L'ÉGLISE SERBE VUE PAR LES ÉTRANGERS
Le vieux prélat était entouré d’armes de tout calibre et les murs de la pièce où il recevait étaient ornés de panoplies :
«€ On eût dit la salle d’armes d’un baron du moyen âge plutôt que le salon d’un évêque. »
Janicije en avait profité pour lui rappeler que le pasteur serbe doit être le gardien vigilant de son troupeau non seulement dans le sens spirituel mais aussi dans le sens matériel dela formule évangéhque !. Ubicini devait aussi faire la connaissance d’un ecclés astique de grande valeur, l’igoumène du monastère de Ravanica. Ce prélat, d’un esprit très moderne, avait vivement déploré devant lui l’improductivité de l’économie monacale et avait émis le vœu que les monastères pussent un jour contribuer à la rénovation de la Serbie en construisant des écoles, des hôtelleries, des fermes modèles, ete... Il demanda aussi à son visiteur étranger, et peut-être avec quelque malice, de bien vouloir « lui expliquer les mots de parti clérical, ultramontain, etc. qui n’éveillaient pas de bien nettes idées dans son esprit... ?».
1 Ubicini, Le pays serbe et la principauté de Serbie, Revue des Deux-Mondes, 15 mai 1864, p. 438-439.
2? Ubicini, art. cit., p. 441.