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CHAPITRE XVII LA SÉROTHÉRAPIE DE LA FIÈVRE JAUNE

L'étude de l'agent pathogène de la fièvre jaune est encore en cours ; et il est assurément prématuré de parler de sa sérothérapie.

Il convient toutefois de rappeler les premières recherches faites sur ce sujet par M. Sanarelli, avec un bacille qu'il a découvert, et qu'il a présenté avec quelque vraisemblance comme étant le microbe de la fièvre jaune.

Or M. Sanarelli, avec du sérum de cobayes, de chiens ou de chevaux vaccinés contre ce microbe, à pu protéger complètement d'autres cabayes infectés, soit 24 heures après, soit 24 heures avant l'injection du sérum immunisant, avec une dose de virus pouvant être considérée comme dix fois mortelle.

L'action préventive et curative du sérum du cobaye, du chien et du cheval contre le bacille ictéroïde peut donc être considérée comme provisoirement démontrée ; et il faut espérer que ce même sérum sera efficace dans la fièvre jaune de l'homme.

Toutefois, une difficulté s'est tout d'abord présentée,, qui a retardé M. Sanarelli dans les applications de cette importante sérothérapie à la thérapeutique de l'homme ; c'est le temps très long — plusieurs mois — nécessaire pour l'immunisation du cheval et du bœuf, que l'auteur a choisis comme animaux sanguifères.

Un cheval, dont le sérum réussissait, à la dose de 2 centimètres cubes, à sauver les cobayes 48 heures après infection, avait dû recevoir, en injections intra veineuses, dans l'espace de neuf mois, une dose de cultures, stérilisées, puis vivantes, s'élevant à près de trois litres et demi.

M. Sanarelli fait remarquer que ce sérum, doué de propriétés vaccinales et curatives, n'est pas antitoxique. Il n'empêche pas, en effet, l'amaigrissement marqué qu'on observe les premiers jours après l'injection des cultures microbiennes, et l'auteur en conclut qu'il agit comme tous les sérums thérapeutiques sans doute, — non en détruisant les toxines.

mais en provoquant directement la destruction du microbe, grâce à l'intervention énergique des cellules de l'organisme.

M. Sanarelli a complété son étude en recherchant si le sérum normal de l'homme et de quelques animaux, ou encore si les sérums antidiphtérique, anticholérique ou antivenimeux étaient actifs contre l'infection ictéroïde ; et il a dû constater que ces divers sérums n'avaient aucune action spécifique contre la fièvre jaune.

Il nous faut noter toutefois que M. Domingos- Freire se refuse à considérer le microrganisme expérimenté par M. Sanarelli comme étant l'agent pathogène de la fièvre jaune, qu'il attribue à un microcoque tout différent. Dans ces conditions, les expériences de M. Sanarelli n'auraient que la valeur d'essais sérothérapiques contre une septicémie secondaire quelconque.

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