VI PRÉFACE
loire de nos écritures méditerranéennes, qui toutes, depuis ce temps-là, sont phonétiques en principe et diffèrent radicalement de l'idéographie de TExtrème Orient, n'est que Thistoire d'une simplification graduelle. Le minimum de simplicité se trouve à l'âge des hiéroglyphes; le maximum, à l'âge de la sténographie.
Pour l'orthographe proprement dite, c'est-à-dire les règles suivant lesquelles on emploie les signes de l'alphabet, il y a eu des réformateurs phonétistes chez tous les peuples. Les Athéniens ont eu les leurs. A Rome, la première réforme orthographique fut exécutée par le fameux Appius l'Aveugle. C'était un haut personnage et un homme supérieur; il donna à la république le modèle de ses grandes routes et le modèle de ses aqueducs; il la sauva par son sangfroid, un jour que le Sénat était ému. Or, tout grand qu'il était, il ne crut pas indigne de lui d'alléger le fardeau des écoliers. Il daigna ordonner qu'on écrivît R quand on prononçait R. Sans lui, les Romains auraient continué indéfiniment à écrire ausicula pour auriculay et nous aussi, peut-être, nous écririons d'après eux Voseille po.ur Yoreille. Le long de la voie Appienne il n'y a plus que des morts, mais les vivans * pratiqueront l'orthographe Appienne tant qu'il y avira des nations latines. — En France, les réformateurs n'ont jamais manqué. Le principal a été le corps des Quarante, l'Académie française. Chaque