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OBSERVATION IV

(Gommuniquée par M. le D' Mayor.)

M. X, médecin, âgé d’une quarantaine d'années, présente depuis assez longtemps déjà des troubles de digestion. Il se plaint surtout de douleurs et de fringales qui semblent indiquer un état d'hyperchlorhydrie sans hypersécrétion gastrique notable (au moins n’y a-t-il pas de vomissements). Ces crises douloureuses ne se produisent jamais que pendant les chaleurs ; elles sont journalières, exigent des repas fréquents, mais peuvent être soulagées aussi par l’ingestion de fortes doses de bicarbonate de soude. En 1892, sous l’infiuence d’un régime sévère, elles

ne se sont pas montrées ou plutôt n’ont eu quelque tendance à reparaiître que lorsqu'il y a eu écarts de régime. Par contre, au mois de juin, le malade a été pris subitement de douleurs vives dans l’S iliaque qui l’ont amené à venir consulter M. le D' Mayor. Il n’est point habituellement constipé, mais il présente un phénomène assez commun chez les entéroptosés, et qui est dû évidemment à un trouble de fonctionnement dans PS iliaque. Fréquemment, sans qu’il puisse en dire la raison, il lui semble que des gaz luttent pour sortir de lintestin ; ils descendent le long du côlon, pénètrent dans l'S iliaque, et la, paraissent rencontrer un obstacle qui les fait rétrograder. Ils sont ramenés encore plusieurs fois de haut en bas; parfois ils semblent s’accumuler dans lS iliaque et donnent lieu à une sensation de gonflement, de tension douloureuse. Puis ils pénètrent tout à coup dans le rectum qui les expulse; mais ils sont remplacés bientôt par de nouveaux venus qu'envoient les régions supérieures de l’intestin. Ces phénomènes, en général plus gènants que douloureux, s’accompagnent quelquefois cependant de sensations désagréables.

La veille du jour où il vint consulter, ce médecin, pendant qu’il faisait ses visites, avait senti tout à coup une douleur vive dans la fosse iliaque gauche, douleur qui, accompagnée de nausées, l’avait forcé à entrer chez un client et à s’y reposer assez longtemps. La nuit avait été mauvaise, sans fièvre néanmoins. Le lendemain il venait chez M. le D' Mayor, mais le trajet en chemin de fer et la marche avaient réveillé des douleurs assez accentuées. En effet, la moindre pression sur la région ilaque détermine une sensation assez pénible pour empêcher tout

De ee examen un peu approfondi. On lui conseille le repos au lit, les cataplasmes, l’alimentation liquide ou les bouillies et les purées, le benzonaphtol à l’intérieur et, s’il y a nécessité, un lavement émollient chaque jour. Deux jours plus tard, M. le D' Mayor va voir son confrère : il n’a pas eu de fièvre: les douleurs ont graduellement diminué, La palpation est devenue possible ; VS iliaque est manifeste ment dure, tuméfiée, douloureuse à la pression. Aucun signe évident d’entéroptose.

Le lendemain, le Docteur put se lever un peu; graduellement les douleurs disparurent, VS illaque redevint normale; la marche put être reprise peu à peu sans inconvénients.

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