‹ La sérénade de Don JuanChapitre 3 sur 54 · L OUVERTURE · texte numérisé non relu

L OUVERTURE

L'opéra de la rue est essentiellement parisien.

Écoutez.

— Dès six heures du malin, en élé ; dès huit heures, au petit jour, en hiver, l'ouverture s'approche, pareille à une vague qui monte :

Les portes secrètes qui crient doucement sur leurs gonds;

La laitière d'Yvry qui arrive en charrette, tout en faisant claquer son petit fouet de chanvre;

Les persiennes qui vont se heurter contre le mur;

Lps jalousies qui replient leurslames discrètes avec un petit ricanement moqueur et saccadé;

Le porteur de journaux qui l'ait résonner sur l'asphalte du trottoir des souliers cuirassés de clous à triple tête ;

Les bornes-fontaines qui bondissent comme autant de cataractes du Niagara ;

Lps voitures qui s'ébranlent en même temps sur tous les points de la grande cité.

Voilà ce qui forme l'ouverture de ce formidable concert.

Page 1