Î LA SIBÉRIE ORIENTALE
dans une région toute différente. Ils vivent de leur * chasse et de quelques articles d'alimentation reçus en échange de fourrures, de traficants russes qu'ils rencontrent anuellement sur un point convenu. Leur territoire s'étend des rives de l'Amour à la ville d'Okhotsk, vers le nord, et jusqu’à la Léna, à l'ouest, quoiqu’en somme ils ne composent pas une bien nombreuse tribu.
L'équitation sur un renne n'est pas, paraît-il, chose absolument réjouissante pour le cavalier. L'équilibre est difficile à garder, à moins d’une longue habitude. « La selle ressemble beaucoup au bât qui se place sur les paules de l’animal destiné au métier de bête de somme; “elle se compose de deux coussinets de peau bourrés de mousse ou de poils, et réunis aux extrémités par 4 deux arcs faits de morceaux de bois de renne choisis à É cet effet avec leur courbe naturelle. L'intervalle est vide pour admettre le libre jeu des épaules de la bête. {Une simple sangle, passée sous le ventre, est chargée
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“pas l'ombre. Lorsqu'on charge le renne ou qu'on le (monte, il faut avoir grand soin que rien du poids ne Éporte sur son dos, qui est très faible. La moindre pres- “sion sur ce point est capable de mettre l'animal hors de “service. La bride, ou licou, est exactement comme le : Ôtre ; il est fait de peau de phoque flexible ou de “lanières tressées de peau de renne.
« Trois semaines environ après leur départ de Nico- 4 ayefsk, les Américains arrivaient en vue de Tougoursk. Cette ville, située à l'embouchure de la rivière du même “om, est une station de pêche de baleiniers appartenant L une compagnie, dont le capitaine Lindholm était nn des principaux membres. La Compagnie envoie en 4 & des canots chasser la baleine au large, et c'est à Jerre que la capture est dépecée; elle occupe habituel-
lerient une soixantaine d'hommes, dont la plupart sont des Yakoutes. La rivière de Tougoursk fut une des premières connues des Russes dans la Sibérie orientale. Ils avaient là cn fortin de bois d'où ils dirigeaient des opérations contre les Chinois du bas Amour. Un certain Khabarof, chef de Cosaques très entreprenant, était à Tougoursk dès 1650. Vers cette époque, le fort fut détruit par des tribus hostiles. Il fut rebâti trois ans plus tard par d’autres Cosaques, poussés vers ces parages par l'espoir de s'enrichir dans le commerce des fourrures, qu'ils savaient y être en abondance et de rare qualité. Les relations des premières expéditions et des découvertes des Cosaques dans cette section sont remplies des aventures audacieuses et des souffrances sans nom des premiers explorateurs. Il était de fréquente occurrence alors que des troupes entières de ces hommes périssent de faim ou fussent massacrées par les indigènes. Le démon du lucre poussa même plus d'une fois ces intrépides pionniers à se faire la guerre entre eux en face de l'ennemi commun.
Après avoir cheminé quelques kilomètres à travers une région nue semée de petits lacs, M. Bush et ses amis arrivèrent tout à coup sur un campement de Tongouses, dont ils suivaient les traces depuis la veille. La pelite caravane se composait de deux hommes et de deux femmes, avec douze rennes. Ces indigènes s’apprêtaient à partir pour Tougoursk. Les hommes étaient jeunes, d’un bien meilleur aspect que les guides de nos voyageurs, et, chose rare, les femmes, avec leur teint olivâtre, leurs joues roses, leurs visages pleins et leurs doux yeux noirs, étaient presque jolies et “bsolument attrayantes comparées aux femmes si sales des Ghiliaks du lac Orell. Un grand charme de leurs personnes, c’est qu’elles venaient de se laver la figure.
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Toutefois les Américains ne purent pas même obtenir d'elles un sourire, tandis que la plus jolie des deux, complètement indifférente aux prévenances des Yankees, se mit immédiatement à lier connaissance avec le guide Constantin, un affreux type tongouse, dont M. Bush donne le portrait dans son livre, en ajoutant au récit de cet épisode cette réflexion peu consolante, qu'il ne faut
Le guide Constantin.
décidément dans aucun pays disputer des couleurs
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Les deux beautés tongouses, proprement habillées “dans leur invariable costume national de peau de renne, Mportaient leurs longs cheveux noirs soigneusement
4 sa et pendants sur les épaules, en deux nattes
épaisses. Elles avaient aux mains de très petites mi-
“Haines de peau de renne et aux oreilles de grands
anneaux d'argent. A califourchon sur leurs rennes, elles
naniaient leurs montures avec beaucoup de dextérité æt de grâce.
| Une déception attendait les voyageurs à Tougoursk :
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la localité avait été abandonnée. Faute de ravitaillement suffisant, les hommes de la compagnie étaient à Mamga, autre station russo-américaine, située à une centaine de kilomètres plus loin sur la côte. Une vieille femme aveugle était seule restée avec son fils dans une petite
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Mamga.
hutte voisine du groupe principal. Elle informa les nouveaux venus que, sur l’autre rive du Tougour, ils 4 trouveraient un employé de la compagnie ayant charge : des vaches de celle-ci. Ces messieurs se rendirent aus- 4 sitôt au point indiqué, et là, ayant su qu’il existait un peu plus loin un village yakoute, où demeurait le
illement M «starasta » tongouse, ou chef du district, ils se remi- , Mamga, “ rent en marche un peu moins inquiets sur l'avenir.
centaine Ils alieignirent assez rapidement le point indiqué; e femme # c'était la première fois que leurs montures avaient bien ne pelité # voulu prendre une allure un peu plus leste que le pas.
Arrivés au village, ils virent aussitôt venir à eux une “ cinquantaine de personnes, hommes, femmes et en- 1 fants, tous se précipitant à l’envi hors de leurs huttes detroncs d'arbres, curieux de contempler les étrangers. Presque tous étaient des Yakoutes, et bien qu'ils portassent le costume des Tongouses, il était aisé de les distinguer de ceux-ci à la régularité de leurs traits et à leur physionomie plus intelligente. Tous ont les pommettes saïillantes des Tartares.
Les Yakoutes habitent le vaste territoire qui s'étend à l’ouest de la ville d’Okhotsk jusqu'au delà de la Léna, sur laquelle est située la ville d’Yakoutsk, d’une popu- © lation de quinze mille habitants environ, la plupart % Yakoutes. Cette ville, fondée en 1632 par les Russes, a toujours été, depuis lors, l’une des plus importantes de la Sibérie orientale. Elle renferme un certain nombre d’édifices intéressants et est le centre d’un grand commerce de fourrures, produit qui se paye en articles d'usage domestique; c’est le principal marché de toute cette section; elle est reliée par des routes postales avec Irkoutsk, capitale de la Sibérie orientale, Colema, + Aian et Okhotsk, et par cette dernière ville avec le Kamtchatka. La plupart des Yakoutes, par suite de informa les leurs fréquents rapports avec les Russes, ont adopté les ougour, ils mœurs, les coutumes, la religion et la langue de leurs yant charge : conquérants. Leur costume leur est propre; c’est un dirent aus- «mélange du costume des basses classes russes et des L'existait un vêtements de peau des tribus moins civilisées. Ils poremeurait le “ent une longue pelisse de drap gris à la mode russe,
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des culottes de peau de renne bien tannée et des « torbassas », ou bottes, aussi de peau de renne épaisse, sans fourrures, et ornementées avec goût. Ces chaussures sont faites pour que le pied y joue à l'aise; le bout de la semelle est retroussé comme le fer d’un patin. Elles montent jusqu’au genou et sont bordées d’une large bande de drap noir ou diversement colorié. Toutes les coutures des vêtements sont également recouvertes d'une bande de ce drap. A la hauteur de la
Femme yakoute.
cheville sont cousues deux lanières destinées à contourner la jambe pour y maintenir plus solidement la tige de la botte. Cet appendice donne à celle-ci un singulier aspect. Les Yakoutes ont de petits pieds et mettent une certaine coquetterie à être bien chaussés.
Ce sont des gens très tranquilles, doux, laborieux et doués d’un grand tart naturel des affaires. On pourrait dire d’eux qu'ils sont les Yankees de la Sibérie. Il n’est pas rare de les rencontrer dans les régions les plus isolées avec leurs longues files de rennes chargés d'articles
s «tor- de toute espèce qu'ils vont échanger chez les tribus noépaisse, ” mades contre des pelleteries.
s chaus- 4 Ils sont assez propres sur leurs personnes et dans leurs aise; le habitations, plus dans tous les cas qu'aucune autre des fer d'un "tribus orientales de la Sibérie; ils sont très enclins à la bordées “ vie d'intérieur. Les chevaux et les vaches sont leurs .colorié. 4 constants compagnons. Les Yakoutes que virent nos
yalement voyageurs auprès de Tougoursk avaient été autrefois eur de la employés par la Compagnie russo-américaine des fourrures à Aian. M. Swart en reconnut plusieurs. La ré- + ception fut des plus cordiales. Parmi eux se trouvait * une charmante petite fille blonde, dont le teint et les cheveux contrastaient singulièrement avec ceux de ses brunes petites compagnes. Cette enfant, née d’un père et d’une mère russes, morts l’un et l’autre, avait été 2 adoptée par les bons Yakoutes.
1 Le starasta tongouse, stimulé par les lettres de l’autorité russe, à lui présentées, aida de son mieux les Américains à se pourvoir de nouveaux rennes, de nouveaux approvisionnements et de nouveaux guides pour leur trajet de Tougoursk à Algasee.
Vassilli et Éoff, les nouveaux guides, étaient plus … jeunes et plus actifs que Michaeloff et Constantin, mais es à con- "ils ne parlaient pas le russe. Le premier, Vassilli, se dement la #! montra d'autant plus empressé à accompagner les elle-ci un 4 étrangers qu'il avait récemment acheté une fiancée du s pieds el côté d'Algasee, et que le voyage lui allait à merveille en chaus- » pour activer ses affaires d'amour. Sa prétendue était la fille d'un des « golovas », ou grands chefs de la tribu, borieux et 44 beauté rare, tarifée au prix exorbitant de quatre-vingts npourrait 4} rennes. Or quatre-vingts rennes sont une fortune dans ie. Il n’est 4 ce pays, où dix ou douze constituent une honnèête ais plus iso- jsance. La rareté de ces animaux fait qu'un renne dressé s d'articles à être monté vaut, dans cette région, de 45 à 60 roubles,
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soit de 180 à 200 francs; le reine de somme vaut 35
” roubles ou 140 francs.
Cette coutume tongouse d'acheter et de vendre les femmes est une meilleure institution qu'il ne le sercblerait tout d’abord. Elle a pour but d'empêcher les jeunes gens de se marier avant d’être en état d’entretenir leurs femmes sur le pied que les parents de cellesci le jugent convenable. En outre, si le futur déplaît, on l’'éconduit très facilement en lui demandant un prix au-dessus de ses moyens,
Le jour du mariage, les parents donnent d'ordinaire à l’'épousée un nombre de rennes égal à celui qui a été payé pour elle, plus une bonne tente de peau de renne et tous les ustensiles de ménage nécessaires à un bon début dans la vie. De la sorte, rien en réalité n’est perdu pour le mari; c’est un simple transfert à sa femme de ce que lui-même a donné. Les filles sont évaluées suivant la fortune et la position des parents. Le prix dans la localité dont il est question allait de un à quatrevingts rennes ; il est vrai qu’on citait des beautés d'ordre inférieur achetées moyennant une pipe de tabac. La cérémonie se fait d'ordinaire suivant le rite russe, sous la présidence d’un prêtre de l'Église grecque, et il n’est pas rare que, pour son accomplissement, les parties intéressées fassent 1,000 ou 1,200 kilomètres à travers le désert.
On était au 15 novembre : le thermomètre marquait 10 degrés Farenheit ( — 12° centigr.) au moment du départ du campement. A cinq kilomètres environ de ce point, la petite caravane suivit la côte dela mer dans la direction ouest. Le surlendemain, malgré la neige et le vent, elle était au pied des monts Arla. La marche
. devenait très difficile, la couche de neige quirecouvrait le sol ayant 75 centimètres d'épaisseur. Tout le pays
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LA SIBÉRIE ORJENTALE.
| 29 vaut 35 " était très boisé de petits mélèzes el de sapins, et sur 4 les bords du Malmazine se montraient bon nombre de ndre les ; saules et de peupliers, dont les branches étaient tellele sem U ment chargées de neige, qu'en certains endroits il falher Îles “ laitles secouer pour se frayer la route. C'est là que le d'entre- “ premier besoin des souliers à neige se fit sentir, et le celles- Û comme on nes’en était pas pourvu d'avance, il fallut se plaît, Su 4 contenter de ceux que le guide Éoff fabriqua sur place. UN PIX M Les chaussures à neige tongouses diffèrent absolument US de celles dont on se sert au Canada. Ce sont, à vrai dire, ordinaire des sabots fort minces, longs de 1,50, larges de 0,25 La a été et recourbés à la poulaine par le bout. On y ajoute une de renne à un bon ‘est perdu femme de luées sui- une prix dans > SAN En PE “À Hu Soulier à neige.
tabac. La
usse, SOUS etil n'est es parties s à travers
o marquait
semelle de peau de phoque, ou de jambe de renne, ou de cheval, avec le poil à l'extérieur, qui les fait glisser facilement en avant et empêche le recul aux montées.
= Yakov, le Cosaque qui depuis Nicolayefsk accompagnait la petite expédition américaine, était fort précieux dans les campements par son habitude de la vie de bi-
oment du 1 vouac et son intelligence du besoin des étrangers. Nul iron de C6 M ne savait plus vite ni mieux que lui allumer un feu, ner dans la dresser une tente, faire le thé, préparer le repas, etc. Il la neige et ") s'était fait d'ailleurs très rapidement aux mets civilisés La marche L. qu'il voyait extraire de temps à autre des boîtes de recouvrail conserves, et il les acceptait de confiance sans jamais ut le pays
faire de questions préalables. Afin d'opposer au froid
une réaction intérieure salutaire, les voyageurs se décidèrent un soir à préparer un peu de moutarde pour la manger avec ieur bœuf bouilli. Le Cosaque, qui n'avait jamais vu ce condiment, manifesta une grande curiosité à son endroit. Il attendait évidemment avec impatience que son tour de manger fût venu pour tâter du nouveau mets. Cette heure n'’arriva, hélas! que trop tôt pour lui. Les Américains dégustaient tranquillement leurs pipes lorsque des hurlements précipités et un grand émoi parmi les Tongouses vinrent les tirer soudain de leurs réflexions. Yakov, étendu sur le sol, la figure dans la neige se fourrait les doigts dans la bouche etsoufflait comme un phoque, tandis que les indigènes poussaient des cris et gambadaient comme des fous. L’explication de cette scène étrange ne fut pas longue à trouver. Chacun, pour avoir sa part de la nouvelle friandise, avait avalé gloutonnement, et sans y goûter d’abord, une large cuillerée de moutarde. Cette dure expérience rendit désormais les pauvres diables fort circonspects sur tous les mets qu'ils ne connaissaient pas.
La neige était devenue si épaisse que es chaussures ad hoc ne servaient plus à g'and'chose. Quant à enfourcher les rennes, il n’y avait pas à y songer. Le plus simple était d'essayer de suivre derrière eux le sentier batiu par leurs pieds. Mais cette tâche es’ plus difñcile qu’elle ne le semblerait. Ces animaux font de très longues enjambées, et lorsqu'ils ont à franchir une couche de neige épaisse, ils emboitent invariablement le pas de l'animal qui marche en tête. Là où il en est passé une troupe, leur route est indiquée par une série continue de trous profonds distants de 75 centimètres environ les uns des autres et n'ayant pas plus de 45 centimètres de diamètre. Il faut alors essayer de passer d'un trou à
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s'allongeant jusqu'à la rivière Ouda, bien loin à l’ouest
… Du côté de la mer, par-dessus la vallée de l’Arla, appa-
raissaient l’île du Coude, des Baleiniers, et le groupe de
À Shantanat, tandis qu’au nord-ouest s’étalait la bai L d Oudskoï, limitée à l'horizon lointain par les hauts 4 dénudés et neigeux des grands monts Stanovoiï L'œi 7 pouvait suivre cette chaîne sur une longueur de .
ME milles (160 kilomètres) le long de la côte ro # dentale de la mer d'Okhotsk. C'était là ces terribles
de Nicolayefsk nous avaient prédit que nous ne J RIONS DEN SEUODE ROUE aventurions dans leurs so ee 1 et inextricäbles labyrinthes. A vrai dire, leur . hs à. et ne paraissait pas fort séduisant. * ral Le sr qu’à 80 kilomètres plus loin Lis M “mb appris 3 uda, ils rencontreraient A A ce
cents habitants, résidence de l'ispravnik (espèce de magistrat russe), pour lequel ils avaient des lettres. Il y à plusieurs anné:s, cette partie de la mer d’Okhotsk était très fréquentée par. les baleiniers américains. Tous les étés, les indigènes et les métis russes de ces parages se réunissaient dans un village nommé Tchimikan, à l’embouchure de l’Ouda, pour y échanger des fourrures, de la viande fraîche, des poissons, etc., avec les navires, contre des spiritueux, du calicot, du tabac.
A propos de cette localité, M. Swartz raconta à ses compagnons une aventure assez émouvante qu'il avait eue trois ans auparavant, alors qu'il était au service de la Compagnie russo-américaine. Il faisait à cette époque un petit trajet le long de la côte avec quelques Tongouses et des rennes. Arrivés à une profonde échancrure du rivage, ils se décidèrent, pour abreger |: chemin, à traverser la baie sur la glace, laquelle, de la plage, s'avançail à plus de 3 kilomètres en mer. Ils avaient déjà parcouru la plus grande partie de la distance et touchaient presque au but, quand its se trouvèrent arrêtés par une étroite bande d’eau libre entre eux et la côte. Espérant trouver un point où aborder, ils revinrent sur leurs pas en suivant le bord de la glace.
Mais, plusils allaient, plus la brèche s’élargissait, et ils:
inirent, à un moment donné, par comprendre l’horrible vérité. Le champ de glace s'était détaché de la côte et les entraînait avec lui vers la pleine mer. Pour ajouter à leur effroi, une forte brise de terre, qui se leva tout à coup, vint accroître la rapidité du mouvement et couvrir les vagues de crêtes blanches. La sitr"tion était d'autant plus alarmante que la glace salée qui les emportait était si désagrégée et si mince, qu'il suffit à Swarlz de deux coups de couteau à gaine pour la tra verser d'outre en outre. À mesure qu'ils s'éloignaient
di