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qe John Franklin. En 1849, lors ‘le son premier voyage à
Lil bord du petit navire Plover (le pluvier) qu’il comman-
dait, le lieutenant Hooper fut poussé sur la côte située
à l'extrémité nord-est de cette langue de terre que vient
couper le détroit de Behring, en séparant j'Asie du
continent américain, et forcé d'y séjourner dix mois. M
Cette côte, bien rarement visitée, borde le pays désigné
s'il sur nos cartes par le nom des tribus éparses qui l’ha- 4
IA bitent, Tchoukotzk, Tuskis ou Tchouctchis. Cook fut M
ut le premier qui aborda ce rivage. Bebring vint après |
lui; mais ni l’un ni l’autre ne dépassèrent Tchoutskoï
ou Tuski-Noss. Billings, Novikoff et un ou deux autres PS
| . navigateurs russes ont laissé çà et là quelques notions Bi
HU sur les Tchouctchis. Wrangell et ses compagnons virent Ba
LE des individus de cette peuplade à la foire d'Ostronovie,
mais ils ne purent parvenir à entrer en relation avec eux d’une manière plus intime.
La relation qu’a écrite M. Hooper de son séjour chez A les Tchouctchis (1) comble une lacune dans l’histoire de LL la race humaine. Il nous a paru intéressant de joindre oi ici aux descriptions de M. Bush quelques-uns des renseignements que fournit le livre de l'officier de ia marine anglaise sur ce curieux rameau de la famille mongole.
Le lieutenant Hooper n'avait point à son service de langage pour se faire comprendre des Tchouctchis, et il | dut, dans les premiers temps de son séjour au milieu Al d'eux, converser par signes jusqu’à ce qu'il eût acquis M un certain nombre de mots qui le missent en état de se DA : tirer d'affaire. Néanmoins les résultats obtenus par lui | sont très satisfaisants et faits pour intéresser. La première entrevue qu'il eut avec ces demi-sauvages lui fit
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(1) Ten months among the tents of the Tuski, with Incidents of an Arctic boat expedition in search of Sir J. Franklin, as far as Mackensie River and Cape Bathurst. By Lieut. W. H. Hooper, R. N.
voyage à ommante située que vient ’Asie du ix mois.
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concevoir des idées favorables sur leur honnêteté, en général ; il crut même reconnaître qu'ils avaient un certain scsntiment de l'honneur, impression que les faits postérieurs n’ont point démentie.
« Je fis cette nuit-là, dit M. Hooper, l'essai de la probité de nos amis : un beau jeune homme, nommé Ah-mo-leen, appartenant à une famille qui me plaisait plus que les autres, venait de me vendre son vêtement de dessus fait en peau de renne. Craignant qu'il n’en sen{ît trop cruellement l'absence pendant la nuit, je le lui laissai en lui faisant entendre qu'il me le remettrait le lendemain. Le matin, occupé de mes devoirs à bord, je ne songeais pas à remarquer les préparatifs de départ de mes favoris, quand mon ami Ah-mo-leen (je lui donne de bon cœur ce titre d'ami qu'il mérite) vint me trouver et me rendit avec des signes non équivoques de reconnaissance le vêtement que je lui avais prêté. Ce trait lui acquit mon estime, et je n’eus pas occasion plus tard de revenir sur la bonne opinion que j'avais conçue de sa probité. »
Lors de leur première visite aux habitations des naturels, les Européens furent accueillis avec une cordiale hospitalité ; mais bien qu'on fût alors en novembre, il s’en fallut de bien peu que les malheureux visiteurs ne fussent rôtis, le degré de chaleur de la demeure d’un Tchouctchis étant en raison directe de l'honneur qu'il veut témoigner à ses hôtes. A leur tour, les Tchouctchis vinrent visiter le Plover, disposé alors en casernement pour l'hiver, et se montrèrent tout à fait familiers. On les laissa examiner la salle à manger, entrer de cabine en cabine, manger et boire avec les officiers et les matelots. Ils firent preuve dans toutes ces circonstances d'un excellent naturel, et déployèrent constamment les plus bienveillantes dispositions.
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Les vêtements des Tchouctchis sont, chez les plus riches, fabriqués presque entièrement de peaux de rennes, de faons et de chiens, garnies du poil de la bête, et fort bien apprêtées par ies femmes. Les moins aisés se font des chaussures et des pantalons en peau de phoque. Le pays qu'ils habitent est l’image de la désolation. Des chaînes de collines, la plupart d’origine volcanique, se coupent et s’entre-croisent sans la moindre variété d'aspect. Quelques buissons d’andromédées rabougries, des mousses et des lichens y composent toute la végétation. Les Tchouctchis sont, pour ainsi dire, sans besoins, ils ne vivent que de leur pêche, et voyagent dans des traîneaux attelés de rennes et de chiens de différentes races.
Si le lecteur veut se former une idée d’une famille Tchouctchi, qu'il veuille bien lire les portraits que trace le lieutenant Hooper des personnages avec lesquels il était plus particulièrement en relation.
« Mooldooyah, le chef de la famille, était un homme d'une corpulence énorme et d’une physionomie remarquable. Le plus gros de beaucoup de toute sa tribu, il avait une taille de plus de six pieds anglais (soit 1",80), des membres forts et une corpulence massive qu’augmentait encore une tendance marquée à l'obésité. Sa figure ronde, large et épaisse, avait dû être belle dans son jeune temps, exceptionnellement douée qu’elle était d’un nez droit et long et de sourcils bien marqués. Il avait le front large et bas, le menton lourd et la bouche sensuelle. Comme la plupart des hommes de taille gigantesque, Mooldooyah était d’un tempérament flegmatique, circonstance heureuse pour lui et les autres; car, lorsqu'il se mettait en colère, ce qui lui arrivait rarement, il était terrible, Plus habituellement apathique, indolent, doux de caractère, doué en toute cir-
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LA SIBÉRIE ORJENTALE. 141
constance d’une patience exemplaire, il laissait les autres, et surtout sa femme, dont il était justement épris, faire ce que bon lui semblait, et montrait une grande répugnance à se tenir debout. Ajoutez à cela qu'il mangeait et buvait en proportion de son coffre