‹ La Sérothérapie AntityphiqueChapitre 6 sur 25 · ELA · texte numérisé non relu

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celle de Merklen 14,5 0/0. Murchinson pour 2.500 cas observés dans les milieux hospitaliers de Londres trouve 18,5 0/0. Griesinger (21.000 cas observés à Vienne) 22,2 0/0. Uhle (16.026 cas, Leipziz) 18,6 0/0. Chez les enfants (Brunon) 14,5 0/0.

Si l’on songe que le sérum antidiphtérique a abaissé une mortalité supérieure (51 à 55 0/0) à une moyenne de 11 0/0. (J. Courmont). Si l’on note d'autre part la place ‘encore considérable qu'occupe la fièvre typhoïide dans les tables de mortalité (319 pour 1.000 décès dans l'armée), on voit immédiatement les avantages considérables que présenterait un sérum spécifique. L'importance en serait trop manifeste pour qu'on n'ait pas, depuis longtemps, recherché en ce sens. Nous voudrions, aujourd'hui que ces recherches — longues et nombreuses — commencent à trouver leur application clinique, essayer de résumer, après les études expérimentales de Lagrifjoul (1900) et de Balthazard (1903), les

données actuellement acquises sur la question.

. I. - Historique

On s'était préoccupé de l’immunisation des animaux contre le virus thyphique dès 1887, mais les recherches sur les propriétés du sérum des animaux immunisés ne débutent guère qu’en 1892, les essais de sérothérapie qu'en 1898. Ces essais eux-mêmes ne commencent à avoir une signification clinique que depuis trois ans. On peut l’affirmer sans conteste : la sérothérapie antityphique en est encore (1910) à ses débuts. Im Versuchstadium.

En 1892, Sanarelli, Chantemesse et Vidal qui avaient immunisé des cobayes par des bouillons de culture virulents laissés à l’étuve à 37 degrés pendant quinze jours, puis stérilisés à 100 degrés, obtenaient un sérum vaccinant et curateur. L’immunité était rapide (quelques heures) mais courte (un mois). Si l'injection était faite avant la sixième heure de l'infection, le sérum empéchait en général la mort. La même année, Chantemesse et Vidal établissent ce fait important que le sérum de l’homme au déclin de la fièvre typhoïde ou qui en est guéri depuis quelques mois (4 ans, 22 ans), est préventif et curateur contre l'infection typhique expérimentale,

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En 1895 et 1894, Stern, poursuivant ces recherches avee du sérum d'hommes ayant survécu à la fièvre typhoïde, d'hommes ayant suceombé et d'hommes jamais infectés, observe que le premier sérum est immunisant neuf fois sur quinze, le deuxième treize fois sur quinze et le troisième quatre fois seulement pour une même quantité de sérum. En 1895, Beumer et Perper, avec du sérum de mouton, immunisé par injections de cultures stérilisées, Klemperer et Levy avec du sérum de chien, puis Pleiffer avec du sérum de chèvre, obtiennent des résultats assez positifs contre l'infection expérimentale des souris blanches et des cobayes. En 1896, Kast fit remarquer l'influence curieuse de l’hyperthermie sur l’activité du sérum. Des cobayes soumis à 40 degrés, 44 degrès, étaient sauvés définitivement par une dose de sérum qui n’empéchait pas de mourir, après douze heures, les cobayes témoins maintenus à la même température de la chambre. La même année, Loœffler et Abel expérimentant avec du sérum de chien immunisé par des doses croissantes de bacilles vivants et en injectant dans le péritoine des cobayes, obtiennent une forte immunisation (au bout de quarante-huit heures ils supportaient 100 doses mortelles. Toujours en 1896, Chantemesse immunise des chevaux par un virus typhique violent et obtient, après neuf mois, un sérum d’un tel pouvoir préventif, qu'un cinquième de goutte injecté vingtquatre heures à l’avance à un cobaye le protégeait efficacement contre une dose mortelle.

A côté de ces faits éclatants, restaient à expliquer de très nombreux échecs. Pleiffer et Kolle montrèrent,

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vers la fin de 1896, que l’on avait fait fausse route en recherchant des sérums bactériolytiques. La bactériolyse dont on parlait tant alors, parce que cette action seule était bien connue « inondait » l'organisme de substances toxiques incluses dans les corps bacillaires, après dissolution rapide-de ceux-ci (endotoxines). Ces auteurs ajoutaient que l’on devait s’efforcer avant tout d'obtenir désormais des sérums antitoxiques. Tâche difficile, car n1 dans le sérum des typhiques, ni dans celui des animaux immunisés, PÎeiffler et Kolle ne purent révéler-de subtances agissant à la façon des antitoxines alors que la bactériolyse (même à un certain degré dans le sérum normal) se décélait nettement. #unck publia alors des résultats positils, nettements contraires au point de vue de Pfeiffer, obtenus chez le cobaye par l'injection intrapéritonéale d’un sérum bactéricide de cheval. L’immunisation avait été faite par cultures stérilisées à l'acide phénique. Jusqu'en 1898, malgré les nombreux essais successifs de Chantemesse, de Bürger, de Bokenham, l’impossibilité d'obtenir un sérum antitoxique restait à peu près admise. C'est alors qu'au congrès de Madrid, Chantemesse annonça qu’il avait obtenu à la fois une toxine typhoïde soluble et un sérum antitoxique. L’une en ensemençant du b. d'Eberth virulent sur une solution de peptone de rate et en filtrant le bouillon après cinq jours, l’autre en injectant cette toxine à des chevaux pendant deux à trois ans consécutifs, 1/20 ou 1/30 de eme. de ce sérum protégeait des lapins de 1.000 à 1.200 grammes contre une dose mortelle pour les animaux témoins. Même résultat pour les cobayes

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