II
LA SICII.K AU BOTEH AtiE.
L'histoire de la Sicile au moyen tige [.cul se résumer en deuï muls. Celle Ile depuis lu n' siècle a été indépendante, on a versé des Unis île s;ing pour le devenir. Nulle race n'y a demeuré à jieinc un demi-siècle sans
habitants du pays, comme loulea les populations italiques en général . repoussen; lit domination de Constantinoplc.'Fropdivisés pour se soutenir, ils appellent les Musulmans d'Afrique, qui linisscut par s'emparer de l'île. Cependant la conquête n'était pas encore achevée et les duéliens il .'■ i'- ii il nient, encore dans
obéissance à l'A fi'jqi.u'. l'alenne subit alors la vengeance affreuse don Néioii aglahile , d un llaileliki des kalifesfalimites il <! iiulivs tyrans moins célèbres; mais après un siècle de ialle, l.i Sicile musulmane se rendit indépendante. Aussi les populations italiennes qui firent la conquête de celle ile au n" siècle sous des chefs normands, y trouvère ut- elles tous les éléments d'une véritable puissance.
Les Normands donnèrent à la Sicile ce qui lui manquait, l' organisation ; ils en tirent un royaume qui, en quelques années s'empara de tous les petits filais de l'Italie méridionale, occupa une grande partie tle la côte d'Afrique, porta ses armes en .Morée et menaça Constat! tinople. Les princes normands, sié-
Mais les intérêts dynastiques ont toujours été funestes à la Sicile. maison de Sc-uabe, succédant aux princes normands, lança la Sicile dans les luttes Je i lOnijiirc contre l'iinli'turiidanr:? l'll;>[ic. et la maison d'Anjou réalisa presque L: projet de réduire cette île à une province de Nuplea. Poussée à bout, la nation revendiqua son indépendance en 1282 par les Vêpres siciliennes et par vingt ans de guerre, \aples resta aux succoscurs de CLarles d'Anjou. La Sicile donna sa couronne à mie branche de la maison d'Aragon qui s'éteignit à la fin du s:v' sièele.
S ni.
venait sous aucun rapport. t>ci arriva au commencement du ti° sièele, un peu avant l'époque qu'on assigne en général comme le point de départ de l'histoire moderne. Ayant eu le malheur du reconnaître
bientôt dans la vaste monarchie espagnole , espèce de
la géographie, ni 1" L n li'-rÊt <J es tiou rsles. Naplcs se trouva aussi dans cette confédération par un hasard : le dépit capricieux qui poussa Jeanne H à adopter Alphonse
d'Aragon; mais les deux royaumes no as confondirent pas plus l'un avec l'autre qu'avec la Lombardie, les Pays-Bas ou l'Espagne elle-même.
Pendant la traversée pénible do trois siècles de domination, ou plult'it du confédération espagnolo, la Sicile garda toujours sa représentation nationale, ses propres lois, son administration, son pavillon, sa monnaie et sou armée : clic ne donna au roi do l'argent et des soldats qu'autant qu'elle voulait, c'està-dire avec une parcimonie eïl l'ème. Pour complément do son système" de gouvernement autonome, la Sicile avait une police ecclésiastique a elle seule, tout à fait différente do celle des autres couronnes de la chrétienté et presque indépendante de Homo- Le roi y exerçait les fonctions de légat perpétuel du saintsiégo en vertu d'une concession d'iirbain II, que les papes en sept siècles et demi n'ont pas réussi à détruire. D'ailleurs le monarque éloigné ne gouvernait que par l'organe de son vice-roi, siégeant en Sicile avec toutes les attributions de la royauté, sans en excepter les relations internationales avec les États voisins, en Italie ou sur la côte d'Afrique. Les membres du parlement, chargés de présenter les actes à la sanction du roi , étaient appelés ambassadeurs et reçus comme tels à la cour d'Espagne.
Tous les rapports iti> lu Sicile avec l'Espagne reviennent donc à une simple union personnelle, comme on le dit aujourd'hui. De fiilile lien froissait très-peu l'esprit de la nationalité sicilienne, qui d'ailleurs se tenait toujours sur le qui-vivo et avait dans eon parlement un gardien intéressé à repousser la moindre usurpation. Aussi la Sicile ne fit jamais d'efforts
sérieux pour échapper au roi d'Kspagne, pas mémo au moment où cette jmiisiinic tondait déjà. Messiue , ae trouvant en pleine révolte, ,i cause Je deui factions intérieures , appelait cd 1674 les armes de la France; l'amiral Duqucsne gagnait trois batailles sur les eûtes de la Sicile, le drapeau français flottait à Agoala et àïaormina; le duc de Vivonno prenait le titre de vice-roi : niais le reste lie l'ile ne bougea pas; Messine abandonnée ouvrit ses portes en 1678, et il fallut le démembrement des provinces espagnoles pour line la Sicile di;iiige'il de maître.