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AFFAIRE DU MONASTÈRE DE STUDENICA

Dans l’Orthodoxie, la régénération du haut clergé dépend étroitement d’une réforme de l’ordre monastique, puisque les Princes de l’Église ne peuvent généralement pas provenir du clergé séculier. La situation des réguliers en Serbie était des plus misérables : les monastères en pleine anarchie, les fondations les plus vénérables en ruine. Or, Miloë nourrissait le plus grand respect envers ces souvenirs d’un glorieux passé serbe et, se considérant comme l'héritier des souverains médiévaux, s’était attribué la tâche de veiller à la garde de leurs reliques et à la conservation de leurs donations. Le Métropolite procéda à la réforme monastique avec la plus grande prudence:

Celle-ci était plus malaisée en effet que la réforme du clergé séculier, car les moines, bien que peu nombreux, se refusaient absolument à obéir à une règle unique, se contentant de suivre plus ou moins fidèlement les coutumes séculaires en usage dans leurs couvents respectifs. Ils s’étaient toujours opposés avec acharnement à toute intervention étrangère. Les moines de Studenica luttèrent désespérément pour défendre leur autonomie et interdire l’ingérence du Métropolite. Leur résistance fut d’ailleurs quelque temps encouragée par le Knèze lui-même qui, par crainte religieuse peut-être, redoutait de voir toucher aux privilèges d’un monastère illustre. Le 17 novembre 1838, Milo se faisait l'interprète des doléances des moines. Il écrivait à Petar, lui transmettant la protestation de Studenica.

L Thé (A), op. eit., p. 191.

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