LA SOUDURE ET LA BRASURE
Le fer jouit de cette précieuse propriété que deux morceaux chauffés à une température de 1,200 à 1,400 degrés*, placés l'un sur l'autre dans des conditions convenables et forgés avec soin, arrivent à ne faire qu'un seul et unique morceau. « Il semble, remarque à ce propos M. H. Landrin, que la n-ature, ayant refusé au fer la faculté de se fondre et de couler comme le cuivre, l'argent, le plomb, etc., a voulu établir une compensation en le rendant propre à se réunir à lui-même^. » Aussi les soudures à chaud, obtenues par le travail de la forge, sont-elles d'un emploi constant dans les grands ouvrages de serrurerie. Sans elles, quantité de travaux deviendraient d'une exécution impossible. C'est pourquoi nous allons, sans plus tarder, examiner comment le serrurier procède, et les précautions nombreuses qu'il lui faut prendre.
Lorsqu'il doit souder deux barres d'une certaine grosseur, l'ouvrier commence par refouler légèrement le fer des extrémités et par amorcer au marteau ces deux barres en bec de flûte, c'est-à-dire qu'il étire en biseau les deux parties qu'il veut réunir, de telle manière que, posées l'une sur l'autre, elles se joignent à peu près comme si elles ne formaient qu'un seul morceau^. Parfois, pour faciliter l'adhérence et lorsqu'il s'agit de gros fers, le forgeron martèle les faces qui doivent se toucher ou les entaille soit avec le
1. Celte température porte le nom de blanc-soudant ou de chaude' portée. Le degré de chaleur nécessaire aux soudures varie suivant la qualité du métal. Le fer dur exige une température sensiblement plus élevée que le fer tendre.