‹ La servante du curéChapitre 28 sur 36 · SCÈNE XVIT · texte numérisé non relu

SCÈNE XVIT

M. DIDIER, AiNNETTE , MAGLOIRE.

MAGLOIRE, à part, regardant Annette.

C'est ca cette Catherine!., ah! Dieu du ciel! (S'approchant) Ma cousme, vouJez-vous n-.o permetU'e! (H ^ent l'embrasser.)

M. DIDIER, vivement.

Magloire!.. va-t'en, laisse-nous.

(U s'éloigne.)

M. DIDIER, retenant Annelte qui va pour sortir. «^ 'iVestczî.. ah ça! le danger presse... voyons... cette jeune fille dont Julien me parlait ce matin, qu'il aimait.

ANXETTE , se jetant dans ses bras.

Oui, qu'il aimait., et qu'il n'aime plus... lorsque moi... ali ! monsieui* l'abbé , je suis bien malheureuse.

M. DIDIEB.

Allons , allons, du courage !.. oh ! jeunesse ! jeunesse !

MAGLOIRE, attendri.

Elle pleure ! elle pleure.

M. DIDIER, essuyant des larmes.

Est-ce que je ne le vois pas !.. va-t'en ! (A Annette.) Ce qu'il tlisait là... cette rencontre, ses projets de mariage.

ANNETTE

Tout cela est vrai.

U. DIDIEB.

Et votre trahison.

ANNETTE

Excepté cela , monsieur l'abbé ! pour lui garder mon cœur, pour être digne de lui, j'ai résisté aux supplications, aux menaces même de ma tante... et d'un autre !

M. DIDIER

D'un autre! Je n'y comprends plus rien... je n'ai jamais rien compris à ces choses-là. Co;iiment, d'un autre?

AN.XETTE.

Oui, d'un autre... d'un ami de Julien, qui a voulu me perdre; il m'a trompée, il a dit que voti'e neveu m'attendait pour m'enlever aux violences de ma famille. Je l'ai suivi. Oh! j'ai eu tort; mais j'en ai été bien punie; car, lui aussi, il m'aimait. Il me cachait son amour, et, quand j'ai été seule, sans défense... c'est le ciel et ma vertu qui m'ont sauvée.

M. DIDIEB.

Votre vertu !

MAGLOIRE, redescendant.

Oui, sa vertu !

M. DIDIEB, lui saisissant le bras.

Magloire !

UAGLOIRE.

Vous m'avez pincé! ah ! Dieu!.. Oh! continuez, ma cousine.

ANNETTE

Ma tante n'a pas voulu me revoir... et Julien, quand il a su ma fuite avec cet autre, qui s'était caché, lui !

M. DIDIER

Mais vous ne lui avez donc pas dit?

ANNETTE

Il ne me croirait pas... il ne m'aime plus, et celui qui abusait de son nom, de son amitié... ils 6e battraient ensemble... il le tuerait!.. Oh ! plutôt mourir !

MAGLOIRE, sanglotant.

Bon, elle repleure. Ah ! finissez donc. (Ou entend rire aux éclats dans la cuisine.) M. DIDIER.

Mais que faire ? .^

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