‹ La simulation de la folieChapitre 39 sur 48 · PROVOCATION D'UN DÉLIRE TOXIQUE · texte numérisé non relu

PROVOCATION D'UN DÉLIRE TOXIQUE

Monteggia est le premier médecin qui, à ma connaissance, ait mis ce procédé en pratique, en vertu de l'adage in vino veritas.

Le prévenu qu'il avait à examiner refusant de boire du vin, il lui administra de fortes doses d'opium dans le but de le faire délirer et dans l'espoir que, dans cet état, il lui livrerait son secret. Son attente fut

(1) Ann. méd. psych., 1857, p. 210.

(2) Annales méd. psych., 1854, t. VI, p. 83.

trompée, mais à la suite de l'administration de ce poison, le délire disparut.

Morel, reprenant cette idée et ay.ant remarqué que, à la suite du sommeil provoqué par l'éther, ses malades lui livraient, sur les idées délirantes qui les préoccupaient, des aperçus utiles qu'ils ne lui avaient jamais indiqués jusque-là, eut recours à ce même sommeil pour dépister la simulation. Il a réuni les résultats de ses recherches dans un mémoire intitulé : De Véthérisation dans la folie, au point de vue du diagnostic et de la médecine légale (3). Ces résultats ne sont pas encourageants et les médecins qui, après lui, ont mis en œuvre ce procédé, en ayant recours soit à l'éther, soit à d'autres narcotiques, n'ont pas été plus heureux. Cette méthode doit donc être abandonnée ; inutile, par conséquent, d'insister davantage sur elle.

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