‹ La Sibérie orientale et l'Amérique russe [microforme]Chapitre 18 sur 38 · A LOUER · texte numérisé non relu

A LOUER

Puis trois hourras furent poussés en l'honneur de ce triste coin du monde, auquel, cependant, on avait fini

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LA SIBÉRIE ORIENTALE. 205 par s'attacher; et, après un dernier regard d'adieu aux deux tombeaux élevés sur le rivage, les énergiques enfants de la jeune Amérique montèrent à bord dela Clara-Bel}, les veux désormais tournés vers la patrie.

Passons avee eux le détroit, et voyons ce que devenait, sur la rive américaine, l’autre partie de l'expédition char-uée, sous les ordres de Kennicot, d'étudier le tracé télégraphique à travers les territoires tout aussi sauvages et bien souvent presque aussi désolés de l'Amérique russe.

Tout d’abord jetons un regard sur l'ensemble de cette région, et suivons-en l’histoire depuis l’époque de sa dé- ‘couverte,

Dans le cours de l'été 1744, le navigateur danois Vital Behring, digne descendant de ces hardis marins qui sillonnaient les mers à la recherche de terres nouvelles à piller ou à conquérir, partit de la côte du Kamtchatka, chargé par la Russie d’un voyage de découverte.

Quittant la baie d’Avatcha, où est aujourd’hui située là ville de Petropaulovski, Behring se dirigea vers le sudest, en inclinant jusqu'au 46° degré de latitude nord ; puis, ne trouvant pas de terres, il remonta vers le nordest. Le 18 juillet, il aperçgut une côte montagneuse derrière laquelle s’élevaient de hauts sommets blanchis de neiges perpétuelles. Cette terre était celle qui porte aujourd’hui le nom d° Amérique russe. Le point où Behring se trouvait alors devait être par 9ù degrés et demi de laüitude nord, et les hautes montagnes qui se montraient à lui étaient probablement le mont Fairweather (Beau- Temps) et les pics voisins.

En marchant vers le nord, Behring remarqua bientôt

que la côte prenait une direction occidentale ; il la borda longtemps sans s’arrèter pour lexplorer. Son bâtiment avait eu de graves avaries pendant sa longue croisière, son équipage était malade et découragé; en conséquence, àu lieu de pousser dans le passage découvert, il vira de bord en longeant la longue série d'îles qui, comme autant de pierres à nasser les torrents, forment une espèce de chaine entre les deux continents, et vint périr avec ses

Entrée de la Baie d’Avatcha.

compagnons sur celle qui est le plus rapprochée de la côte du Kamtehateka, Il avait accompli sa tâche en ajoutant un nouveau territoire à l'empire russe.

En 1775, le capitaine espagnol de la Bodega, croisant dans le Pacitique, le long de la côte américaine, en vue d’ajouter de nouvelles terres aux possessions espagnoles du nouveau monde, atteignit le d8° degré de latitude nord, probablement dans le voisinage de Sitka. Conformément

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à sa politique, en fait de découvertes américaines, le gouvernement espagnol tint secret le voyage de la Bodega; ii n'en fit mention que plusieurs années après, quand des contestations s’élevèrent sur les titres à la possession de la côte.

Trois ans après, l'aventureux navigateur anglais Cook, ayant doublé la pointe la plus méridionale du continent américain, entreprit de revenir en Angleterre en contournant son extrémité septentrionale, et de résoudre ainsi, en se dirigeant vers le nord-est, la fameuse question du passage au nord-ouest. Bordant de près la côte, il découvrit une profonde échancrure, aujourd'hui connue sous le nom d'Entrée de Cook, qu'il espérait devoir être le passage cherché. Avant reconnu son erreur, il prit le chemin de Bebring en côtoyant la presqu'ile Aliaska, puis il franchit la chaine des îles Aléoutiennes, et, remontant le détroit de Behring, il longea la côte sep-

tentrionale du continent américain, lorsqu'il fut arrêté à 161° 46’ ouest (Gr.) par une impénétrable barrière de glaces s'étendant au nord, à partir du cap des Glaces.

LE

C'était le 18 août. Pendant onze jours, Cook: chercha vainement un passage à travers ce champ de glaces, et, n'y parvenant point, il revint à regret sur ses pas, pour trouver la mort, comme son prédécesseur danois, en exécutant son voyage de retour.

En 1826, le capitaine Beechey, envoyé par le gouvernement britannique à la rencontre de sir John Franklin, prit le détroit de Behring et atteignit, à cent vingt-six milles' au nord-est au delà du point touché par Cook, le cap Barrow, où il fut arrêté par les glaces. En même

1 Rappelons que le mille marin représente 1851 mètres.

temps, sir John Franklin, naviguant à l’ouest de la rivière Mackensie, poussait jusqu'au 148° degré 52" 0. (Gr..), c'est-à-dire jusqu’à un point situé à environ 7 degrés el demi de celui qu’atteignait Beechey dans la direction de l’ouest.

En 1857, Dease et Simpson, tous deux officiers de là Compagnie de la baie d'Hudson, atteignirent le cap Barrow par l'est, et complétèrent ainsi Pexploration de la côle

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