PARIS LIBRAIRIE DELAGRAVE
i'd, rue soufflot, i5
// a été imprime 100 exemplaires de cet ouvrage sur japon des manufactures impériales, numérotés et signés.
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Fig. 3. — Encadrement en fer forgé composé par Lamour.
Fig. 4. — Amortissement de grille comjjosé par Fordrin.
Dl'^FIXITION DE LA SERRURERIE. BUT ET PRODUCTIONS
DE CET An T.
E substantif Serrurerie dérive, en passant par Serrure, du verbe Serrer, qui dans l'ancien langage signifiait Fermer. Malherbe remarque qu'en « Provence et autres tels lieux, on dit serrer les yeux, serrer la porte, la fenêtre, pour Clore ». La Chrcnique de Saint-Denis, Olivier de Serres et Mathurin Cordier, en employant notre verbe dans le même sens, attestent que du xv^ au xvii® siècle , cette acception était généralement admise dans le Languedoc, la Normandie et l'Ile-de-France. Cette constatation a pour nous une certaine importance. Elle explique, en effet, comment, à toutes les époques, les serruriers ont été occupés bien plus à fabriquer toutes sortes de grands ouvrages en fer, tels que grilles, grillages, portes, rampes d'escalier, balcons de croisées, balustrades, garde-fous, etc., qui servent à Ser-
RER, c'est-à-dire à enclore, à fermer un espace, à mettre un bâtiment ou une pièce à l'abri des profanes ou des gens malintentionnés, qu'à confectionner ce qu'on appelle proprement des serrures.
Indépendamment de tous ces grands ouvrages où l'art ne tarda pas à jouer un rôle considérable, les serruriers ont vu de tout temps leur concours réclamé par les constructeurs, qui leur ont demandé des chaînes, des ancres, des harpons, des embrasures, destinés à servir de soutien à la maçonnerie; des équerres, des liens, des brides, chargés d'affermir les travaux de charpenterie. Puis, après avoir assuré la solidité de l'habitation, ils furent amenés, par la nature même de leur travail, à peupler celle-ci de meubles nombreux et d'ustensiles variés. C'est à eux qu'on demanda les sièges et les lits en fer, les chenets, les pelles, les pincettes, les coffrets, les cadres de glace, les lanternes de vestibule, les lampadaires, les chandeliers, les pieds de table, les supports de toutes sortes. Faut-il ajouter que jadis leur intervention dans le mobilier était encore plus étendue que de nos jours ? Non seulement ils avaient à pourvoir les cheminées de ces monumentales crémaillères, orgueil de nos ancêtres, — qu'on n'a pas cessé de pendre, bien qu'elles aient cessé d'exister, — de ces landiers majestueux qui revêtaient parfois des formes grandioses, de grils énormes et de vastes trépieds ; mais ils étaient chargés de la confection d'une foule d'instruments de précision. Les balances, les romaines, les tournebroches et jusqu'aux horloges à poids rentraient dans leur compétence. Enfin nous avons constaté dans celui de nos volumes qui est consacré à la Menuiserie* que, pendant une longue suite de siècles, et jusqu'à la grande transformation que l'art ogival amena dans la confection des coffres et des armoires, les huchiers avaient eu recours aux artisans du fer