‹ La simulation de la folieChapitre 2 sur 48 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Dans les conditions ordinaires de la pratique médicale, le médecin, confiant dans les renseignements que lui fournit le malade qu'il examine et n'ayant pas à mettre en doute la nature pathologique des symptômes observés par lui ou qui lui sont indiqués, base son diagnostic sur ces renseignements et ces symptômes, et cela, sans autre préoccupation. Dans la pratique médico-légale, il en est différemment ; l'individu, que le médecin a devant lui, est ordinairement un prévenu ayant commis quelque acte délictueux ou criminel et pouvant avoir, par suite, des raisons de simuler la folie, c'est-à-dire de simuler une maladie, qui, si son stratagème réussit, lui assurera la non imputabilité, l'irresponsabilité. Dans ce cas, l'esprit du médecin légiste n'est plus libre comme celui du thérapeute, une préoccupation le hante, celle de savoir si les renseignements que lui fournit le prévenu, si les symptômes que celui-ci accuse, ou même si ceux qu'il observe lui-même ne sont pas fabriqués de toutes pièces pour les besoins de la cause. Et ainsi se dresse devant lui le grave problème de la simulation.

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