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La Sicile et les Bourbons

que lui donnenlsa position géographique , !a richesse de son aol , l'esprit et le raraulère de ses habitants et les nobles traditions de son histoire. Sur le continent de l'Italie on se tenait mienre dans les équivoques et on parlait de gouvernements consultatifs, quand la Sicile prononça le mol de constitution , qui , en quelques semaines, fit le tour do l'Italie et passa les Alpes. Ce mot fit partir de la Sicile les premiers coups de feu qu'on entendit en Europe en cette terrible annéo I8Î8. Ferme dans sa volonté , la Sicile n'a cessé de marcher a l'avant-garde du mouvement italien vers un but déterminé , tandis que d'autres Etals ae fourvoyaient, que d'autres s'arrêtaient court, et que le pauvre Pie IX reprenait te chemin tortueux de ses prédécesseurs.

Cependant la Sicile n'a pas l'ait une révolution proprement dite : ni la société , ni les lois de l'État n'ont été attaquées dans ce pays, lin pouvoir illégal avait confisqué la constitution , ■jt voilà que le peuple chasse les usurpateurs et que la représentation nationale reprend tranquillement sa place, commence à réparer

un grand coupable, fait u/oee Je ?ûi: ooit miistitutionnel dans l'élection d'un nouveau toi, apporli- ou statut sicilien les réformes que la marche de l'humanité a rendues nécessaires, et déclare à. toute l'Europe que la Sicile libre et indépendante va entrer la première dons la fédération italienne.

démonstrations pacifiques d'abord, ensuite un ultimatum formel à jour fisc, le 12 janvier, et co jour-là le combat. Après la -victoire, les Siciliens essayent les voies de la conciliation avec le gouvernement de fiaples; ils traitent toujours en frères les Napolitains , même les soldats qui , à Païenne . avaient bombardé le3 maisons des ciLiyons iiU'fiï'nstfs, massacré des femmes et des moines, et porté des enfants au bout do leur baïonnette.

Avec la légalité et la inoJérution , le mouvement sicilien de 1848 présente un autre caractère : celui d'une prodigieuse unanimité. Dans toutes les villes sans exception , à la chambre des pairs comme dans la rue, prêtres et laïques , i-irhe.-= et pauvres, hommes timides et hommes résolus, tous se sont réunis dans un sentiment, dans une pensée, dans une action. Messine s'est immolée comme Ufcius aux dieux infer-

naux qui planaient sur la Sicile ; et toute l'ilo a Été prèle à imiter son exemple. Pas un village n'a écouté les promesses ni craint les menaces (le l'ennemi. Il n'y a pas eu un seul traître a punir sur deux m Niions d'kabilants agités si profondément pendant treize mois.

Malheureusement, cette vertu politique, si rare en 1848, n'a pas encore assuré la paix de la Sicile. Ferdinand de Bourbon, régnant toujours à Naples par la violence , épuiso les ressources de ce malheureux pays, pour écraser la Sicile. Tout le monde sait qu'après la destruction de Messine, la Franco et l'Angleterre ont arrC'té le bras parricide du roi (le fiaples, et ont offert une médiation. Mais cette médiation ne promet pas de grands résultats. Bientôt cependant il faudra que les dcu\ puissances qui dominent dans la Méditerranée prennent le parti ou de laisser recom-

queslion; ce qui ne leur coûterait qu'un mot, et sauverait un pays destine par la nature à Être la clef commerciale et politique de l'Orient.

Sans doute , une affaire aus=i grave au point de vue de la morale politique et des intérêts matériels no manquera pas d'occuper les représentations nationales de la Franco et de l'Angleterre. Noua espérons donc que l'opinion publique ne dédaignera pas d'approfondir la question. Nous allons l'examiner en passant en revue les droits re^ieetifs do la Sicile et du roi de Naples, l'intérêt de l'Italie, celui des deux puissances médiatrices, et enfin leurs engagements, soit avec Ferdinand do Bourbon , soit avec la Sicile.

Un coup d'ceil rétrospectif sur l'histoire de la Sicile servira de base à In discussion.

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