‹ La sincérité religieuse de ChateaubriandChapitre 121 sur 185 · Ibid,, t. II, p · texte numérisé non relu

Ibid,, t. II, p

de Tautre, avaient suivi une marche parallèle dans son âme, mais en sens contraire, Tune devenant toujours plus vivace avec les années, à mesure que Tautre allait de plus en plus s'afifaiblissant.

Il faut lire ses paroles mêmes :

« La religion du Verbe est la manifestation d la vérité, comme la création est la visibilité de Dieu... Le Christianisme est l'appréciation la plus philosophique et la plus rationnelle de Dieu et de la création... Des personnes éclairées ne comprennent pas qu'un catholique tel que moi s'entête à s'asseoir à l'ombre de ce qu'elles appellent des ruines; selon ces personnes, c'est une gageure et un parti pris... Non, je n'ai point fait une gageure avec moi-même, je suis sincère ; voici ce qui m'est arrivé : de mes projets, de mes études, de mes expériences, il ne m'est resté qu'un détromper complet de toutes les choses que poursuit le monde. Ma conviction religieuse, en grandissant, a dévoré mes autres convictions. »

Et alors le mot que citait M. de Noailles et que lui-même aimait à redire : « Il n'est ici-bas chrétien plus croyant et homme plus incrédule que moi*. »

Ou la parole humaine n'a plus de sens, même la parole de ceux que l'hypocrisie révolte le plus, ou il faut s'incliner devant ces déclarations décisives, faites à des amis et insérées, en outre, dans des pages confidentielles, que la postérité seule devait lire et où l'auteur affirme qu'il s'est mis tout entier.

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