‹ La Sibérie orientale et l'Amérique russe [microforme]Chapitre 21 sur 38 · PES · texte numérisé non relu

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l'expédition fut arrêtée par un obstacle sérieux ; un banc de sable traversait le cours de la rivière. Les naturels transportent d'ordinaire leurs canots de l'autre côté : mais le banc était pour le moment recouvert par Peau. La rapidité du courant fit qu’on ne put le franchir à force de rames. La nature du chenal, d’ailleurs, augmentait les difficultés : trop peu profond en certains endroits, il était sur d’autres encombré de rocheset de troncs d'arbres. Après quatre heures de lutte, les voyageurs durent renoncer à vaincre le courant. D'un autre côté, pour porter le canot afin de tourner l'obstacle, il eût fallu s'ouvrir une route de plus de cinq kilomètres à travers une impénétrable forèt; l’entreprise était au-dessus des forces de l'expédition. On dut done, à regret, retourner en arrière. Sept jours suflirent aux voyageurs pour redescendre la rivière jusqu'à Nulato. La largeur du Kvihpak, sur le parcours exploré, mesuraiten moyenne seizecents mètres environ.

Dans l'automne de 1845, l'expédition descendit le Kvihpak jusqu’à Ikagmout, poste de commerce, situé à trois cents kilomètres au-dessous de Nulaio. La rivière fut trouvée navigable pour les canots entre ces deux points. Les eaux étaient boueuses et le courant rapide en maint endroit. La largeur moyenne était de deux mille quatre cents mètres, la profondeur variant d’une à dix brasses. La rive gauche était basse, semée de collines dans la distance : la rive droite, élevée, atteignait presque parfois la hauteur de vraies montagnes. Le pays était bien boisé. « À quinze milles d’Anvika, dit Zagoyskin, le sol, sur la rive droite, change de nature : de sable il se fait argile ; il est gercé dans certains endroits, J'ai vu de la terre parfaitement pure de différentes couleurs : rouge, jaune,

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blanche, avec toutes les gradations intermédiaires. Ces lerrains, Je crois, contiennent du plomb, » Sur un point, là rivière contourne la base d’un groupe de mon-

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lagnes coniques de six cent mètres de hauteur, près desquelles est un volcan isolé de la même élévation à peu près. Presque tous les cours d’eaux tributaires sont

situés sur la rive gauche ; un grand nombre abondent en castors.

Le à novembre, le Kvihpak était pris par la glace. Quelques jours plus tard, les indigènes couraient en foule à la rivière pour faire provision de petites lamproies grasses, qu’on pêche en grand nombre dès que la rivière est gelée; ils y restèrent une quinzaine de jours. Pour les habitants des bords du Kvihpak, ce poisson est ce que le whitebait est pour les Londiniens, les premières aloses pour les New-Yorkais, le goujon pour les Parisiens.

Dès que la glace fut assez forte, le lieutenant Zagovyskin quitta Ikagmout et remonta la rivière en traineau, voyageant tantôt sur la glace, tantôt sur la neige, jus ;u’au village de Paymout, avec l'intention de traverser les monlagnes pour aller à la rivière Kouskokwime, qui, vers le 160° méridien, s'approche du Kvihpak, avant que celuiei incline vers le nord et qu’elle-même prenne la direction de l'est,

Remontant la rivière Nallik, cours d’eau de cent et quelques mètres de large, qui se jette dans le Kvihpak en venant du sud-est, l'explorateur russe descendit bientôt vers le sud par un c'iemin qui, traversant une piaine marécageuse, conduisait à la montagne de Tamatoulit, située sur la rive droite de la Kouskokwime qu'elle domiinait de sept cent cinquante mètres. Laissant la montagne d’un côté, la route traversait un lac, entrait dans un maruis couvert de broussailles et, après avoir franchi de nombreux ruisseaux, arrivait, par des terrains plus élevés, au bord de la rivière. L'expédition suivit le cours de |” Kouskokwime jusqu’au fort Kolmakoff, poste de con. merce fortilié, situé par 61° 54 lat. N. et 158° 37’ long. 0.

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La Kouskokwime est plus petite que le Kvihpak, et pendant deux cent cinquante ou trois cents kilomètres, à partir de son embouchure, sa largeur varie de deux cents à cinq cent quarante mètres. Les situosités pleines d'iles de cette rivière lui don”ent un aspect plus pittoresque que le Kvihpak, dont le cours a souvent de la monotonie. Les roches de la rive droite différaient de celles de la même rive du Kvihpak, et, sur beaucoup de points, le lieutenant Zagoyskin trouva du mica. La rive gauche est couverte de grands sapins, et parallèlement au cours de la rivière est une chaine de montagnes de six cents mètres de hauteur, qui sépare les eaux de la Kouskokwime de celles du Nouchagak qui se jetts dans la baie de Bristol. Entre le fort Kolmakoff et 1£ fort Alexandre, sur la baie de Bristol, la communication se fait par une série de rivières, de lacs et de portages.

L'hiver se passa à explorer le pays très-arrosé situé entre la Kouskokwime et Le Kvihpak, et à étudier la partie inférieure du Chagelouk, un des plus grands affluents du Kvihpak, qui coule presque parallèlement à cette rivière sur une certaine distance et s’y jette près du 62° degré de latitude nord et du 160° longitude ouest.

Lo 1 mai 1844, la glace de la Kouskokwime commenc:

‘ rompre ; le 9, la rivière était parfaitement libre. Le it, l'expédition se mit à remonter la rivière en canot de peaux ue phoque. La Kouskokwime avait de deux cents à six cent trente mètres de largeur au-dessus du fort de Kolmakoff; des barres de sable, larges quelauelois de deux kilomètres et demi, s’y montraient de temps en temps. Pendant cent soixante kilomètres environ, elle coule entre des murailles de rochers de cent à cent cinquante mètres de hauteur, couverts d’une épaisse forêt.

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