ND 6 NE
s ces du Maimikan, un petit campement de chasseurs tongouses qui les remirent dans la voie la plus directe pour atteindre Aiïan. Ils jouirent le même jour d'un beau phénomène, dont il est souvent question dans les voyages polaires. L'atmosphère paraissait remplie de molécules gelées en suspension comme du brouillard, bien qu’au-dessus de cette couche le ciel ft parfaitement clair. L'éclat du soleil était tellement adouci par ce voile cristallisé, qu’on pouvait le regarder à son aise à l’œil nu. Autour était un large cercle lumineux faiblement teinté des couleurs du prisme et sur lequel brillaient trois parhélies ou faux soleils, l’un perpendiculairement au-dessus de l’astre véritable, et les deux autres de chaque côté, à égale distance audessus de l'horizon. De chacune de ces images solaires partait une brillante traînée de lumière dans des directions opposées à celle du vrai soleil, et l’on apercevait les arcs de trois autres cercles semblables au premier, l’un directement au-dessus de ce premier cercle, les deux autres de chaque côté et le touchant aux points occupés par les parhélies. Le météore était splendide; il dura plus de deux heures. Le soir, pareil phénomène se reproduisit avec la lune, beaücoup moins brillant il est vrai.
L'appétit des hommes du Nord est proverbial et leur
} faculté d'absorption vraiment merveilleuse. M. Bush en
cite plusieurs exemples qui se sont passés sous ses
} yeux et dont les héros étaient des Tongouses. Mais L. M. Swartz avait vu, parait-il, exploit plus étonnant en-
core chez les Yakoutes. Deux années auparavant, la
» compagnie russo-américaine avait envoyé d’Aian chercher à Yakoutsk un certain nombre de chevaux, qui furent confiés aux soins de six indigènes du pays. En chemin, un des chevaux s’étant cassé une jambe dût être
abattu. Le soir, les six Yaioutes s’établirent autour de l'animal tué, et le matin il ne restait plus de celui-ci que ia peau et les os.
Soit dit en passant, les Yakoutes, malgré leurs dispositions douces et pacifiques, sont généralment très cruels envers les animaux. Leur mode favori de tuer un cheval pour le ranger, est de le jeter par terre, de le lier solidement avec des cordes, puis dans cette position de lui ouvrir la poitrine et d’y plonger le bras pour aller comprimer le cœur avec la main jusqu’à ce que mort s’ensuive. [ls prétendent que la viande est alors bien meilleure.
Nourrir les rennes dans de pareils voyages n’est pas toujours chose aisée ; l'animal heureusement à un odorat très subtil; il sent l'herbe ou la mousse à travers deux mètres de neige et creuse avec acharnement jusqu’à ce qu'il ait atteint le sol. Dans tout le massif des montagnes des environs d'Aian pousse une espèce de pin nain appelé par les Russes « kédrovnik », qui n’atteint pas plus d’un mètre et dont les branches noueuses et épaisses s'étendent horizontalement sous la neige. Là où pousse cet arbrisseau, pousse aussi la mousse des rennes. Ce fait, qui jusqu'ici ne paraît avoir été signalé nulle part, peut ne pas être sans utilité pour les futurs explorateurs de ces régions, s’il s’en trouve.
En approchant de la rivière Nimor, la caravane américaine fut informée par l’un des guides, qu’un vieux chasseur tongouse, nommé Ephraïm Caramsin, habitait d'ordinaire sur le cours d'eau et qu’à son campement on pourrait renouveler la provision de viande fraîche. Or trouver cette habilation n’était pas chose facile, ces chasseurs ne restant guère plus de trois jours dans la mêmelocalité; mais Ephraïm était un tueur d'ours renommé, et il n'abattait ou ne capturait pas moins d’une
itour de celui-ci
rs dispoent très e tuer un de le lier sition de jour aller que mort lors bien
n’est pas a un odovers deux it jusqu'à des monce de pin
n’atteint ueuses el neige. Là ousse des té signalé les futurs
ane amérun vieux n, habitait mpement e fraîche.
facile, ces rs dans la d'ours rebins d'une
PE
es
Cr à
Sri
ef
vingtaine de ces animaux par saison, sans parler d'une quantité considérable de renards et d’autres bêtes à fourrure, Ce gibier particulier étant abondant dans l'endroit, il y avait néanmoins chance de se heurter un beau matin à la tente du brave homme. C’est ce qui arriva bientôt en effet.
Le chasseur toutefois était absent; les voyageurs ne trouvèrent au logis qu’une jeune fille de seize à dix-huit
Piège à renard des Tongouses.
ans et un petit garçon, ses enfants. La jeune fille, que, Dieu sait pourquoi, ils baptisèrent Saplo, ne se montra point déconcertée le moins du monde par la présence des étrangers; elle pria ceux-ci d'attendre son père, et continua à faire jouer son frère avec des animaux dé-
à coupés dans de l'écorce de bouleau et représentant des rennes, des ours, des chiens. Ces jouets intriguèrent M. Bush; il en ramassa un et fut fort étonné de l'exacti-
E ii D fi L. He:
: {ll %,) À , ! j È !
(il
Hi
ee = —— RE