CHEVALIER DE LA LÉGION D'HONNEUR
dont les conseils éclairés nous ont été si utiles au cours de ce travail et qui nous a fait le grand
honneur d'accepter la présidence de cette thèse.
Les différents Traitements préconisés
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Le traitement médical du tétanos se divise en deux parties : le traitement préventif, c'est-à-dire le traitement pendant la période d’incubation, et le traitement curatif, qui commence avec le début des accidents.
Au cours de ce travail, nous étudierons uniquement le : traitement curalif par le sérum antitétanique.
Le tétanos déclaré est une maladie si redoutable, les différentes méthodes ont eu tant d'insuccès à leur actif, que l’on a employé les produits les plus divers.
Vaillard, en 1906, disait « Tous se sont montrés si souvent infidèles que, vraisemblablement, les guérisons enregistrées doivent être rapportées à la bénignité naturelle de l'affection qu'ils avaient à combattre. »
En parcourant la littérature médicale de ces dernières années, nous avons rencontré une longue liste de produits dont nous ne citerons que quelques“uns.
On a essayé tour à tour le chloral, les bromures, la morphine, l'opium, la chlorétone, le chanvre indien, comme calmants des contractions ; le datura, la belladone, la nicotine, l'hyoscine, le nitrite d'amyle, le chlorhydrate de bétaïne, le formol en injections sous-cuta-
MT Ness
nées et bien d’autres encore furent préconisés par quelques auteurs. È
Le persulfate de soude, le sulfate de manganèse, l’acide phénique ont compté de nombreux succès.
De ces produits, les uns n’ont fait qu'une apparition éphémère ; les autres, au contraire, constituent des adjuvants de premier ordre.
= De tous les médicaments préçonisés, le sérum antité- -tanique tient largement la première place ; c’est uniquement du sérum que nous nous occuperons au cours de cette étude.
Étude Générale de l’Action du Sérum
Nous laisserons de côté toutes les données théoriques qui ont abouti à l'emploi du sérum antitétanique et nous ne parlerons que des faits.
Au point de vue de leur intensité, on peut répartir les cas de tétanos en trois grands groupes :
Le tétanos à marche suraigué ;
Le tétanos à marche aiguë ;
Le tétanos à marche subaiguë.
Depuis longtemps, il est reconnu que plus l’incubation est courte, et plus le tétanos a un pronostic sévère.
Il y a certains cas suraigus contre lesquels toute thérapeutique a été jusqu'ici impuissante.
Durant ces dernières années, on a publié un grand nombre de cas de tétanos localisés. Mercier a présenté une thèse à la Faculté de Paris, où il enregistre les cas sans tendance à la généralisation. Il estime que bien - souvent c’est à l'injection préventive qu'est due la localisation de la maladie.
L’injection préventive atténuerait également les accidents du tétanos. Mercier répartit les tétanos localisés en tétanos céphalique, tétanos du tronc, tétanos des membres.
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Quelle sera l’action du sérum antitétanique sur les différentes formes de la maladie ?
Contre les cas à incubation très courte de moins de - 8 jours, le sérum antitétanique n’a pas souvent une action extrêmement efficace. Ce sont ces cas-là qui comptent le plus d’insuccès. Cependant, il faut reconnaitre que depuis que l'on fait l'injection préventive, dès qu'une plaie est soupçonnée d'être souillée, la fréquence de ces cas a bien diminué. | ;
Contre le tétanos aigu, le sérum antitétanique a, au contraire, un effet excellent, C’est même là surtout qu'il doit être employé largement. Non seulement on voit les accidents diminuer dès les premières injections, mais dans certains cas la guérison est extrêmement rapide.
Dans les formes subaiguës et surtout dans les formes frustes, la guérison est obtenue à coup sûr. Dans une statistique de septembre 1917, parue dans The Lancet, Bruce relate qu'il n’y a pas eu un seul décès dans des cas de tétanos localisé. Certaines de ces formes sont d’ailleurs bénignes, et le professeur Carnot a posé la question de savoir si l’on doit faire courir au malade ia chance d'accidents anaphylactiques.
Quelle dose doit-on Injecter ?
I semble que si au début de l'emploi du sérum on a obtenu des résultats désastreux, c'est que lon hésitait à injecter des fortes doses.
Depuis un certain temps déjà on a renoncé aux injec- : tions de 10 et 20 centimètres cubes et nous verrons que les doses massives sont d’un emploi courant. Galliard, dans un cas, est allé jusqu’à 2.380 centimètres cubes de sérum. C'est là une exception, mais les doses de 300 et 400 centimètres cubes ne sont pas des raretés.
Bien souvent, l'action du sérum est des plus nettes. Si le télanos est apparu alors que la blessure tardait à se cicatriser, on voit très souvent l'amélioration survenir: dès les premières injections et la plaie prendre un bon aspect. Turner rapporte lé cas d'une blessure qui, traitée depuis 15 jours, n'avait aucune tendance à la guérison ef qui, en quelques jours, se cicatrisa grâce au sérum.
Sur: l’état général du tétanique, les observations abondent. Josué, Belin, Godlewski constatent, dès le lendemain de l'injection sous-cutanée, un abaissement de là température qui devint normale au bout de 8 jours.
Reyné et Schmid, dans une observation de tétanos orave, firent du sérum à la dose de 150 centimètres cubes : tous les symptômes s'amendèrent : on cessa le traitement et aussitôt les accidents reparurent ; de nouvelles injections les firent disparaitre.
Castueil et Ferrier voient les symptômes graves s'amender dès l'injection ; Gross et Spillman, Turner, Cazamian, Apert et Lhermitte, Jules Renault, Belin,