LES NAISSANCES PAR SEXES DANS UNE COMMUNE FRANÇAISE
Nous avons voulu dépouiller par nous-même les registres de l’état civil, ou du moins certains d’entre eux, en ce qui concerne le problème du sexe des nouveau-nés. Nous y voyions plusieurs avantages. D'abord celui de vérifier, par un exemple concret, la valeur habituelle de ces registres, base de tout notre travail. Puis, celui d’apporter notre propre contingent, si modeste qu'il fût, au relevé des faits élémentaires, par une monographie, non point familiale (comme celles que nous avons préconisées dans la quatrième partie de notre élude) mais locale.
Pour cela, il nous a paru qu'il suffisait d'opérer dans une seule commune, convenablement choisie. Celle de Wimereux, que nous habitons l'été, remplissait les conditions nécessaires. Située dans le département du Pasde-Calais, dans l'arrondissement et dans le canton de Boulogne-sur-Mer, elle compte près de 1.400 habitants. Ceux-ci sont placés dans des conditions ethniques aussi voisines que possible de la moyenne française. Les uns sont marins: d’auires, agriculteurs. La localité étant récemment devenue un centre important de bains de mer, beaucoup de ses habitants d'origine vivent surtout des
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profits de la saison d'été. Les baigneurs ne contribuent d'ailleurs que dans une proportion insignifiante aux naissances qui s’y produisent. Elle n'a été érigée en commune distincte que depuis moins de treize ans. Auparavant, elle faisait partie de la commune de Wimille. On a donc Pavantage de pouvoir tracer son histoire démographique dès son premier jour.
Wimereux est un lieu notable dans les annales de la biologie. Dès 1874, M. Alfred Giard, qui enseignait alors la zoologie à la Faculté des sciences de Lille, y commençait ses recherches sur la faune marine. Il les y poursuivit comme maître de conférences à l'Ecole normale supérieur, puis comme professeur à la Sorbonne. Les travaux sortis de son laboratoire font époque dans la science. En opérant nous-même ce relevé des naissances humaines constatées dans la commune que notre éminent et regretté maître a tllustrée, nous contribuons, dans la faible mesure de nos forces, à l'enquête qu'il y avait instituée sur toutes les manifestations de la vie.
Grâce à l’obligeance de la municipalité de Wimereux, nous avons pu consulter intégralement les registres des naissances de la commune, depuis la première de ces naissances, qui se place le 29 juin 1899, jusqu'au dernier jour de notre résidence, le 27 septembre 14910. Nous l'avons fait aussi pour les registres de décès, en raison des morts-nés. Pour les trois premières années, nous avons dépouillé nous-mêème les registres, dont les tables ne donnent pas à ces dates la décomposition des naissances en légitimes et en naturelles. Pour les années suivantes, nous avons suivi les tables, en les vérifiant par épreuves fréquentes.
D'une manière générale, nous avons trouvé ces registres très bien tenus. Nous n'y avons aperçu, en douze