JULIEN, AN.NETTE
M. DIDIER , en dehors , appelant.
An nette !
ANNE rxE , sortant de la cuisine , un plat à la main. Voilà, voilà! Un militaire!..
(Elle s'arrête interdite, les yeux baisses.) JULIEN , se plaçant devant elle et l'examinant. iMamzelle, j'ai bien celui...
ANNETTE, le recounaissanU Grand Dieu!..
JULIEN
Catherine!., mille tonnerres!., c'est vous!.
ANNETTE , se reculant toute tremblante.
Julien... M. Julien...
Ah bien! en voilà une drôle de rencontre!. Moi qui parlais de vous, à l'instant!
ANNETIE, vivement, A qui donc? . (LUe tremble.)
JI'LIRN. '
Oh î à moi , il n'y a plus qu'à moi que j'en parle... (Lui ôlantle plaides mains et le posant sur la table.) Mais, que je vous débarrasse...
ANNETÏE.
Que faites-vous?
^ JULIEN
Je mets les lentilles de mon oncle en sûreté... Pauvre cher homme , son souper en réchappe d'une belle ! JJais, sainte carabine, ne tremblez donc pas comme ça... Est-ce moi qui vous fais peur? Si c'est ça, rassiu-ez-vous , je ne vous en veux plus.
ANNETTE , relevant la tête.
Vous ne m'en voulez plus ?
JLIJE>' , contenant son émotion.
Ah! bien oui ! est-ce que j'y pense? La preuve, tenez... touchez là! (il lut tend la main.) ANNETTE , retirant la sienne.
Et quel droit auriez-vous de m'en vouloir ?
Jl'LIEN.
Ah! c'est jttste, chacun est libre d'aimer comme il rcniciid ! Un cœur, ça ne bat pas poscommclemoiiveiuent d'une moiure... Quand ça se dérange, on ne" peut le reporter chez le ciiarron, et lui dire : Remettez-moi ça dans l'étal d'auparavant. Pas moyen.