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LA RÉFORME DU BAS CLERGÉ

Le Consistoire eut de grands mérites dans l’œuvre de réforme ecclésiastique. Son premier soin fut d’enjoindre aux popes de célébrer le culte religieux avec la plus grande exactitude, et de tenir les prêches chaque dimanche. Il leur fut aussi ordonné de mener une vie décente et exemplaire, interdit de fumer, de boire avec excès, de fréquenter les auberges et de porter les armes. Petar surveillait lui-même ses prêtres et fixait seul les peines qu’il jugeait bon de leur infliger. Lui et son Consistoire avaient fort à faire. Un pope, de la paroisse de Brezovac, Nikola, n’avait pas mis les pieds à l’église depuis six mois !. Il provoquait un tel scandale que le capitaine de Jasenice se vit dans l’obligation, de le signaler au Métropolite (30 avril 1834). Dix jours plus tard, Petar suspendait le pope Nikola, et le menaçait de destitution. Le Knèze Miloë, gendarme de l’Église, d’ailleurs, intervenait dans presque toutes ces affaires, dénonçant les popes coupables que sa police lui signalait, et exigeant un prompt châtiment. Le Knèze était particulièrement mal disposé contre le clergé de Kragujevac qu’il vouait à la colère du Métropolite. En 1836, il écrivait directement à Petar pour lui demander de châtier le vicaire de Jagodina, Ognjan Pavlovié, coupable de négligence (slabo se kod kuce 1 nalazi, 1 potomu nebriäljivo 1 zlo ispunjava dunosti zvanja svog, notait le prince) ?.

Il n’y avait pas que le bas clergé qui fût soumis à cette redoutable inquisition. Nul n’était à l’abri des foudres princières ou archiépiscopales. Un des hommes pour lequel le Métropolite éprouvait le plus d'affection et que l’on nommait communément son « bras droit », Gavrilo Popovié, Recteur du Séminaire et membre du Consistoire, «ayant péché contre la discipline » (nous n’avons pas plus de précisions) fut assez brutalement disgracié. Il reçut un soir un billet de Petar lui intimant l’ordre de se retirer immédiatement au monastère

1 Ilié (A.), op. cüt., p. 134.

2 Ilié (A.), op. cit., p. 143.

de Rakovica, près de Belgrade. Bien que des rafales de neige se succédassent sans répit au dehors, Gavrilo n’hésita pas ; il mit ses bottes et obéit sans plus tarder aux instructions de son supérieur. Le vieil esprit d’indiscipline et de rébellion phanariote semblait définitivement éteint... 1.

En échange de sa soumission, Petar savait assurer à son clergé une protection suffisante contre les exactions de l’administration civile et surtout contre la police qui, forte du nouveau code criminel, émettait la prétention d'exercer une même surveillance sur les clercs comme sur les laïcs. Le Métropolite dut longuement protester auprès du Ministère de l’Instruction publique (Popetiteljstvo prosvescenija). Il proposa d’abord aux tribunaux de soumettre tout jugement concernant les personnes ecclésiastiques au Consistoire qui déciderait de leur exécution, en dernière instance.

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