‹ La Sibérie orientale et l'Amérique russe [microforme] Octave SachotChapitre 24 sur 45 · HAUTE · texte numérisé non relu

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d’une épidémie de variole ou de choléra qui faisait d'affreux ravages. Les Tchouctchis mouraient très rapidement, et tous les chamans du pays travaillaient nuit et jour à apaiser la colère du grand esprit du mal. Les chiens étaient sacrifiés par bandes, et leur sang rougissait la neige devant chaque habitation. Mais la Mort tenait haut son sceptre et faisait rage. En présence de l'impuissance de leurs charmes, les chamans tinrent une assemblée générale pour décider ce qu'il y avait à faire. La décision fut que le grand esprit demandait encore et toujours du sang, et le sang coula de plus belle; des centaines de rennes tombaient chaque jour sous le couteau des sacrificateurs. Du soir au matin, les campements retentissaient du bruit des tambours et des hurlements des fanatiques. Mais cela ne suffit point encore. La grande tribu se fondait comme la neige au printemps, et il n'allait bientôt plus rester personne pour raconter ses souffrances à la postérité. A cette phase désespérée, les chamans eurent une nouvelle conférence, et après une longue et solennelle délibération ils décidèrent que la mort seule du vieux chef pourrait apaiser le mauvais esprit.

« Cette décision faisant loi, elle tomba comme la foudre au milieu de la tribu. Le vieux chef était aimé de tous, et nombre d'individus s’offraient pour être sacrifiés à sa place; mais les sages docteurs s’en tenaient absolument à leur dernier mot. La tribu alors résolut de se laisser moissonner tout ent'ère par le fléau plutôt que de consentir au prix demandé pour son salut.

« Les choses étant à ce point, le vieux chef, à son tour, assembla son peuple et demanda aux pauvres gens d'accepter sa vie, heureux qu'il était de la donner pour tous; mais il ne se trouva personne qui consentit à lui porter le coup fatal. Alors le vieux chef appela son fils,

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On trouve parmi ces chamans de très habiles jongleurs ; ils font en plein air des tours de leur façon dont il est impossible de découvrir la supercherie. Les plus ordinaires consistent à se couper la langue et à se planter des couteaux dans diverses parties du corps. Les tribus voisines les redoutent comme des êtres surnaturels. Leur réputation en ce genre s'étend jusqu’au sud de l'Amour.

Les Tchouctchis sont une peuplade indépendante et guerrière, la terreur des tribus d'alentour, mais ils ont une’parfaite horreur des armes à feu. Leurs armes offensives se composent de la lance, de l'arc et de la fronde. En fait d'armes défensives, ils portent un double vêtement de peau bourré de sable. Comme les Koraks, ils sont très experts dans les jeux athlétiques, très amateurs, par conséquent, de courses, de sauts, de luttes ; en somme, à part le langage, qui est un peu différent, ils se distinguent peu des premiers.

L'un des voyageurs européens de l’époque actuelle qui ont été le mieux en situation d'observer les Tchouctchis sur leur propre territoire est M. W. H. Hooper, de la marine royale britannique, l’un des courageux explorateurs des mers du pôle, envoyés à la recherche de sir

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