RES
TS SR de
tude des proportions et du dessin. Son étonnement redoubla quand il apprit que ces découpures étaient l'œuvre de la jeune Tonguuse : « La ressemblance, dit-il, était bien meilleure que ce que j'avais vu faire à certains artistes de profession. Par curiosité je priai Sapho de me faire deux ou trois animaux. Elle prit aussitôt un morceau d’écorce et sans tracer préalablement aucun dessin, comme moi-même je l'eusse fait, elle se mit à découper en quelques instants des figures d’une correction parfaite. Je n'ai certainement jamais vu plus de goût naturel pour le dessin que n’en manifestait cette jeune sauvage. Les Chinois sont vantés pour leur talent d'imitation; je suppose que ces peuples, qui descendent probablement de la même souche, ont en eux un peu de cette faculté. »
Ephraïm revint avant la nuit, rapportant comme produit de sa chasse de la journée, trois écureuils sibériens. Ces écureuils, dont la fourrure est bien connue de toutes les dames, sont de charmants petits animaux à tête et à queue noires, à dos gris sombre et à ventre blanc. On les tue d'ordinaire avec une petite carabine dont la balle a la grosseur d’un pois. Il n’est pas de Tongouse qui n'ait un de ces fusils. Dès qu'ils se sont procurés cette arme, ils s’empressent invariablement d'en réduire la crosse à un tiers de sa grosseur originaire, puis ils fixent au fût, par une espèce de charnière, deux légers supports sur lesquels ils appuyent le canon pour tirer. Le vieux système à pierre est toujours préféré. La poudre et le plomb sont si rares, que les chasseurs ont à les économiser à l'extrême; ils ne tirent jamais qu'au repos et de la plus courte distance possible. Quand ils le peuvent, ils suivent de l'œil la balle et fouillent la neige pour la retrouver et s’en servir de nouveau.
ent re-
it l'œu-
dit-il,
ertains
\pho de itôt un t aucun se mit à COrrecplus de it cette ir talent cendent “un peu
ame proils sibéconnue animaux à ventre carabine st pas de s se sont ablement eur origide charpuyent le toujours s, que les ils ne tidistance e l'œil la s'en ser-
Des morceaux de viande d'ours séchée étaient suspendus dans la tente d'Ephraïm. Les Américains ayant manifesté le désir d’y goûter, le vieux chasseur leur en envoya porter quatre ou cinq kilogrammes par sa fille. Le mets, par parenthèse, était détestable; cependant, pour reconnaître la politesse, ces messieurs crurent devoir passer au cou de Ïa jeune Tongouse un collier de verroterie. Mais loin de lui faire plaisir, ce collier parut la gêner considérablement. On le lui ôta alors pour lui en faire un bracelet; sous cette nouvelle forme, le cadeau ne lui fut pas plus sensible. La reconnaissance est un sentiment complètement ignoré de ces peuples, là où ils n’ont point été en contact avec les Russes. Ils n’ont même pas de mots dans leur langue pour exprimer un remerciment ; ils recoivent un don comme une chose qui leur aurait appartenu antérieurement, et ils n’ont aucune hésitation à vous demander davantage.
Après s'être muni chez Ephraïm de quelques vivres frais, la caravane se remit en route et arriva dans le voisinage d’Aian sans autre incident qu’un renne égaré et mangé par ies loups. Un autre désappointement les attendait toutefois. La neige, dan l’étroit sentier qu'ils suivaient à travers bois, était parfaitement lisse et vierge depuis longtemps de toute trace de traîneau et de signe de voyage d'aucune espèce; ce qui pouvait faire craindre que la ville d'Aian, qui avait été bâtie par la compagnie russo-américaine, n'eût été abandonnée, et par suite aussi la route postale qui conduisait de cette localité à Yakoutsk, dans l’intérieur. Cette per pective était assez alarmante. Les provisions étaient épuisées, les guides ne voulaient pas s’aventurer plus loin avec leurs rennes, et la route ayant disparu il n'y avait pas moyen de communiquer avec les indigènes et de se procurer de nouveaux animaux.
Sur ces entrefais, le guide Alexaï se souvint qu'il y avait eu autrefois dans le voisinage une station de poste. On arriva en effet, au bout d’une heure de marche, à une yourte à moitié ensevelie sous la neige et où des aboiements de chiens proclamèrent au moins la présence d'êtres humains. Bientôt les habitants furent sur leur porte croyant avoir affaire aux postillons qu'ils attendaient d’Aian avec la malle, cette nuit-là même. La route frayée se laissait voir en même temps à peu de distance.
Hommes, femmes et enfants demi-nus escortèrent les étrangers à la hulte, où un feu brillant venait d’être allumé dans le tchual. Les craintes relatives à l'abandon d’'Aian n'élaient pas absolument sans fondement. Le gardien de la station, questionné sur ce point, apprit aux voyageurs qu'Aian était bel et bien abandonné. Mais ceux-ci étaient trop épuisés pour s’appesantir longuement sur ce contre-temps, et après avoir bu leur thé, ils ne songèrent plus qu’à s'étendre sur le coin du sol qui leur fut départi et à appeler le sommeil à leur aide. °
Les postillons d’Aian n’arrivèrent pas pendant la nuit. Le lendemain, en conséquence, M. Bush et ses compagnons quittèrent l’yourte dès le matin dans l'espoir d’atteindre Aian avant le départ des courriers. La route de poste, que naturellement ils prirent, est un simple chemin étroit coupé à travers la forêt, et allani d’Aian par les monts Tjouggour à Yakoustk,trajet de 1,300 verstes, ou près de 4,400 kilomètres. Elle a été construite par la compagnie russo-américaine vers l’époque où fut fondée Aian, en 1848; elle servit au gouvernement à transporter des armes et des munitions de guerre de l’intérieur à la côte pendant la campagne de Crimce. À des intervalles de 30 ou 40 kilomètres, le long de la route, sont
qu'il y on de e marige el oins la furent s qu'ils même.
à peu
‘ent les , d’être bandon ent. Le apprit donné.
Jesantir bu leur coin du là leur
la nuit.
compaoir d’'atoute de le cheian par verstes, e par la t fondée ansporntérieur s interite, sont
SR Tr
des stations de poste, où l'on entretient des rennes pour la malle ou les voyageurs, quoiqu'il n’y ait guère que les employés de la compagnie russo-américaine qui songent à passer par là. La malle qui part d’Aïan tous les mois, emporte d'ordinaire huit ou dix lettres conliées à un courrier, qui met habituellement dix jours pour atteindre Yakoutsk en voyageant jour et nuit. En hiver, le parcours se fait avec des rennes attelés par paire à un traineau semblable au traineau à chiens ordinaire.
La malle-poste d’'Aian à Yakoutsk.
En été, les rennes sont remplacés par des chevaux. A onze heures du matin, nos Américains se trouvèrent
à l'embouchure de l'Ouey, à 8 kilomètres au-dessous d'Aian, Bientôt ils furent sur la baie même d'’Aian, petite échancrure de la côte abritée de tous les vents, sauf u sud et au nord-est. Bien que ce port ne soit pas par-
faitement sûr, c’est encore le meilleur de ce rivage de
ta mer d'Okhotsk; c’est aussi ce qui l’a fait choisir par
la compagnie russo-américaine comme station balei-
mière.
Au détour d’un promontoire de rochers, la ville s’offrit aux yeux des étrangers. En avant était une grande maison de bois, ou magasin, pourvue d’une longue galerie soutenue par de lourdes colonnes de troncs d’arbres. Autour de cet édifice gisaient des ancres, des chaînes, etc., tout ce qu'il faut enfin à un dépôt maritime. Tout à côté, sur un grossier rempart de terre, une douzaine de petits canons de fonte montraient leurs bouches inoffensives pleines de boue et de sable. Cinq ou six bons canots baleiniers étaient tirés sur la plage, et un peu plus loin se voyait un petit schooner, également à sec, pour être à l'abri des énormes glaces flottantes qui frôlent la côte, à chaque marée, vers la fin de la saison. La ville elle-même ne s'aperçoit pas de la baie, placée qu’elle est au fond d’une vallée boisée. Elle se compose d’une douzaine de maisons en troncs d'arbres d’une bonne construction.
A l’époque de la visite des Américains, ce petit groupe d'habitations et son site étaient encore très agréables à voir, mais au temps de la compagnie russo-améiicaine, c'était, paraît-il, un lieu charmant, où l’on menait même joyeuse vie. Les navires baleiniers s’y compaient par centaines ; d’autres y venaient de Sitka chargés de fourrures précieuses. Mais les baleines pourchassées avaient fini par quitter ces parages de la mer d’Okhotsk et la prospérité avait disparu.
Les habitants s’assemblèrent pour voir entrer les Américains, et l'accueil qu'ils leur firent fut des plus sympathiques. Les excursions, les dîners, les danses se succédaient à leur intention. Malheureusement les indigènes de la station postale n'avaient rien exagéré quant à la rareté des vivres à Aïan, et sans le chef de la police commandant de la place, M. Popoff, il eût été très difficile à la petite expédition de renouveler là ses
ville s’of- Le grande ngue ganes d’arcres, des pôt mariterre, une ent leurs ble. Cinq la plage, er, égalelaces flotrers la fin | pas de la ée boisée.
en troncs
tit groupe agréables sso-amél- 1 l’on me- S'y COMPde Sitka ines pourde la mer
entrer Îles t des plus s danses se ent les inen exagéré » chef de la | il eût été veler là ses
Le PE
approvisionnements et de s’y procurer des rennes. Déjà même M. Bush songeait à gagner avec des traineaux el des chiens, en suivant le rivage couvert de glace, la ville d'Okhotsk, où devaient l’attendre avec ses compagnons le major Abasa et sa petite troupe. L'entreprise eût élé folle ; on l'en détourna fort à propos. Enfin, après un séjour de plusieurs semaines à Aiïan, on put se mettre en route dans de bons traîneaux appartenant au starasta tongouse pour aller à une trentaine de kilomètres de là prendre au campement de celui-ci les rennes avec lesquels on devait poursuivre le chemin vers la ville d'Okhotsk.
Le 10 février, les voyageurs, remontart l'Oulinkan … jusqu'à sa source, eurent à traverser ue Laute chaine, … d'où sort une des branches de la rivière Cachi qui se … déverse dans l’Oldan, lequel à son tour va se jeter dans la mer d'Okhotsh, en suivant la direction est. À un kilomètre au-dessous du sommet de la montagne, ils rencontrèrent les restes d’une vieille hutte. Près de là une » corde tendue entre deux arbres supportait de petits lambeaux de drap et de peau de renne, dont quelques- : uns devaient y avoir été accrochés depuis bien long- + temps. Les guides leur expliquèrent que c’étaient des » offrandes faites par les chasseurs à l'Esprit de la montagne qu'on venait de traverser.
## Les chasseurs yakoutes prennent d'ordinaire l'ours au . piège. Leurs pièges sont de deux sortes : l’un est une "7 espèce de trappe, l'autre est simplement une solide ar- "1 balète attachée à un arbre ou à une fourche plantée sur 4 le passage de la bête. Une corde qui traverse le sentier
sta Pt ton =