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L'ŒUVRE DE LÉGISLATION RELIGIEUSE

male qui était celle du prêtre veuf : on voyait d’un mauvais œil son remariage. Désormais le décès de la popadija poussait littéralement le pope à se retirer pourle restant de ses jours dans un monastère !,

À côté de ces prescriptions disciplinaires le Synode épiscopal prenait des décisions d’un caractère politique. La loi d'octobre 1883 défendait à tout prêtre de Serbie d’être membre d’aucun parti politique ni d’assister à aucune réunion politique. Jamais cette défense n'avait été respectée et la Hiérarchie était trop pénétrée elle-même de l'esprit politique pour avoir l’autorité d’en exiger la stricte application. Ce n’est qu’en 1900, devant les campagnes de presse de plus en plus nombreuses dénonçant le scandale de la « politisation » du clergé, que le Synode épiscopal se vit dans l’obligation d’agir plus énergiquement. Peut-être ne s’y résolut-il que parce qu’au fond il craignait que cette activité du clergé, étrangère à sa mission, ne finît par ébranler la discipline ecclésiastique et miner peu à peu l’autorité hiérarchique. Alors que la loi d'octobre 1883 ne prévoyait aucune peine pour les prêtres coupables, la loi du 14 janvier 1900 les menaçait, en cas de désobéissance, de la privation de leur cure pendant cinq ans. Les moines, s’ils se livraient à une activité politique, devaient être privés de leur traitement pendant le même temps. Si le moine coupable était prieur du monastère, il devait se démettre de ses fonctions ?. Cette loi eût pu avoir une action bienfaisante si une stipulation n’en avait annulé l’effet : la destitution des prêtres, des prieurs et la suspension du paiement monacal devaient être prononcées par le tribunal diocésain, sur la plainte du Ministre de l'Intérieur, ce qui enlevait beaucoup de garanties à l’impartialité du jugement et risquait de transformer la loi du 14 janvier 1900 en un précieux instrument de domination pour les gouvernements.

La mainmise des pouvoirs temporels sur l'Église s'était déjà affirmée en octobre 1897 par une ordonnance du Synode épiscopal qui prescrivait aux représentants du clergé diocésain de se présenter et de saluer les membres du gouvernement royal lorsque ceux-ci venaient dans leur diocèse. Sous cette forme indifférente, le Synode consacrait l’assimilation du clergé au reste des fonctionnaires ?. Ainsi disparaissaient les dernières traces de cette autonomie dont avait longtemps joui l’Église serbe.

Le Métropolite Mihaïlo qui s’était, en son temps, montré si jaloux

1 Ibid., p. 76.

2 Zbornik pravila.…., p. 71.

8 Zbornik pravila…., p. 76-77.

Un curieux mandement du Métropolite Mihailo, en date du 30 novembre 1899,

des privilèges de l'Église — qu’il incarnait dans sa Hiérarchie — consentait aisément à cet abandon qui transférait au Ministre des Cultes le pouvoir de décision suprême dans l'Église.

A défaut de pouvoir réformer le clergé, le Synode s’avisera, une fois de plus, de tenter de réformer les fidèles. La loi du 6 octobre 1884 avait prescrit à tout prêtre paroissial de signaler aux autorités policières les couples vivant en état de concubinage dans le cas où ils ne parviendraient pas eux-mêmes à détourner leurs ouailles du péché. Des mesures aussi rigoureuses n’eurent aucun succès. En juin 1890 le Synode épiscopal se vit dans l’obligation d’avouer que, « sur la base de renseignements transmis par le clergé, le nombre des personnes vivant en état de concubinage augmentait beaucoup ». Aussi s’était-il décidé à s’adresser, non plus aux autorités policières locales, mais au Ministre de l'Intérieur en lui demandant de renforcer les règlements de police à ce sujet afin de mettre fin à cette situation dangereuse pour la morale et pour la foi. Le Ministre de l’Intérieur attendit deux ans pour répondre à cette demande de collaboration faite par le Synode. Il écrivit, en octobre 1890, au Métropolite Mihailo qu’il avait fait le recensement de toutes les unions illégitimes en Serbie, et qu’il avait trouvé 2.763 couples vivant en état de concubinage. Après intervention des autorités policières et municipales, on était parvenu à « régulariser » une vingtaine de ces unions, ce qui était certes un chiffre assez faible. Le Ministre demandait à son tour au Synode épiscopal qu’il ordonnât aux autorités religieuses locales de s’efforcer de procéder au plus grand nombre de « régularisations » possible, en restreignant ou en supprimant les conditions ordinairement exigées par l’Église ?. Ces « facilités » ne tentèrent nullement les intéressés ; du moins le semble-t-il, car en 1894, puis en 1896, le Synode se vit à nouveau obligé d’exhorter encore son clergé à dépister les couples illégitimes, à les signaler tous les trois mois à l’évêque diocésain ÿ et surtout à veiller à ce que, sous le nom de « servantes », des femmes sans mœurs ne s’en viennent pas vivre scandaleusement avec leurs « patrons », puisque

rappelait également aux popes qu'ils avaient l’impérieux devoir de saluer le drapeau des régiments quand ils le rencontraient : « Les prêtres des deux ordres quand ils rencontrent, en chemin, l’armée en marche avec le drapeau doivent s'arrêter devant celui-ci et le bénir... Les prêtres qui seront couverts se découvriront et puis béniront le drapeau. Les diacres et les moines se trouvant dans la même situation s’arrêteront et s’inclineront devant l’étendard ».

(Zbornik pravila…, p: 77.)

? Zbornik pravila, p. 233.

3? Ibid., p. 234.

PT; p.235:

Mb p.236:

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