‹ La servante du curéChapitre 27 sur 36 · SCÈNE XVI · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI

Les MÊMES, BERTAUD, ANNETTE.

ANNETTE , sortant de la cuisine en criant. Ah! secourez-moi!

M. DIDIER, effrayé.

Qu'y a-t-il encore?

A. > NETTE

Un homme , là... (Se jetant dans les bras de Julien.) Ahl Julien!

MAGLOIRE

Pas gêné.

BERTArD, sortant.

De quoi! de quoi!., est-ce qu'on s'efifarouche comme ça?

M. DIDIER

Qu'est-ce que c'est que cette figure-là?

BERTAUD

Un ami des amis , qui >ient de faire lever une colombe... et qui veut boire à sa santé avec vous, mon révérend.

M. DIDIER, repoussant le verre.

Moi!..

BERTAUD

Excusez!..

JULIEN , passant près de son oncle.

Du décorum , coidieu ! je suis l'enfant de la maison et je ne souffrirai pas...

BERTAUD

Oh ! toi, tu prends feuà cause de tes anciennes amours ! parce que j'ai surpris là ta Catherine.

M. DIDIER, MAGLOIRE et LES DRAGOiNS.

Catherine !

A> NETTE

Oh ! de grâce !

JULIEN

Bertaud.

BERTAUD

Eh bien ! oui, Catherine Jolivet.

MAGLOIRE

Ca!..

U. DIDIER

Il se pourrait!

Tu la connaissais?

BERTAUD , avec hésitation.

Moi!., oh! dame! on m'a dit... (A part.) Par exemple, si je m'attendais! (Haut.) Mais toi qui jurais de ne plus l'aimer... tu ne nous disais pas qu'elle t'attendait ici.

M. DIDIER

Cette jeune fille!..

MAGLOIRE

C'est du propre.

ANNETTE

Je vous jure !..

•O» JULIEN

Ce n'est pas vrai.

BERTAUD

Un démenti !.. sacrebicu!..

(Il fait un pas pour sortir.) JULIEN , de raCme.

Je ne demande pas mieux.

ANNETTE

Ils vont se battre.

MAGLOIRE

Ah bon ! une bataille.

M. DIDIER, se jetant entre euï.

Mes enfans !.. mes enfans ! y pensez-vous !.. deux amis, deux frères d'armes!., se battre... pour quoi ? pour des mots... des riens !.. et dans un presbytère, dans la maison du bon Dieu!., où l'on doit apprendre à s'aimer davantage!., allons donc ! gardez-moi ce courage-la pour défendre votre pays!., qu'est-ce que c'est que ça donc?., est-ce le sang qui va couler, quand le vin était... Eh! eh! eh! mon verre! prenez les vôtres... et faites-moi raison tous les doux.

(On lui donne sou verre.) •JULIEN.

A la bonne heure.

BERTAUD

Vous êtes un brave homme , vous.

JULIEN , trinquant.

A toi Bertaud ! (ils se touchent la main.)

MAGLOIRE, à part.

Je suis fâché qu'il les retienne , je les z'haïs tous les deusse. (il boit aussi.)

M. DIDIER

Et que Dieu vous bénisse!., maintenant que vous revoilà bons amis, allez, mes enfans, entrez là... (11 leur montre la cuisine.) Faites rôtir VOS poules... buvez à ma santé... et chantez... (Us chantent.) Pas trop fort... tenez, Magloire va vous servir.

MAGLOIRE

Tout de suite, (A part.) Va-t'en voir.

(Reprise de l'air des couplets par l'orchestre.

BERTAID.

Pas de cérémonie... seulement, encore un panier comme celui-là... (Bas à Annette.) Il faut que je vous parle, Marazelle; puisque je vous retrouve , attendez-moi ici.

JULIEN, bas à Annette.

Vous connaissez donc tout le régiment, Mamzelle, JULIEN , BERTAUD et LES DRAGONS , chantant en

chœur.

Il a composé la chanson En l'honneur de Napoléon.

(Ils sortent pir la enisine.)

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