COUPLET
Faut voir de quelle manière, l'traitons aussi les douaniers , Quand j'arrive à la barrière; fis veulent fouiller mes paniers, Laissez-nous fair' ma petite, Des commis c'est la visite , De tout voir j'avons le droit.
Allons , allons , pas tant de recherches...
Mon beau Monsieur passez vite , vit»
■J'noni ri«B d'sujet à l'octroi.
DELORME
Viens donc ici, j'ons queuqu'chose à le dire. (Il la tirspar son jupon. )
georgette, virement , en descendant deux échelons.
G'est-il rapport à Claudin ?
DELORME
Gui , je veux te parler de lui.
georgette , à terre.
Voyons, heim?
DELORME
Ah ! ah ! il m' paraît que c' nom-là est hen puissant sur vous! ;
GEORGETTE , UIl peu COllfuSe.
Mais dame, je l'aimons.
DELORME
Plus que moi ?
GEORGETTE
Mais dame, je ne dois pas vous épouser, vous.
DELORME
Gomment , tu épouserais un gros pataud , si bête !
GEORGETTE
Il n'y a pas besoin desprit pour faire un bon mari : c!esî vol' femme qui me l'a dit !...
DELORME
Voyez la fine mouche !... Moi, je veux que vous preniez queu'que chose de mieux que mon jardinier.
GEORGETTE
Moi, je ne connais rien de mieux.
DELORME
El je vous défends d'y penser davantage , ou je le chasse.
GEORGETTE
Oh ! non , non , ne le chassez pas.
Air : On n'offense point une belle.
J'îui promis de l'aimer sans cesse, Mais,, cousin , pour vous obéir ,
Z 'n'écouterons plus sa tendresse,
Bon.
Et j'vais h\cher de le haïr.
'Ça m'est égal à présent qu'il soupire J'vns l'oublier dès aujourd'hui; Et tons les matins j'veux me dire De ne jamais penser à. lui.
delorme , lui prenant la main.
GEORGETTE
Vous me promettez de ne pas le chasser ?
DELORME
Non , ma bonne petite , je ne veux pas te déplaire. ( II lui passe la main sous le menton.)
Finissez, méchant ' Laehez-moi ; madame Brouillon m'a dit que je n'devais pas m'Iaisser cajoler comme ça.
DELORME
Celte vieille sorcière de voisine ! De quoi se mèle-t-elle ?
Allons donc ! Voyez un peu. ..Comme si j'allais.... C'est
parce que j'n'ons pas voulu l'épouser.
Air : Vaudeville de Partie carrée.
Va, n'en crois rien , c'est une médisante, Dans ses caquets persoDn' n'est oublié; Si je t'aimons , si je t'trouvons charmante , Ma p'tit' Georgelt', tout ça c'est d'amitié.
GEORGETTE
Si tous m'trompiez sans vouloir m'en instruire, Songrz , sougez, quel malheur s'rait le mien ! Ah ! mon cousin, u'allez pas me séduire Sans que j'en sache rien !
DELORME
Ah ! bah ! est-ce que j'y pensons seulement.
Air : Vaudeville de VLcu de six francs.
A ma Germaine chaqu journée, Ici, je prouvons mon amour ; Et si jTaimoas toute l'année,
ïe pouvons ben l'aimer un jour.
ÏVl'inquiète pas davantage, Ma cher', c't amour-là n'est qu'un jeu ; Et ['pouvons t'en donner un peu, Sans faire du tort au ménage.
Mais , il nie semble que ce s'rait voler c'ie bonne cousine Germaine , elle a tant de confiance en moi.
DELORME
Sois tranquille, va, tu n 'fais pas de mal, d'ailleurs je 1« prends sur ma conscience.
Air : Je suis colère et boudeuse. "j
Tiens donc jaser à c'tte place.
ceorgette , allant prendre l'arrosoir, Non , non , vous me faites peur.
( Elle va à la fontaine, ) delorme , la retenant.
Tu me riuses cette grâce!
GEORGETTE
Ça s'rait presqu'une laveur !
( Elle va pour puiser de Veau. ) delorme , prenant l'arrosoir.
C'est trop lourd pour qu'lu l'a arroses... Mais j'veux parer lou corset...
IJ'la plus belle de ces roses ; Jusqu'à c'soir port' mon bouquet.
( // cueille une rose. )
GEORGETTE
JNon , j'eraignons d'être infidèle A c'qu' j'ous promis à Claudin
DELORME
Quand on n'a qu' quinze ans , Manuelle, Ou n'doit aimer qu' son cousiu.
( // Valllre vers le banc)
DEL0RME
Écout1 donc, ma p'tit' Georgctte.
georgitte , riant.
Non, j'rous dis qu'vous avec tort.
DELORME
3'veu-x tVmbraîser en cachette.
GEORGETTE
Non , vous m'embrassez trop fort.
DELORME
TJn baiser ! à la sourdine !
GEORGETTE
Un baiser d'voui fiait du bruit, Ça réveilTrait ma cousine.
delorme , la poussant sur le banc.
Bien qu'un baiser , bien petit • Enfin , j'te tiens à cette place, Il faut tjue tu combles mes vœux.
GEORGETTE
Eli bien , j'vous l'doiinons par grâce , N'allez pas en prendre deux.
( // l'embrasse. ) Mad. brouillon , à sa fenêtre.
Ah ! quelle horreur !... ( Elle ferme la croisée.)
GEORGETTE
Ah ! mon Dieu! la voisine nous à vus.. Ah! je suis perdue 1 Méchant cousin !... vous êtes cause...
DELORME
Damnée voisine ! toujours à espionner ce que fonl les autres; elle va loutdire, et gare le grabuge à la maison !.. {On entend un roulement de tambour.) Qu'est-ce tpie c'est donc que ça ? ( On ouvre la porte dufond et l'on aperçoit la cam-~ pagne. )