ARR
ns
l'hermine, la zibeline, la martre, les renards noirs, blancs et d'autres variétés ; les marmottes grandes et petites, les écureuils (dont une variélé rouge très-remarquable), les lynx, les loups, les ours noirs, gris, blancs, les rats musqués (d’une espèce différente de celles des latitudes moins élevées), le renne et, au nord de l’Youkon, l'élan.
Mais, si grands que soient le nombre et la variété de ces animaux, la gent'emplumée est encore, sous ce rapport, infiniment plus remarquable. La région qui s'étend entre
liège à hermine.
les montagnes Rocheuses et la mer de Behring est le lieu de couvée de myriades d'oiseaux qui visitent les latitudes inférieures pendant une partie de l’année. La colonne ailée qui s'avance sur le versant oriental des montagnes Rocheuses, venant de la côte de l'Atlantique et du golfe du Mexique, et la colonne qui s’avance sur sa face oceidentale et la Sierra Nevada, venant des latitudes plus basses de l'océan Pacifique, se rencontrent sur ce point, se nourrissent des baies qui couvrent le sol à profusion, élèvent leurs couvées et repartent à la fin de l’été pour leur voyage du Sud.
La nourriture des troupes d’oies, dé canards et autres oiseaux qui adoptent ces parages pour s’y reproduire, est surtout la baie de la petite airelle des Alpes, fruit plus
nie
cen par flu
plu sais de 1
A par lier
lances s, les ), les
rats ititukon,
le ces port, entre
e lieu tudes lonne gnes golfe occiplus oint, sion, pour
utres 'e, est t plus
L'AMÉRIQUE RUSSE. 207 petit que celui de lairelle ordinaire, et moins agréable au goût jusqu'à ce qu'il ait été un peu gelé, moment où il devient délicieux ; la baie de l’airelle des marais, trèsprisée des ours et des oies, et qui mürit là à merveille, mieux même que sous des latitudes plus méridionales ; la Baie de l’empetrum ; la baie du saumon, espèce de grosse framboise jaune, mais sans goût, et une baie noire qui pousse en grandes quantités sur une petite mousse.
Vers le milieu d'avril, les visiteurs emplumés commencent à arriver, Le bruant de neige vient le premier, suivi par l'orfraie, le gerfaut, l’aigle et le goëland. Puis affluent les oies de toutes les variétés, les canards et les cygnes. Les oies noires et blanches ne s'arrêtent qu’à la mer Glaciale; les autres s’établissent sur les rivières et les marais de l’intérieur. À mesure que l’été approche, d'autres oiseaux arrivent et se mettent immédiatement à faire leurs nids et à élever leurs couvées. Les diverses variétés de pinsons, le rouge-gorge d'Amérique, le jaco jaune, le bec-fin noir et jaune, le bruant des arbres ct de nombreuses autres espèces de petits oiseaux animent les bois durant les mois d'été, et tombent sous le bec et la serre d’une infinie variété de faucons. Les hirondelles viennent aussi en grand nombre, s'arrêtent quelque temps et repartent de bonne heure en août. Le bruant de neige, en arrivant du Sud, arbore des couleurs plus vives et chante mélodieusement tout le long de la saison, bien que pauvre musicien lorsqu'il vit au milieu de nous.
Nous avons parlé plus haut de la découverte faite par Kennicott, dans le voisinage du fort Youkon, du lieu de couvée du canard cunvas-back, jusque-là un
Ml i ! À
EL, | ff ! | | | Ù |, je | | | 1 | à + i n | | | Ho | ME 0 ah k | W À y | OR | 1 |
yes
ER
ES SR «8 Gr x
mystère pour les naturalistes. Sur le bord d'un lac marécageux ayant une profondeur de trente-cinq à cinquante centimètres d’eau, ces oiseaux avaient établi bord des plates-formes de jonc et là-dessus déposé leurs noui œufs. Le lieutenant Pease rapporte, d’après les indi- Il gènes, que les marais des bords de l'Youkon, pendant que des centaines de kilomètres, servent de lieux de couvte terri à ces canards.
Tousles oiseaux s’engraissent rapidementavec les baies si abondantes de l’intérieur. Les oies surtout deviennent tellement grasses que, pendant la mue, elles peuvent à peine voler et qu'elles tombent sous les bâtons des enfants indiens, qui s’engraissent bientôt autant qu’elles. C'est une saison de festins, des montagnes Rocheuses au détroit de Behring, du nord du Pacifique à l'océan Glacial.
Aux premiers symptômes d'hiver, les oiseaux d'été prennent leur vol, ceux des versants de l'Atlantique comme ceux des versants du Pacifique, chacun dans la bonne direction avec un infaillible instinct, laissant le ptarmigan, l'oiseau des sapins, le chickadi et l'oiseau rouge se tenir mutuellement compagnie durant les longs mois d'hiver. Avec les premières neiges arrivent les visiteurs d'hiver, les hiboux arctiques et un grand faucon blanc, en quête d’un abri contre le froid plus intense de la région polaire.
Si les animaux terrestres, les poissons et les oiseaux foisonnent, il ne manque pas non plus d'insectes, Les moustiques sont plus abondants qu'agréables, et servent de pâture aux hirondelles et aux autres oiseaux qui s’assemblent là pour leur faire la chasse. Les insectes à élytres, les coléoptères de diverses espèces sont nombreux.
> PET er
Ù it
cin- “tabli leurs indiidant ouvée
baies inent ‘ent à \fants C'est fs au DEAN
d'été tique ns la nt le seau it les ivent and 1$ in
SCAUX ,. Les rvent \ qui tes à 'eUX.
MM, Pease et Kennicott ont remarqué plusieurs variétés de papillons sur les fleurs qui émaillent les prairies et le bord des rivières. On n’a rencontré ni serpents ni grenouilles sur le parcours de l'Youkon.
I n’y a pas à douter de la richesse minérale de l’Amérique russe, La chaine côtière de montagnes qui forme le territoire occupé, du 50° 40’ latitude nord au 60° degré,
Oiseaux arctiques.
est la continuation de la chaîne de la Sierra Nevada, qui recèle les mines d'argent et d’or du Nevada, de la Californie et de la Colombie anglaise. Sur la Stikine, l'or a déjà été découvert et des mineurs sont à l’œuvre. La même formation s'étend vers l'Asie par la presqu'ile Aliaska, et envoie une ramification dans la direction de l'océan Glacial. Des indications aurifères ontété constatées aussi dans les cours d’eau du nord de la péninsule, On sait que le cuivre existe à l’état natif, comme au lac Supérieur, sur
260 L'MÉRIQUE RUSSE,
la rivière du Cuivre et différents points de la côte du Pacifique. Le lieutenant Pease a rencontré une roche cuprifère au cap Romanzoff, sur la mer de Behring. Des indications de plomb ont été découvertes par Zagoyskin dans le bassin inférieur du Kvihpak ou Youkon. Le fer à été trouvé sur plusieurs points de la côte du Pacifique et exploité par les Russes.
On sait que la houille existe en vastes dépôts sur la côte septentrionale. Les naturels rapportent qu’on en voit aussi sur divers points de l’intérieur. En descendant le cours du Kvihpak, à deux journées au-dessous de Nulato, ‘es naturels ont montré sur la droite au lieutenant Pease une colline où, disaient-ils, on trouvait de la houille ; ils ajoutaient que ce dépôt avait été exploité sur une petite étendue par les indigènes pour leurs besoins. A l'ile d'Ounga, à l’ouest du groupe de Kodiak, on voit à nu sur le flanc d’une colline une veine de houille de qualité inférieure, de trente-cinq à quaraute centimètres d'épaisseur, que les Russes ont exploitée sur une étendue rest, cinte. Dans ce rième groupe de Kodiak, on a découvert et exploité du charbon de terre de meilleure qualité.
Le climat de la côte du Pacifique est beaucoup plus tempéré que celui des mêmes latitudes sur la côte de l'Atlantique. Les observations du baron Wrangel à Sitka, pendant une période de dix années, ont donné une miuoyenne de 46°, 4 F. (soit un peu plus de + 7 degrés centigrades). Cette température par 974 latitude nord est de 4 degrés F. plus chaude que celle de Poriland, État du Maine, par 45° 40’ latitude nord, et, de 6 degrés plus chaude que celle de Québec, par 46° 49 latitude nord. Hulouk, sur la presqu'ile Aliaska, par
54° 09, de \ 4 de lac
A l'an en € tire pou et d cell che nav pon par ùn pre ent golf du | vets l'in con siss
la mo kile pré net
du Pacupries inroyskin e fer a ique et
sur la en voit dant le Nulato, t Pease Ile ; ils > petite A l'ile tà nu le quamètres e éten- , On à illeure
ip plus ôte de angel à donné Jatielle de rd, et, par 46° à, pur
53° 52’ latitude nord, a une température moyenne de 39°,7 F. (soit + 3°,90 centigrades), la même que celle de Williamstown (Vt), par 447 latitude nord, et, de 4 degrés F. plus chaude que celle de Copper Harbour, lac Supérieur.
À Sitka, il pleut, dit-on, à peu près tous les jours de l’année. Le port est toujours libre et il n’y a pas de glace en quantité suffisante pour les besoins des habitants. On tire de la presqu'ile Aliaska une glace claire et solide pour les marchés de la côte du Pacifique. A l’île de Sitka et dans les autres iles du groupe, les vallées donnent d’excellent fourrage pour les animaux, et les colons y ont des chevaux et des vaches. Les légumes, — pommes de terre, navets, choux, radis, — y viennent à merveille. Les pommes de terre se récoltent aussi à l’Entrée de Cook, par 61 degrés latitude nord, quoiqu’elles n’arrivent point à maturité au Kamtchatka, à 10 degrés plus au sud, preuve évidente de la grande différence de la température entre la côte est et la côte ouest. À Saint-Michel, dans le golfe de Norton, par 65° 28 latitude nord, les habitants du poste cultivent un petit jardin où ils récoltent des navets et des radis. L'expérience n’a pas été tentée dans l’intérieur, mais comme le pays abonde en racimes comestibles, il n° a pas de raison pour qu’elle n’y réussisse pas.
L: température baisse à mesure qu’on s'éloigne de la côte : La température moyenne de l’année, à Ikagmout, sur l’Youkon inférieur, par 61° 47’ lat. N. et 161 14 long. O. (Gr.), à environ deux cent quarante kilomètres de la côte, était de 24,97 F, (soit à peu près -- 4 50° centigrades). Au fort Youkon, à environ neuf cent soixante-cinq kilomètres en ligne droite de
la mer de Behring, la température moyenne annuelle était de 16°,92 F. (soit — 9 degrés centigrades), par 64 degrés lat. N. À Ikagmout, le mercure à gelé plusieurs années en février et en mars. Le résultat moyen de dix années d'observation indique que la glace se forme, sur le Kvihpak, le 14 novembre et se rompt le 95 mai, la rivière devenant libre le 2 juin. La période moyenne, pendant laquelle la rivière reste prise, est de deux cents jours.
En beaucoup d’endroits, sinon sur toute la terre ferme, on trouve la glace de terre à diverses profondeurs. En hiver, le sol se gèle de façon à acquérir une grande dureté; l’été, il dégèle à une profondeur variant de quelques centimètres à un mètre et plus; au-dessous est une couche de sous-sol épaisse, qui reste constamment gelée. Zagoyskin rapporte qu’en creusant un puits, à Saint-Michel, on trouva des eouches alternées de glace de terre et d'argile grasse. Le lieutenant Pease, de son côté, raconte qu'avant creusé le sol, à Saint- Michel, en août, il rencontra la glace de terre à soixantequinze centimètres de profondeur. À Ikagmout, Zagoyskin rapporte que le sol ne dégelait que sur une profondeur de dix-sept centimètres. En explorant un tracé pour la ligne télégraphique de l'Amérique russe par 96° lat. N. et 126° long. O., le major Pope a trouvé la glace de terre, toute l’année, à deux mètres ou deux mètres cinquante centimètres au-dessous de la surface du sol, laquelle surface gèle, ordinairement, l'hiver, sur une profondeur de soixante centimétres, laissant une couche intermédiaire de sol non gelé, ayant d’un mètre vingt centimêtres à un mètre quatre-vingt centimètres d’épaissenr.
se
pa
pla ch de la
sid
nuelle ), par lé plumoyen ace se mpt le ériode est de
ferme, rs. En de du-
quelus est mment puits, ées de Pease, Saintixantet, fa.
ur une ant un russe trouvé u deux surface ‘hiver, aissant t d’un centi-
La glace de terre n’empèche pas la végétation de se développer. Les racines des arbres ne la pénètrent
pas; elles s'étendent en largeur comme sur une roche
plate. Dans le sol gelé du golfe de Kotzebue, aux bouches du Kvihpak et dans la baie de Bristol, on rencontre de grands dépôts d'ivoire fossile, semblable à celui de la Sibérie, et il se fait de cet article un commerce considérable.
L'Amérique russe compte une population de cinq à
Russe de la côte du Pacifique.
six mille Russes, établis, pour la plupart, sur les iles de la côte du Pacifique, et cinquante à soixante: mille Esquimaux et Indiens. Les indigènes se divisent en tribus nombreuses, différant extrêmement dans leurs coutumes et leurs traditions. Les Esquimaux occupent la côte et le cours inférieur des rivières avant leurs embouchures dans la mer de Behring. Très-différents les uns des autres sous beaucoup de rapports, ils différent plus encore, pris ensemble, des Esquimaux des
régions arctiques, situées à l’est des anciennes possessions russes américaines. [ls vivent de pèche et de chasse. |
Les naturels de l’intérieur, désignés par Richardson sous le nom de Kutchins et connus de ceux de la côte sous celui de Koh-Youkons et sous d’autres encore, sont une race totalement différente, s’habillant plutôt comme les Indiens des latitudes moins élevées, avec un pardessus de fourrure pour l'hiver, ornant leur personne de verroteries, aui constituent leur richesse, et bâtissant leurs habitations d'hiver à ia surface du sol, au lieu de les enterrer à moitié, comme tont les Esquimaux. Ils vivent de chasse, et, à l’occasion, trafiquent avec le comptoir britannique du fort Youkon, et, par les Ingaliks, avec les indigènes de la côte et les Russes. Ennemis des Russes, ils ont plusieurs fois surpris leurs postes et ma: sacré les habitants. Pour cette raison, les Russes n'ont pas pénétré loin dans l’intérieur. Les Américains de l’expédition télégraphique n’ont pas éprouvé de difficultés dans leurs rapports avec eux, °i le lieutenant Pease dit avoir laissé beaucoup d'amis et parmi les Esquimaux et parmi les Indiens.
D’autres tribus vivent sur la côte du Pacifique ct les îles. Gelles qui habitent Kodiak et le groupe des Aléoutiennes sont alliées aux Esquimaux de la mer de Behring. Les indigènes du groupe de Sitka et de la côte, les Tehilkats, sont évidemment, par le langage et les coutumes, de la familie des tribus du haut Youkon. Leur long contact avec les colons blancs et les marins qui visitent la côte les a dégradés et débauchés. Les hommes sont à moitié les esclaves des Russes. Ils travaillent pour ceux-ci, moyennant un salaire no-
tien et | Aux acc que terr
A l’Ar sar pou de
nan
poset de
rdson \ côte , Sont mme rdesne de issant eu de Ils vi- >ompaliks, is des | mA n'ont e l’excultés se dit ux et
1e et e des er de de la igage Yout les ‘bausses.
| no-
minal de quelques sous par jour. Les femmes sont trèsdissolues.
Par traité signé en 1867, toutes les possessions russes de l'Amérique du Nord ont été cédées aux États-Unis, moyennant un payement en or de 7,200,000 dollars ou environ 48,600,000 francs, la cession comprenant les îles de la mer de Behring, aiasi que toutes les Aléou-
Indigènes des Iles Aléoutiennes.
tiennes, et ne laissant à la Russie que l’île de Behring et l’ile de Cuivre, en face de la côte du Kamtchatka. Aux termes du traité, toutes les franchises, tous les baux accordés à des compagnies ou à des individus, de quelque nation qu'ils soient, prennent fin par le transfert du territoire.
Nous avons signalé plus haut la richesse connue de l'Amérique russe en pêcheries, en fourrures, en bois, et sa richesse minérale probable. A ce qui a été dit déjà, nous pouvons ajouter l'opinion exprimée dans la Climatologie de Blodgett des districts nord-ouest : « [l est très-surprenant, lit-on dans cet ouvrage, qu'on sache si peu de chose
des grandes iles et de la longue ligne de côte s'étendant du golfe Puget à Sitka, vastes comme doivent l’être leurs ressources mêmes, au point de vue du commerce par le Pacifique, indépendamment de leur immense valeur intrinsèque, Toute la ligne côtière de la région que baigne le Pacifique septentrional possède de magnifiques positions maritimes, et aucune contrée d'Europe ne surpasse ce pays sous le rapport des avantages de l'égalité du elimat, de la fertilité du sol et de l'accessibilité commerciale de la côte. Le versant occidental du système des montagnes Rocheuses peut être compris comme faisant partie de cette région maritime; il embrasse une immense superficie, qui s'étend en hauteur du 45° au 66° degré, et qui comprend 5 degrés de largeur. La surface cultivable de cette contrée ne saurait être estimée à beaucoup moins de frois cent mille milles carrés. »
La plus grande portion de cet important territoire sur la terre ferme appartient à la Grande-Bretagne; mais la côte britannique n’a guère que six cent cinquante kilomètres de longueur, Les Anglais, pour se procurer un plus vaste débouché sur le Pacifique, avaient loué aux Russes la bande du territoire côtier appartenant à ceuxei, qui remonte au nord jusqu'au détroit de la Groix. Sir George Simpson, qui, comme gouverneur général des territoires de la Compagnie de la baie d'Hudson, avai visité la côte jusqu’à ce point, parlait de cette location avec une satisfaction non déguisée, « Cette bande, écrivait-il, en l'absence d’un arrangement pareil à celui qui vient d'être expliqué, rend l'intérieur comparativement inutile à l'Angleterre. »
Le traité russo-américain de 1867 à mis fin à l’arransement en question.
idant leurs ar le r'inaigne posipasse u cli-
isant * imu 60° irface beau-
€ sur ais la kilo- VO un 6 aux ceux- Croix.
al des avant ation écriai qui vement
Plan -
Il n’est pas probable que les États-Unis consentent facilement à le renouer ; leur plus vif désir, comme leur intérêt, serait, au contraire, d'obtenir de l'Angleterre la cession de la ligne de côtes qui les séparent de leur acquisition nouvelle, mais évidemment cette autre combinaison ne serait pas davantage du goût de l'Angleterre, qui n'aurait, d’ailleurs, qu'à v perdre.