‹ La Sibérie orientale et l'Amérique russe [microforme]Chapitre 19 sur 38 · RS · texte numérisé non relu

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Le cap Barrow.

de l'Amérique russe. Juste au moment où Dease et Simp-

son venaient de quitter le cap Barrow pour retourner sur leurs pas, une expédition envoyée par la Compagnie russo-américaine des fourrures arriva au mème point par l'ouest, et trouva ies indigènes rassemblés en grand nombre pour marcher contre les explorateurs anglais, afin de les massacrer. En se retirant sans tenter d’avancer plus loin, ceux-ci avaient échappé à un danger dont ils ne se doutaient pas. Les Russes, étant peu nombreux, battirent en retraite à la hâte, et, de la sorte, le cap Barrow, ou, comme on l'appelle encore, la pointe

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Barrow, resta l’ultima Thule de l'exploration sur la côte nord.

À dater de la découverte première de la côte, les explorations russes ne se ralentirent pas. Le gouvernement encourage les expéditions à la recherche d'un passage nord-est vers l'Atlantique. En même temps, des explorateurs particuliers étudièrent la côte et les nombreuses iles qui la masquaient, En 1785, une expédition commerciale suivit Ja ligne des iles Aléoutiennes et la côte jusqu’au 66° parallèle. Elle trouva les côtes très-rocheuses, regorgeant d’otaries, et l'intérieur des terres plein de renards, Une colonie fut établie sur l’île de Kodiak, et un commerce de fourrures ouvert avec le continent asiatique. D’autres explorations au nord et au sud donnèrent les mêmes résultats et ouvrirent un vaste champ aux chasseurs de fourrures.

En 1799, l’empereur Paul autorisa ces diverses compagnies à se fusionner en une seule, sous le nom de Compaquie russo-américaine des fourrures, et donna à celle-ci la mission d'occuper et de soumettre à la Russie tout le territoire au nord du 59° degré, non encore occupé ni revendiqué par d'autres nations, avee le privilége exelusif de la chasse et du commerce sur ce territoire. De cette facon, une chaine de postes de commerce et de forts fut établie du canal de Dixon au golfe de Norton. Le quartier général de la Compagnie fut, dans la suite, transporté de l'ile de Kodiak à l'ile de Sitka, à 17 degrés plus à l’est, où fut formé un établissement considérable de Russes, d'Aléoutiens et d’indigènes.

Les opérations commerciales de la Compagnie se bornèrent principalement aux iles qui bordent la côte et au rivage de la terre ferme. Une haute chaine de montagnes

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descend à la mer à partir du canal de Dixon jusqu'au cap Spencer; les Russes ne pénétrérent point au delà. En arrière, le pays était exploité par la Compagnie de la baie d'Hudson, et la question de savoir jusqu'où s’étendaient les droits de chaque Compagnie demeura longtemps indé cise. Les traités de 1824 et 1825 confirmèrent les Russes dans la possession de toute la péninsule nord-ouest, à l'ouest du 1#1° long. 0. (Gr.), ainsi que d’une étroite bande de rivage descendant jusqu’à l’Entrée de l'Observatoire avec toutes lesiles de la côte. Une concession à bail de la côte, du cap Spencer à la frontière sud, fut accordée à la Compagnie de la baie d'Hudson pour les besoins de ses chasses et de son commerce.

Lesexpéditions successives, scientifiques etcommercia-les, sur la côte, en avaient fait connaitre parfaitement la configuration générale et les traits particuliers ; les rivages déserts de la mer de Behring eux-mêmes étaient devenus familiers aux navigateurs et aux chasseurs russes. De l'intérieur de la grande péninsule qui formait la principale possession russe sur le continent américain, on ne savait que fort peu de chose. Dans les premiers temps de la Compagnie des fourrures, les commerçants de Kodiak entendirent vaguement parler d’une grande rivière qui prenait sa source dans les montagnes Rocheuses, et qui, après avoir traversé un vaste Lerritoire inconnu, se jetail dans la mer de Behring. En 1819, le gouv'"nement russe obtint une description de la baie de Bristol, où un poste de commerce avait été établi à l'embouchure de la rivière Nouchagak, ainsi que de la mer de Behring, à partir de 1a baie, dans la direction du nord, jusqu’au cap Romanzoff. On apprit de la sorte l'existence d’une large rivière, a Kouskokwime, qui se jetait dans la mer à moitié che-

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En 1829, le lieutenant Nasilef explora la Kouskokwime sur une courte distance, dans le but de découvrir quel lien existait entre cette rivière et le Nouchagak, Le résullat de cette exploration fut l'établissement d’un poste commercial, le fort Kolmakoff, sur la Kouskokwime, à environ deux cent quarante kilomètres de son embouchure, entre ce poste et le fort Alexandre sur la baie de Bristol, où une communication fut entretenue au moyen d’une série de rivières et de portages. On appelle portage, en Amérique, un espace compris entre deux cours d’eau navigables et où l’on porte son ‘canot d'une rivière à l’autre. Ce mot est d’origine franco-canadienne.

En 1855, le gouverneur Wrangel choisit l’île de Saint- Michel dans le golfe de Norton, pour site d’un fort et d'un poste de commerce. Des relations furent ouvertes avec les indigènes de la terre ferme, et l’on obtint des renseignements plus détaillés sur l'existence de la large rivière du Kvihpak ou Kwichpak, sur laquelle on avait une foule de rapports obscurs. Cette rivière, comme on le verra plus loin, est la même que l’Youkon. Le premier nom paraît se donner plus particulièrement à la partie inférieure de son cours. Jusqu'à présent les cartes, mème les plus récentes, ont fait à tort deux cours d’eau différents de l'Youkon et du Kvihpak, le premier prenant sa source dans l'Amérique anglaise etse jetant, par la rivière Colville, dans l'océan Glacial; le second prenant sa source vers le centre des possessions russes et se jetant dans la mer de Behring, dans la partie sud du golfe de Norton. Nous croyons devoir signaler cetteerreur aux lecteursqui

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