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La ligne droite partant de 100 représente la mortalité moyenne par
diphtérie pour 1S9(1-1S93.
La moitié gauche du tracé en ligne brisée donne, par groupes de
deux semaines, les oscillations de cette mortalité en 1894 ; et la
moitié droite en donne les oscillations moyennes pour la période
Il ne paraît pas que le graphique ci-dessus puisse laisser quelque place au doute sur le moment où la mortalité a baissé.
A cette démonstration péreraptoire, il faut ajouter
qu'on peut calculer, non seulement la mortalité absolue, mais encore la mortalité par rapport aux cas de diphtérie constatée. Les statistiques hospitalières de Paris nous permettent de faire ce calcul, et il est d'autant plus légitime que, sauf de rares exceptions, c'est dans les hôpitaux que la plupart des décès par diphtérie se produisent.
Voici quel a été, pour la diphtérie, dans les hôpitaux de Paris, le rapport de la mortalité aux admissions (par groupes de 4 semaines) depuis 1893. Nous supposons égal à 100 le nombre des admissions : Mortalité, pour ^8 jours, par rapport à 100 admissions
(diphtérie HÔPITAUX DE PARls)
Autrement dit, en chiffres ronds, la mortalité (proportion des décès aux admissions) était en 1893, de 43 décès pour 100 ; elle est tombée, en 1895, à 12 p. 100; en 1896, à 15,2 p. 100; en 1897, à 13,2 p. 100, et en 1898, à 14,5 p. 100 : soit, pour la période 1895-1898, à 14 p. 100; et cette descente de la courbe de mortalité est brusque ; elle répond exactement au moment où le traitement sérothérapiqiie a été introduit par M. Roux dans les hôpitaux de Paris.
Avec de tels résultats, on comprendra qu'aujourd'hui la sérothérapie curative de la diphtérie ne trouve pour ainsi dire plus d'adversaires ; et, de fait, le médecin qui, la refusant, aurait à lutter contre la volonté des parents du malade, engagerait sa responsabilité à un tel point, que cette lutte n'est plus possible.
Mais la sérothérapie préventive elle-même est, dans des conditions déterminées, avec des indications précises de personnes à préserver dans un milieu dangereux, généralement acceptée.
Il faut toutefois, d'après les expériences mêmes de M. Roux, ne compter, après l'injection du sérum antitoxique, que sur une protection de quelques
jours, de quelques semaines au plus, protection bien différente par suite, de celle qui est acquise chez les animaux, par des injections successives de poison diphtérique.
Mais la durée de cette protection est bien suffisante, car la diphtérie a un décours rapide, et grâce aux procédés actuels de désinfection, les milieux contaminés ne restent plus longtemps dangereux.
A la campagne, les médecins emploient maintenant très volontiers cette sérothérapie préventive, à laquelle ils attribuent l'arrêt de petites épidémies, dont Textension était imminente.