‹ La sérénade de Don JuanChapitre 2 sur 54 · CHAPITRE PREMIER L'OPÉRA DE LA RUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER L'OPÉRA DE LA RUE

PRELUDES

Tenez, je parle de l'opéra le plus merveilleux qui soit .u monde. On ne l'affiche point, il est vrai, comme Guillaume Tell ni comme Roèert-le-Diable; mais, pour ;ela, ne croyez pas qu'il fasse jamais relâche. Non, il ne manque point de se faire entendre un seul jour. Chaque matin, ce grand drame lyrique, qui a bien aussi son cachet particulier, procède sur un ton différent : tantôt doux comme un chœur mélancolique de Donizetti, tantôt éclatant de rire comme une joyeuse composition de Gimarosa. Bien qu'il n'ait à obéir ni aux ordres d'un ré-

g LA SERENADE DE DON JUAN

gisseur, ni aux caprices d'un public, il commence toujours régulièrement à la même heure, c'est-à-dire avec l'aube aux doigts de rose. Méthodique et confus tout à la fois dans ses allures, il tient du concert de salon et de l'ancien charivari républicain, naguère en vogue dans nos provinces.

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