I, p. 360.

2 Ristié (Jovan), op. cit., t. II, p. 277-280.

3 Djordjevié (Nikola), op. cit., p. 46-47. Cf. également Nezavisnost Srpske crkve proglasena 1879.

2 Ristié (Jovan), op. cit., t. II, p. 283-285.

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