‹ La servante du curéChapitre 19 sur 36 · SCÈNE Xii · texte numérisé non relu

SCÈNE Xii

Les .Mêmes, MAGLOIRE.

ANNETTE

Ah! mon Dieu!..

M. DIDIER

Qu'est-ce encore? le diable est-il au presbytère.'..

MAGLOIRE, couvert de plumes, roulant les dernières marches de l'escalier.

Ne vous dérangez pas... c'est moi.

M. DIDIER

Pourquoi n'es-tu pas couché? d'où viens-tu?

MAGLOIRE

Je n'en sais rien, je n'y comprends plus rien, jo crois que je suis somnambule. (A part.' Comment, elle est ici? Mais qui est-ce qui était donc là-haut?

-Magloire, parleras-tu? Dans quel état le voilà !

ANNETTE

Il est tout couvert de plumes !

MAGLOIRF.

Pardieu ! j'étais allé là-haut détendre le reste de mon savonnage , dans le grenier.

M. DIDIE'.;

A cette heure-ci! ce n'est oas vrai!..

MAGLOinF, , regardant Annettc.

C'est possil)Ie, jo iii* dis pas... mais j'aUais dans le grenier, toujours par le petit escalior, vous savez.... et je marchus dans mon innocence et dans l'obscurité, (piand j'ententls venir derrière moi... je me retourne... deu.v mains vigoureuses me saisissent par la taille , je reçois un baiser brûlant.

M. DIDIER

Il va du sortilège !

ANNETTE

Un baiser 1

MAGLOIRE

Sur l'œil ! j'en suis même éborgné!.. Qw\ baiser, mon Dieu! Alors, je me débats... je crie qui vive ! et on me répond : Ami ! en m'allonueantun coup (ie poing qui m'envoie tomber sur la porte du poulailler, laquelle j'enfonce!

Mes pauvres poules !

MAGLOIRE

Oui, elles sont gentilles, vos poules, vantezvous-en , elles sont bien élevées ! elle m'ont abimé de coups de bec , de coups d'ailes , foulé aux pattes, quoi!.. Enfin, je me relève... je croyais que c'était fini.

M. DIDIER

Eh bien?..

MAGLOIRE

Eh bien ! voilà que, comme un ressort, un ressort li'ès brusque, me prend en desso:;s, m'enlève de terre , m'envoie tomber au milieu de l'escalier, et me voilà.

M. DIDIER

Je n'y vois plus clair, je n'y entends plus rien, vous me ferez tourner le sang, aujourd'hui!

ANNETTE , le retenant.

Vous vous en allez ?

MAGLOIRE

El moi , donc ! (il le retient par son iiabit.) M. DIDIER, s'arrèlaut.

Au fait, je ne peux pas les laisser seuls eiisembie... (A .Magloire.) Drôle, qu'est-ce que tu allais faire par-là? (A part.) Ce que c'est que les mauvais discours!.. Mais c'est encore plus embarrassant qu'auparavant... Eh bien! nous passerons la nuit tous les trois.

Tous les trois?

MAGLOIRE

Ensemble ! enseuible !

M. DIDIER

Ici !

MAGLOIRE

Bon! ça me va! j'aurai moins peur... C'est étonnant comme je tremble !

M. DIDIER

Asseyons-nous. (A Annette.) Vous, mon enfant, là. (A iMagloire.) Toi, là... et moi au milieu.

(Il leur désigne les deux extrémités du" théâtre. Magloire prend une cbaise et va pour passer du côté d'Aunette.)

M. DIDIER

Eh bien! où vas-tu donc?,. Là, là. (11 veut ^^ passer derrière le Curé.) Eh bien! encore?..

MAGLOIRE

C'est que j'aurais mieux aimé être auprès de la petite. (H s'assied.)

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