‹ La situation actuelle de la psychiatrie en ÉcosseChapitre 3 sur 3 · En examinant très minutieusement les demandes de se · texte numérisé non relu

En examinant très minutieusement les demandes de se

cours invoquées pour cause d’aliénation mentale, de manière à acquérir la preuve que le secours n’est donné que dans les cas où l’intérêt de l’aliéné ou du public l’exige réellement.

2. En exerçant une surveillance très active, c’est-à-dire en examinant si les aliénés indigents ne sont pas maintenus dans les asiles alors que leur état mental est arrivé à un degré tel que la collocation n’est plus indispensable.

3. En soignant que les aliénés indigents ne soient plus maintenus sur le tableau des pauvres lorsque le coût de leur entretien peut être imposé à des membres de la famille qui leur doivent aide et protection et qui sont capables d’y pourvoir.

4. En surveillant, pour ce qui concerne les aliénés indigents qui ont besoin de quelque secours de la commune, que leurs parents qui, au point de vue légal sont obligés de pourvoir à leur subsistance, soient obligés de les soigner autant qu’ils peuvent.

L’impossibilité de la généralité des gens qui, dans les circonstances ordinaires vivent dans l’aisance tout en étant incapables de pourvoir, sans l’intervention d’un secours public, à l’entretien des leurs dans les asiles, est reconnue par le bon sens qui dit qu’un mari ou un père ne peut être déclaré indigent en acceptant l’entretien pour sa femme ou son enfant aliéné.

On comprend ainsi l’origine de la protestation des contribuables. L’augmentation croissante du nombre des aliénés, soit par l’accumulation soit par les autres causes que nous avons déjà énumérées, devient une question de plus en plus importante à mesure que les asiles deviennent plus nombreux et les dépenses plus grandes.

Quelques mots suffiront pour expliquer la distribution actuelle des aliénés et les efforts réalisés pour réduire les charges de l’État.

On peut considérer comme établi que la loi écossaise part du principe de l’égalité pour le traitement du riche et du pauvre, au moins pour autant que la chose est possible.

Dans les différents asiles de l’État, des arrondissements et

des communes, il y a actuellement 9,202 malades dont 7,618 sont à charge de 1 État. Ces institutions appartiennent au domaine public; elles ont été créées pour recevoir les aliénés à l’aide de dons charitables ou avec le concours des deniers publics. Autrefois, les malades indigents étaient reçus dans des asiles privés, mais actuellement on peut considérer ce mode de placement comme ayant cessé d’être. Les asiles privés, qui subsistent encore, ne peuvent recevoir que la meilleure classe de la société, comme on le verra par le tableau annexé à ce travail. Il existe une augmentation de la population des malades dans les maisons de bienfaisance (Workhouses), ce qui constitue un point très important ; le nombre des aliénés qui restent dans des maisons privées (private dwellings) est devenu également bien plus considérable.

Les principes admis et maintenus par la Commission générale d’inspection depuis son origine, c’est-à-dire depuis trentesix ans, ont subi lepreuve du temps.

Par suite du transfèrement des cas chroniques inoffensifs, actuellement dans les asiles, dans les maisons de bienfaisance et les maisons privées, d’après la nature de leur état mental et physique, le corps médical des asiles s’est vu débarrassé d'une quantité d’aliénés chroniques dont le total s’élève à 3,322. Les dépenses ont ainsi pu être reportées sur des cas plus dignes d’attention ; le traitement encore a été rendu plus efficace.

Notez que les hospices de bienfaisance aident à alléger les asiles. Les malades ne passent pas d’abord par les hospices de bienfaisance mais par l’asile. C’est là un point très important. Le médecin-directeur de l’asile s’entend avec les autorités administratives des bureaux de bienfaisance pour envoyer les cas chroniques aux Workhouses ou pour confier les cas moins prononcés aux bons soins de gardiens convenables dans les districts de la campagne. Il n’est pas nécessaire d’insister plus longuement sur l’important travail réalisé par les inspecteurs délégués [Deput y commis sioner s) en visitant les cas spéciaux qui pouvaient être confiés au dehors ( Boardecl out

cases ) et en présentant un rapport à leur sujet. Il suffira de mentionner que le nouveau système continue à mériter la confiance de la population écossaise.

Nous avons encore à présenter quelques considérations sur un procédé meilleur pour les admissions et descriptions des cas d'aliénation mentale dans les asiles. Dernièrement, le Dr Garswell(') a donné des explications sur cette innovation introduite par le Barony Parish à Glasgow.

La lecture de son travail et l’importante discussion qui eut lieu à ce sujet à la Société médico-psychologique de la Grande Bretagne, mérite une attention toute particulière.

L’amélioration que le Dr Garswell recommande au point de vue administratif, méritait depuis bien longtemps d’être prise en très sérieuse considération. Dans les grands centres de population, il devrait y avoir des maisons d’admission qui seraient autorisées à admettre librement, à titre d’observation et de traitement, tous les indigents qui posséderaient un certificat attestant qu’ils sont atteints d’aliénation mentale.

De cette manière, on pourrait entreprendre immédiatement le traitement de tous les malades atteints d’alcoolisme aigu ou d’une autre maladie mentale transitoire, et passer les malades qui réclameraient un traitement plus prolongé à des asiles, tandis que les cas, qui réclameraient une intervention moins active, pourraient être soignés à moins de frais et dans des conditions tout aussi avantageuses. Cette disposition présuppose la nomination d’un médecin aliéniste compétent qui serait chargé d’établir le diagnostic et la nature des cas qui lui seraient soumis et de les traiter selon les règles de l’art. Cette modification ne serait pas une innovation pour notre pays, le Dr Norton Manning ayant déjà prouvé l’efficacité de cette mesure à Sydney, en Australie.

Le traitement moderne accorde une plus grande liberté à l’aliéné. C’est là un fait généralement reconnu en Europe. On (*)

(*) Journal of mental science. July 1894.

diminue les pénibles moyens de contrainte. On accorde un plus haut degré de cornfort, on prête une attention plus grande à l’individualisation des cas. Tels sont les progrès des derniers temps. Il y a vingt-cinq ans que les pionniers de ce mouvement ont entrepris leur œuvre en Ecosse. Le Dr Sibbald, actuellement inspecteur des asiles d’aliénés de ce pays, en ce temps-là médecin-directeur de l’« Argyll asylum » cessa de faire usage de ses préaux {airing courts)-, le Dr Batty Tuke supprima 1 emploi continu de ses clefs dans plusieurs parties du « Five asylum » et le Dr Rutherford donna à ce système une extension plus grande encore.

On fit alors l’acquisition de fermes â l’usage hygiénique des malades. Les vieux bâtiments furent renouvelés et modernisés.

Le développement progressif de ces nouvelles idées nous mène à la période actuelle. Les asiles possèdent en ce moment des salles spéciales, des véritables hôpitaux pour les aliénés malades et pour les nouvelles admissions; aux hôpitaux centraux on a annexé des villas. La vie scientifique du médecin est devenue plus active, une rivalité toujours croissante anime l’homme de l'art.

L’hospitalisation des aliénés a été inaugurée par le docteur Clouston. Le savant médecin-aliéniste d'Edimbourg transforma les vieux quartiers isolés de Morningside en infirmeries et ultérieurement le Dr Howden suivit ses traces, en construisant un bâtiment spécial à l’usage des malades. Le summum du progrès fut atteint par le I)r MacPherson qui construisit une annexe dans laquelle il place tous les cas qui réclament des soins spéciaux dans le district de Stirling.

Il est encore agréable de pouvoir constater que la partie pédagogique de la psychiatrie a fait de notables progrès spécialement depuis ces dix dernières années. Il y a longtemps que feu le Dr W. A. J. Browne, autrefois médecin en chef du « Dumfries asylum » eut l’heureuse idée de donner des conférences et un enseignement professionnel à tout son personnel attaché directement au service des aliénés. Depuis plusieurs années encore, les étudiants en médecine reçoivent un en-

seignement complet dans les asiles royaux des villes universitaires de l’Ècosse.

Ce ne fut que dans ces derniers temps que le Dr Campbell Clark appela de nouveau l’attention sur la nécessité d’améliorer l’enseignement du personnel des gardiens.

Depuis 1885 des démarches furent faites pour obtenir un manuel pour l’instruction des gardiens et pour donner une importance plus grande à l’éducation clinique. Les diplômes et les signes distinctifs décernés par la « Medico-Psychological Association of Great Britain and Ireland » à ceux qui passent un examen avec succès, ont donné une nouvelle impulsion à cette grande réforme dans les asiles. La longue liste des candidats diplômés que l’on rencontre dans le « Journal of mental Science » témoigne de l’activité qui règne dans cette sphère d’action.

L’enseignement de la psychiatrie existe dans les différentes Facultés de médecine du Royaume-Uni, mais il ne donne pas tout ce qu’on est en droit d’en attendre. Aussi l’Association Médico-psychologique a-t-elle tenu à combler la lacune existante en instituant des examens et en accordant des diplômes aux récipiendaires qui les passent avec succès. C’est avec une véritable satisfaction que l’on constate, d’année en année, le succès grandissant de cet enseignement théorique et pratique. D’ailleurs, d’après la nouvelle, loi sur la collation des grades universitaires, tout étudiant en médecine sera tenu à passer dorénavant un examen sur les maladies mentales.

Tels sont, sous une forme très résumée, les points les plus saillants sur la situation actuelle de la psychiatrie en Écosse. J’ai tenu à n’en relever que quelques-uns quoique chacun d’eux mérite une étude détaillée. Il m’aurait été très agréable d’entrer plus profondément dans ces questions mais j'abuserais du temps de l’assemblée. Je m’étais uniquement proposé de vous les exposer d’une manière sommaire. En terminant je dis à la Société vale, bene vale, cura ut valeas.

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