DEUXIEME PARTIE FOLIE SIMULÉE
J'ai dit, dans l'avant-propos, que je limiterais mon étude à la simulation de la folie ayant comme point de départ la criminalité, en l'étendant toutefois aux jeunes soldats simulant pour se faire exempter ou réformer du service militaire.
Je diviserai cette étude en plusieurs chapitres.
Dans le premier, franchissant à ce seul point de vue les limites que je me suis tracées, je rechercherai brièvement les divers mobiles de simulation qu'on peut rencontrer en dehors de la criminalité. Rentrant ensuite dans ces limites, je me demanderai d'abord si, parmi les actes criminels , il en est qui portent davantage que d'autres à la simulation ; puis je rechercherai la fréquence de celle-ci et je terminerai par l'étude du simulateur. Ici, les faits me montreront le simulateur être, soit un aliéné exagérant son délire ou créant, en dehors de celuici, toute une aliénation mentale, c'est Y aliéné simulateur ; soit, c'est le cas ordinaire, un non aliéné
simulant la folie; ce sont, d'ailleurs, les individus de ce dernier ordre qu'on a généralement en vue quand on parle de simulateurs.
Je consacrerai les chapitres deuxième, troisième, quatrième et cinquième à l'étude de la simulation chez les non aliénés.
Dans le deuxième chapitre, j'étudierai cette simulation envisagée dans son expression symptomatique. Parfois, le simulateur s'affuble si bien du masque de l'aliéné qu'il en impose au médecin, même au médecin le plus habitué à l'étude des maladies mentales, et cela de telle sorte que celui-ci reste perplexe et indécis. Or, ce masque n'est pas toujours le même, il peut être celui de la plupart des formes cliniques de l'aliénation mentale. Par suite, il me semble nécessaire de présenter tout d'abord le simulateur sous les différents aspects qu'il peut prendre. Je ferai cette étude sous la rubrique : Formes symptomatiques de la simulation .
Je recherchererai dans les troisième et quatrième chapitres les éléments qui font naître le doute dans l'esprit du médecin relativement à une simulation possible et qui deviendront autant d'éléments de diagnostic. Ces éléments sont fournis par Y examen indirect et par Y examen direct des prévenus. Le premier révèle des incorrections diverses dans les antécédents de ceuxci, dans le mode de début et l'époque d'apparition des troubles délirants, etc. Le second montre des ombres dans le tableau clinique de la simulation. Pour si parfaite que soit une copie de tableau, il y a tou-