‹ La serva padrona, son apparition à Paris en 1752, son influence, son analyse; querelle des BouffonsChapitre 2 sur 2 · NOTES · texte numérisé non relu

NOTES

(1) D'après la Biographie des Musiciens, par Fétis, et Y Histoire de la Musique en France, par C. Poi^ot, nous avons assigné la date de 1739 à Dardanus; mais en parcourant la partition, nous y lisons : Dardanus, nouvelle tragédie, représentée pour la première fois, par l'Académie royale de Musique, le 17 avril 1744.

Il ne faudrait jamais écrire une date sans la vérifier et sans remonter à la source originale.

(2) Suivant Rivaro!, dans son remarquable Discours sur l'Universalité' de la Langue française, celle-ci est moins propre à la musique, par rapport à la rigide construction, à la logique môme de sa phrase.

Dans la pensée de l'écrivain, la laugue italienne, par ses inversions, se prête davantage au desordre et à l'abandon de la musique, dont le but est de bercer l'âme dans le vague; dans la langue française, l'ordre et la suite gênent tant soit peu cette capricieuse mélodie, qui ne veut pas Être conduite par le plus court chemin, mais à laquelle la poésie doit laisser flotter les rênes au gré de ses caprices.

(3) C'est une bien fraîche et bien gracieuse inspiration que : Musettes, résonnez dans ce riant bocage, chantée par Hébé. La musette, sur les sons ténus du chant, en développe le dessin, se mêle à la voix comme le pampre à la vigne, puis lui répond en terminant par les mêmes traits répétés en écho.

Ce serait une délicieuse bluette à chanter dans un concert; on pourrait, remplacer la musette par lu hautbois.

(4J Carlo Broschi, dit Farinelli, soit à cause de l'état de meunier exercé par son père, soit en mémoire de ses protecteurs , les frères Farina, célèbres amateurs de Naples, fut, j'aliais écrire le plus complet, disons plutôt le plus étonnant des chanteurs du dix-huitième siècle.

Illustre élève de Porpora, il remplit toutes les villes de l'Italie de ses succès éclatants. A Vienne, il eut l'honneur d'être accompagné sur le clavecin par l'empereur Charles VI, vrai dilettante, qui sut donner de bons conseils à l'artiste. A Londres, le charme de son talent, balançant la vogue des œuvres de Handcl lui-

môme, Ht pencher la balance en faveur de la direction rivale mise sous le patronage de Porpora par l'aristocratie anglaise, irritée de ne pas trouver dans l'auteur de Judas Macchabée toute la souplesse vertébrale qu'elle aurait désirée.

Traversant la France, Farinelli chanta dans l'appartement de la reine devant. Louis XV, reçut les applaudissements de ce monarque anti-musical, c, ce qui valait bien mieux, sou portrait enrichi de diamants et cinq cents louis.

Ce fut surtout en Espagne que le pouvoir du chanteur se manifesta d'une façon surprenante sur Philippe V, morose et malade, et sur sou héritier Ferdinand VI. Farinelli devint alors un chanteur politique, remuant, nouvel Orphée, au son de sa voix enchanteresse, ces monarques hébétés par la mélancolie et la tristesse. En un mot, il eut loute la faveur d'un premier ministre; on a même écrit qu'il le fut réellement.

La puissance du chanteur favori n'eut point de bornes, si ce n'est celles de sa modération elle-même : la reine attacha de sa main la croix de Calatrava sur la poitrine de son artiste d'affection. Fariuflli établit un théâtre italien au palais de Buen-Retiro, et en fut nommé le directeur.

Après vingt-huit ans d'absence, à l'avénemcnt de Charles III, le grand chanteur, mort depuis longtemps pour !e public, et, par conséquent, pour l'art, revint en Italie jouir de ses honneurs et de ses nombreuses richesses.

Si, de nos jours, les chanteurs avaient l'idée d* lire dans les lettres familières de Martinclli, ou dans l'éloge de Farinelli par Mancini, maître dans l'art du chant, les qualités de voix et le génie musical qui distinguaient ce grand aniste du siècle passé, ils baisseraient très-humblement leur front dans la poussière, en voyant toute la distance qui le-5 sépare d'un vrai chanteur.

(5) Carissimi peut être considéré comme le premier qui ait écrit des cantates, du moins méritant ce nom, par les perfectionnements qu'il y apporta, par le degré de beauté auquel il sut les élever. Digne successeur de Péri et de Montoverde, il introduisit les accompagnements d'orchestre dans la musique d'église, suivant l'assertion du maestro Catrufo.

(G) Galuppi, dit il Buranello, est. le créateur de l'opéra bouffe. Il avait su s'attacher, par les liens de l'amitié, l'illustre auteur des Psaumes, et fut appelé par la grande Catherine a la cour de Saint-Pétersbourg.

(7) La basse continue fut inventée, en 1609, par Viadana, maître de chapelle de la cathédrale de Mantoue. Les principes en furent exposés dans une instruction écrite en latin, en italien et en allemand, placée par l'auteur en tète d'un recueil de motets de sa composition.

(8) Le neveu de Rameau, si digne du bagae par sa morale famélique, mais que son frénétique amour de la musique, plaidant les circonstances atténuantes. réhabilite, pour ainsi dire, par le dilettantisme même, dans ce délire musical qui, s'emparant de lui, au Café de la Régence, touchait, par son intensité, à l'aliénation mentale, parmi les motifs qui l'avaient frappé, et qui venaient l'assaillir en ce moment, chantait à Diderot plusieurs passages de la Serra Padrona, entre autres les deux premiers airs.

(y) Le premier finale vraiment digne de ce nom, avec les modulations, les changements de tons, les différentes partie-; composant son ensemble, a été écrit par Piccini dans la Buona Firjliuola (1760). Le succès pyramidal de cet opéra eut l'assentiment de Jomelli, qui, de retour de Stuttgard. sanctionna le triomphe, de l'auteur, le proclamant inventeur sur ce point.

Paris. — Typ. MorriB et (',' , rue Amelot, 64.

l'A H IS — TYPOGII AI'HIIC MORKIS ET t* 64. Rue Ameîol

ML Villars, Franz de 1727 La serva padrona

Musïc

Page 1