CHAPITRE VIII
LA piscrâce Du MÉTROPOLITE PETAR AU RETOUR DE MiLoi.
« Les affaires politiques et les luttes des grands avec le Knèze Miloë entraînèrent le Métropolite Petar du côté des grands, ce dont le blâma beaucoup le Knèze Milos qui, dès son retour, demanda que le Métropolite Petar ne reste plus à Belgrade, ni à la tête de l’Église serbe. »
C’est sous cette forme simpliste et partiale que le Métropolite Mihailo consigne en 1874 dans sa Pravoslavna Srpska Crkva u Kraljevini Srbiji le départ de son prédécesseur !. En fait, la plupart des historiens s’accordent à voir dans la disgrâce de Petar une répercussion imprévue des luttes politiques : le Métropolite se serait compromis aux yeux de Milos en prenant le parti des constitutionnalistes et en se ralliant au Knèze Aleksandar Karadjordjevié. C’est donner une bien grande importance au rôle du chef de l’Église serbe pendant le règne de ce prince : or, nous l’avons vu plutôt s’effacer et se borner à s’occuper de l’administration intérieure de son clergé, sans chercher à exercer une influence quelconque sur la politique extérieure de la Serbie 2. En réalité les choses se sont passées autrement. Petar n’avait pas réussi, malgré son long séjour à la tête de l’Église, à se constituer ce petit groupe d'amis, cette «€ coterie » si nécessaire dans la Serbie de ce temps et qui seule permettait à un homme de traverser les changements politiques et dynastiques et de passer à travers les régimes les plus différents. St. M. Dimitrijevié note très finement que, même chez les gens de sa province, Petar n’était pas parvenu à se faire de vrais amis 3.
? Reproduit dans l'édition de 1895 : Pravoslavna Srpska Crkva u Kraljevini Srbiji, p. 206.
2 Voir ch. vur.
3 Dimitrijevié (St. M.), Mihailo, p. 16.
N'est-ce pas précisément parce qu’on n'avait cessé de voir en lui un « étranger », un homme du Srem, un de ceux qui, aux beaux jours du régime constitutionnaliste, avaient accaparé les plus hautes fonctions administratives du pays ? Au temps de Miloë le reproche n'avait guère de valeur, car la Serbie ne disposait pas d’un haut clergé indigène et il avait bien fallu faire appel à l’étranger pour trouver l’homme cultivé et le théologien digne d’être Métropolie] serbe. Mais des générations nouvelles apparaissaient qui sortaient de ce Séminaire institué par Petar, ayant accompli de longues études en Russie, et toutes pleines encore d’une science fraîchement acquise. Pour elles le Métropolite était un « vieil homme » gênant et retardataire !, On ne se préoccupait guère de savoir s’il s'était montré loyaliste à l’égard du régime ou non. Tous étaient persuadés que Petar n’avait jamais eu d’opinions politiques très déterminées, et d’ailleurs les partisans des Obrenovié se désintéressaient de la question *. Ils abandonnaient aux libéraux, aux jeunes générations de l’Église et au vieux Knèze, le Métropolite comme le bouc émissaire chargé des péchés politiques du passé et comme la première victime de vengeances depuis trop longtemps méditées. Par un paradoxe singulier de l’histoire, le Métropolite héritait, Vuëüé disparu, de l’impopularité de son farouche adversaire, et des haines qu'il avait suscitées. Nil Popov, dans son grand ouvrage Rossija 1 Serbija, a retracé, dans ses moindres détails, l’histoire des derniers jours de Petar à Belgrade. L’historien russe pense lui aussi que l'affaire de TreSnja (cf. p. 141) a beaucoup contribué à la chute du Métropolite et que Milo$ ne lui avait jamais pardonné une intervention qu’il avait lui-même sollicitée. L’évêque de Sabac, Mihailo, ancien pupille de Petar, se serait efforcé, au moment du retour du vieux Knèze, d’intercéder en faveur de son protecteur. Il aurait
1 Zajedno s Nikoliéem i njegovim drugovima trebao je da bude zbaëen i mitropolit Petar takodje jedan Srbin iz Austrije, mrzak kako.knezu Milo$u, tako i mladjim Sumadinskim bogoslovima Skolovanim u Rusiji, koji se kupili oko $abaëkog vladike Mihajla. Jovanovié (Slob.), Druga vlada Milo$a i Mihaila, pp. 18-19.
2 Le bas clergé serbe s'était cependant assez nettement prononcé pour le retour de Miloë. Des Essards, consul de France à Belgrade au moment de la Skup$tina de la Saint André, fut témoin de manifestations populaires en faveur des Obrenovié, manifestations provoquées par les popes belgradois. La chose avait eu lieu le 25 décembre 1858 : « Vers les deux heures, une troupe de gamins et de gens armés conduits par des popes a parcouru la ville, portant en triomphe un grand portrait de Miloch. Arrivés devant les Consulats, le portrait était agité comme une sorte de drapeau, la musique militaire jouait, et la foule criait vivat vivat. Devant chez moi, comme personne n’apparaissait aux fenêtres, il y eut un mouvement d’hésitation et comme la pensée d’entrer à mon Consulat. Des popes intervinrent, et s’éloignèrent avec la foule. » (Aff. Etr. fs. Belgrade,
26 décembre 1858).
même chargé l’évêque d’UZice, Janiéije, qui devait rencontrer le Knèze à Negotin en route pour Belgrade, d’apaiser la colère de ce dernier et de lui demander d’assurer la protection du prélat *.
L’archimandrite Gavrilo a laissé, dans ses souvenirs, un récit assez différent de ces événements et moins à l’avantage du futur Métropolite Mihaiïlo. Le Prince Michel, selon Gavrilo, voulait assurément se débarrasser du Métropolite Petar mais espérait que la Skupätina lui éviterait lé souci d'intervenir par lui-même. Or celle-ci, qui avait le même goût de l’irresponsabilité, affecta de recueillir avec sollicitude les plaintes émanées du bas clergé contre le chef de l’Église. Les élèves du Séminaire déposèrent leurs doléances sur le bureau de la Skupätina. Le prêtre Rusëuklié se vantait publiquement d’avoir rédigé un réquisitoire nourri contre le Métropolite. Le pope Vasa Molerovié, député du district de Valjevo, était l’âme du complot. Il travaillait à exciter la colère des députés en s’efforçant de leur démontrer que Petar n’avait point fait preuve dans la gestion de l’Église d’une loyauté parfaite. L’évêque de Sabac, à en croire l’archimandrite Gavrilo, était en rapports étroits avec le pope Vasa. Il aurait tenu à ce dernier ces singuliers propos : « Père Vasa, la Skupétina n’a pas encore fait ce qu’il fallait : elle a renversé Alexandre ; mais elle a laissé en paix un second Alexandre. Il faut en finir avec lui aussi » (No 1 njemu treba dati puta) ?.
À Belgrade la situation du Métropolite Petar devenait de jour en jour plus critique. La Skupétina de la Saint André lui était de plus en plus défavorable. Stevéa Mihaïlovié, Jevrem Grujié et Milovan Jankovié étaient les plus acharnés contre lui. Toutefois sans oser proposer une destitution pure et simple en raison de la haute dignité du Métropolite, ils eurent l’idée d’intimider le vieux prélat afin d'obtenir de lui une démission volontaire. La manœuvre réussit à merveille : le 13 janvier 1859 on envoyait trois prêtres. auprès du Métropolite avec mission de lui confier « en secret » que la SkupStina allait s’occuper de son cas et peut-êtrele mettre en accusation ?. Petar n’avait jamais eu un grand courage civique. On se souvient de ses hésitations et de ses crises de conscience en 1842 lorsque Michel s’était enfui devant Vuëié. Cette fois il fut littéralement pris de panique. Il courut auprès de Stevéa et de Grujié en leur demandant de retarder de quelques jours la discussion qui allait s'ouvrir à la Skupétina sur son attitude en 1842. Grujié y parvint, mais le lendemain Petar, brisé par une nuit d’angoisses,
7 Popov (Nil), Serbija poslé pariäskago mira, p. 159 (d’après la trad. serbe). BETHCN(A:) "op: cit. pese:
3 [lié (A.), op. cit., p. 386.
remettait sa démission entre les mains du Ministre de l’Instruction publique et des Cultes 1. On confia l’administration provisoire de l’archidiocèse et de la Métropolie au plus jeune des évêques, l’évêque de Sabac, Mihailo ?.
La précipitation du pauvre Métropolite fut telle qu’il n’eut pas le temps de procéder aux démarches nécessaires pour obtenir l’assurance qu’il toucherait régulièrement sa pension. En soumettant au Ministre de l’Instruction publique la démission du Métropolite, avec la lettre qui l’accompagnait ?, Stevéa Mihaïlovié, représentant du Knèze et Ministre de l'Intérieur, ajoutait :
« En ce qui concerne les questions (abordées) dans la lettre cijointe ou dans l’acte de démission, comme par exemple la question de la pension, de la possibilité d’en jouir ici ou à l’étranger, on en décidera spécialement en accord avec le Conseil 4. » Spasié, Ministre de l’Instruction publique, en faisant connaître au Métropolite que sa démission était acceptée, reproduisait mot pour mot, dans sa réponse, la phrase évasive de Stevéa Mihaïlovié. La chose ne fut pas du goût de l’ex-Métropolite qui, le lendemain même, le 16 janvier 1859, répondit aussitôt au Ministre de l’Instruction publique :
« J’ai donné moi-même ma démission, à la condition qu’à l’occasion de son entérinement on me fixe une pension de retraite et que je puisse jouir de cette pension là où Je le jugerais convenable d’après l’état de ma santé. Ma démission a été entérinée par la lettre de l’'Honorable Ministre du 15 courant, mais la condition posée n’a pas été remplie, une décision spéciale devant être apportée — selon la lettre susdite — en accord avec le Conseil.
« Il reste seulement entendu que, sans cette satisfaction, ma décision elle-même n’a plus de valeur ; c’est pourquoi je demande
1 Voici l’acte par lequel Petar signifiait sa volonté de démissionner : Ne moguéi zbog slabosti zdravlja odpravljati 1 dalje duänost moga zvanja, na$ao sam se pobudjen odstupitit od Uprave Crkvene, s tim, da mi se prilikom uvaïenja ove ostavke zakonom propisana penzija mülostivo opredeli, 1 da mi bude slobodno Ziveti, gde po obstojateljstvama moga zdravlja za shodno nadjem.
2? Mihaïlo entra immédiatement dans ses nouvelles fonctions : le 142 janvier, jour de la fête nationale de Saint Sava, il célébrait l'office dans la chapelle de la Métropolie. Ce même jour, signe précurseur d’une nouvelle orientation politique de l’Église serbe, la Cathédrale de Belgrade exposait les « dons précieux » de la Russie : croix, évangéliaires, icones qui témoignaient de l'intérêt récent porté par le Grand Empire à l1 jeune Église dirigée désormais par un ancien boursier de Kiev (cf. Nil Popov, op. cit., p. 160-161).
8 « Praëtajuéi se ovim s celim duhovenstvom, svima vlastima i blagoëestivim narodom oteëestva, blagosiljam blagovernog Gospodara i Knjaza naëeg Miloëa, i sve predpomenute uopète i prosim svima od Boga sva blaga, a Svetoj Crkvi naëoj i Otetestvu mir, bezmolvije,;svaku sreéu i napredak. U Beogradu 13 januara 1859 » (cité par Ilié, op. cit., p. 387).
4 Ilié (A.), op. cit., p. 388.
qu'avec le concours de l’Honorable Ministre on se hâte de satisfaire à cette principale condition de ma décision, afin de me permettre de pourvoir à mon entretien 1».
Ces restrictions furent d’ailleurs Vaines, et Petar se résolut le 15 janvier 1859 à quitter la capitale, le vieux Knèze de plus en plus irrité contre lui refusant à se laisser attendrir par son ancien secrétaire 2. À. Ilié, qui au moment du départ du Métropolite était encore séminariste, a laissé un pittoresque récit de ces dernières heures. Il conte en particulier le mécontentement des paysans, l’affluence des prêtres venus pour faire leurs adieux à leur maître °. Lorsque celui-ci arriva le soir à l’'embarcadère de la Save, accompagné de son fidèle secrétaire Atanasije Djordjevié, les rives du fleuve étaient «noires de monde ». Le Métropolite n'avait guère d’amis dans les milieux politiques et ecclésiastiques, et il n’était pas très populaire auprès des petites gens qui lui reprochaient sa versatilité et surtout son gros traitement. On était venu le voir partir un peu par curiosité comme une des premières victimes du changement de régime et de dynastie. Tout se passa cependant dans l’ordre le plus parfait : chacun se découvrit respectueusement au passage de l’ex-Métropolite et nul ne se permit la moindre manifestation. Petar s’embarqua sur un bateau recouvert de tapis et bénit,en s’éloignant, cette foule muette. À Zemun, nous dit Ilié, il fut accueilli très amicalement par les autorités locales, mais il resta longtemps à se promener sur la berge « regardant Belgrade et la Serbie qu’il avait été forcé d’abandonner après 30 ans d’un service consciencieux et dévoué * ». L’ex-Métropolite fut reçu fort cordialement par le Patriarche Rajaëié, qui lui permit de s'installer provisoirement au monastère de Krusedol. Dans cette pieuse retraite, il put réfléchir à sa situation et, croyant toujours que le Knèze ne lui était pas personnellement hostile, décida de lui écrire pour se justifier.
1 Ilié (A.), op. cit., p. 389.
? Des Essards mentionne le refus de Miloë de prendre en considération les protestations de Petar : avant de se résigner à sa démission, le Métropolite avait écrit au Prince « et il avait imploré sa protection contre ses ennemis. Le Prince avait répondu qu’il n’avait pas encore pris la direction des affaires et que cela ne le regardait pas ». (Aff. Étr. Fs. Belgrade, 1° février 1859.)
* Des paysans de la région du Mont Avala se plaignaient à lui de ce que cette année-là le maïs s'était mis à sécher et à être attaqué par les vers, et voyaient dans ces calamités le signe d’une punition divine pour l’expulsion d’un «bon et juste » pasteur que tout le peuple aimait : kako radimo, disaient les paysans, onako nam Bog i daje (Ilié op. cit., p. 390). Ce mouvement de sympathie a peut-être été un peu exagéré, Petar n'ayant jamais joui d’une grande popularité dans le peuple serbe.
4 Ilié (A.), op. cit., p. 391.
Deux lettres successives, l’une en date du 22 janvier, l’autre du 25 janvier, pleines d’ « humbles prières » et de supplications, étant restées sans réponse, le pauvre exilé se résolut, un mois après avoir quitté Belgrade, à envoyer cette fois une longue missive où il s’efforçait de se disculper et de rejeter les chefs d’accusations portés contre lui :
€ Je réaffirme, encore une fois, que je ne me suis rendu coupable ni envers Votre Altesse, ni envers le peuple, ni envers l'Église et que je ne mérite pas de souffrir ainsi et de rester sans ma métropolie. Que je ne sois pas coupable envers Votre Altesse, ni envers Votre Famille, Votre Altesse le sait mieux que personne. Je n’ai fait à TreSnja que ce que vous m’avez ordonné.
« Tous les Serbes peuvent témoigner que je n’ai jamais conspiré contre le Prince Michel, que je n’ai jamais commis de faute contre l’Église ou la nation, que je me suis dévoué à l'administration ecclésiastique, à la formation du clergé, et à l’élaboration de ses statuts. En témoignent également ces différents règlements portant sur toutes les questions, mon souci infatigable de l’instruction populaire, enfin le respect et la cordialité dont ce peuple m’a en tout temps accueilli et accompagné ainsi que mon attitude et ma conduite qui sont toujours restés conformes à mon rang et à ma dignité.
«En comparant l’état (actuel de l’Église) avec celui qui existait avant moi, on ne pourra pas dire que j'ai perdu mon temps. Votre Altesse sait, mieux que personne, quelle était la situation de l’Église auparavant et elle décidera avec justice si elle l’a retrouvée améhorée. Si les envieux trouvent des sujets de blâme dans ma vie, les esprits impartiaux ne me condamneront pas, car ils savent que je n’ai pas (commis) de scandales. Pourtant, malgré tant de travaux accomplis pour le bien de l’Église et de la Nation, il y a des gens qui n’ont pas hésité à déformer mes actes, dans le passé, et à me diffamer, et aujourd’hui encore ils ne cessent pas de me calomnier auprès de Votre Altesse. S'il n’en était pas ainsi, je ne sais pas pourquoi après d'aussi nombreuses prières, au moment même où Votre Majesté instaure l’ordre dans le pays, je serais resté sans consolation, sans espoir, pour la honte de la dignité métropolitaine, (puisqu'on) donne ainsi l’occasion aux hétérodoxes de calomnier et d’abaisser (tout) ce qui est nôtre. S'il y a eu des exemples valables (de tels procédés) chez les autres nations appartenant à notre religion, il n’y en a jamais eu dans l’Église serbe du temps des Némanides. Pourquoi donc fait-on cela maintenant au moment où la race serbe a commencé à se développer et à progresser dans la vie politique et dans la vie religieuse ? Et on agit (de la sorte) envers celui qui, conformément aux vues de la Providence
divine, a commencé à rétablir l’ordre dans l’Église rénovée de la Patrie. On agit de la sorte avec moi après 25 ans d’activité pastorale, et après un tel zèle de ma part pour le clergé de notre pays, pour ce clergé qui compte bien peu de prêtres, dans l’archidiocèse, que je n’aie pas moi-même ordonnés, et qui, dans les autres diocèses, ne compte guère de prêtres qui ne se soient pas instruits et préparés à leur dignité sous ma direction... 1 »
Dans cette longue lettre l’ex-Métropolite donnait enfin libre cours à un mécontentement longtemps refoulé. Il prétendait ne pas demander justice pour lui seul, mais dans l'intérêt même de l’État et de l’Église, afin que ne soit pas créé un aussi fâcheux précédent. La conclusion de cette épître était d’un ton plus humble et plus réaliste. Il espérait se voir accorder enfin cette pension à laquelle 1l avait droit et se recommandait au Knèze, lui demandant d’avoir pitié de son « secrétaire d’autrefois et Métropolite contrit de maintenant ». Cet appel touchant dans sa naïveté ne devait pas laisser le Knèze insensible. Dix jours après l’envoi de sa supplique, Milos signait la décision du Conseil attribuant au Métropolite une pension de 2.500 thalers. Satisfaction pécuniaire insuffisante pour le vieux prélat, qui désormais ne cessera pas de chercher, de toutes les façons possibles, à obtenir une audience de Miloë. La chose n’était pas facile, car aux yeux de beaucoup de libéraux le retour du Métropolite dans la capitale — ne fût-ce qu’un jour — semblait tout-àfait inopportun. Le Prince Michel intervint auprès de son père en faveur de son ancien précepteur et parvint à le fléchir, mais l’entrevue ne devait aboutir à rien, le locum tenens de la Métropole, l’évêque Mihailo, refusant cette fois d'abandonner à son ancien maître une fraction même minime de son autorité ?. Petar délaissé de tous n’avait plus qu’à s’en retourner en exil. Son second départ de Belgrade fut moins brillant que le premier : lui qui avait construit et aménagé la nouvelle métropolie, se vit réduit à emprunter 900 ducats avant de quitter le sol serbe.