INTRODUCTION
Depuis dix ans à peine la pathologie du gros intestin a subi une véritable transformation de certains de ses éléments, si bien que les données en faveur hier encore, n'ont plus aujourd'hui qu’une part restreinte de vérité. Tandis qu’en 1888, la typhlite stercorale avec sa conséquence presque habituelle, la pérityphlite, occupaient la place unique dans l’étude des inflammations localisées de la fosse iliaque droite, tandis que l’appendice iléo-cæcal était généralement considéré comme une quantité à peu près négligeable, actuellement, c’est ce dernier qui paraît être, pour ainsi dire, seul en cause. À en croire même certains auteurs, la typhlite ne s’observerait jamais, au moins primitivement.
Il est de fait que l’appendice a, de toute évidence, un rôle en pathologie, une importance de premier ordre ; mais il ne faut pas pousser les choses à l'extrême et, par une tendance naturelle à l’exagération, nier à tout jamais l'existence de la typhlite.
Réduire son rôle est aujourd’hui une conséquence obligatoire, mais, malgré tout, la typhlite vraie existe et l’on
peut même affirmer qu’elle n’est pas extrêmement rare.
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La stagnation des matières fécales dans le cæcum, entretenue et favorisée par la constipation, caractérise la typhlite stercorale ou primitive.
La localisation au niveau du cæcum de certaines ulcérations (tuberculose, dysenterie, cancer, etc.) fait la typhlite secondaire. |
Ainsi donc, le gros intestin peut, pour son propre compte, être le siège de lésions inflammatoires, etce fait, il est possible de le vérifier et de l’étudier dans ses différentes portions. Nous avons restreint notre étude aux phénomènes susceptibles de se produire du côté de l’anse sigmoïde à la sigmoïdite elle-même signalée pour la première fois et si bien mise en lumière récemment par les travaux de M. le professeur Mayor, de Genève.
Nous avons pensé qu’il y avait quelque intérêt à grouper les notions éparses dans les publications médicales périodiques. Grâce à la bienveillante obligeance de M. le professeur Mayor qui nous a fait connaître ses idées personnelles et grâce aux savants conseils de M. Le D' Jaboulay, chirurgien de l’'Hôtel-Dieu, qui a bien voulu nous communiquer d'importantes observations, nous avons pu tenter ce travail d’ensemble que nous soumettons aujourd’hui à lPappréciation de nos juges.
Nous n’avons pas la prétention d’avoir tout dit sur la question ; d’autres plus autorisés que nous étudieront de
façon plus complète ce que nous ne faisons que brièvement exposer.
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D'ailleurs, nousn’avonseu qu’un butdans ce modeste travail : signaler l'existence d’une affection peu connue jusqu'ici. Nous étendre plus longuement sur les phénomènes observés eût été une redite fatale, puisque, par essence même, l’inflammation du côlon descendant se manifeste de la même facon que celle du côlon ascendant. La sigmoïdite n’est, en somme, que la typhlite étudiée et observée à gauche et les narrations pathologiques de ces deux affections n’ont que des traits communs.
Notre rôle est donc en somme réduit; mais malgré cela, si nous avons une crainte au début de cette revue rapide, c’est celle d’être resté au-dessous de notre tâche et de n’avoir pas rendu notre travail assez digne des noms aimés ou respectés inscrits aux premières pages.
Nous diviserons notre étude en trois parties :
Dans un premier chapitre nous dirons dans quelles conditions se développe la sigraoïdite, faisant ainsi connaître son étiologie et sa pathogénie.
L’exposé des symptômes et la discussion du diagnostic feront l’objet de la seconde partie que compléteront quelques observations cliniques.
Le troisième chapitre comprendra les indications hygié-
niques et thérapeutiques.