PREFACE. XI
compter, du temps et du travail. Tel a été, à Genève, M. Paul Oltramare; tels ont été, en France, parmi bien d'autres, M. Max Bonnet, professeur à la Faculté des Lettres de Montpellier; M. Tabbé Ragon, professeur à l'École des Carmes; M. Barlet, qui a soutenu nos idées dans un journal patriotique, le Vrai Français, Nous devons beaucoup à l'Association des instituteurs et institutrices laïques du Nord. Je nommerai encore le savant M. Wulff, de l'Université de Lund, en Suède, qui a organisé une pétition spéciale des professeurs qui enseignent le français à l'étranger. Je ne puis nommer tout le monde, à beaucoup près.
Du moins je donnerai un souvenir à un ami disparu, dont la perte a été un grand malheur pour la science française, un grand malheur pour notre œuvre. Arsène Darmesteter, professeur à la Faculté des Lettres de Paris, était membre de notre Société de réforme orthographique. Ses principes en orthographe étaient exactement ceux que nous avons essayé de faire valoir : le phonétisme pour but idéal, la modération pour règle immédiate. Il se serait, de grand cœur, associé à notre œuvre, pour laquelle il avait combattu, à l'avance, tant dans son enseignement que dans ses travaux imprimés; bien mieux, c'est lui qui l'aurait conduite. Il nous aurait dirigés avec prudence et, en même temps, avec hardiesse, car, si son caractère était patient, sa pensée était précise. Il était admirablement préparé du côté technique; il avait la connaissance la plus approfondie,