ET LEVASSOR
Lors de l'application de la loi Millerand, le Conseil d'administration de l'usine Panhard avait songé à renvoyer les apprentis. Mais le commandant Krebs, directeur de l'usine, obtint les crédits nécessaires à l’organisation d’un atelier d’apprentis,qui,créé d’abord à titre d'essai, donna de si bons résultats que l’on ne tarda pas à le maintenir définitivement et à le développer.
L'atelier contient actuellement 60 élèves. Ils y entrent pour trois ans. Les conditions d'admission à l’atelier sont d’avoir 13 ans au moins, de posséder son certificat d'étude et d’être, soit fils, soit proche parent d’un ouvrier travaillant à l’usine. Des listes de demandes d'admission sont dressées à cet effet, indiquant l’âge du candidat, et son degré de parenté avec le signataire de la demande. La préférence est accordée, d’abord à ceux dont le père travaille à l’usine, et parmi ceux-ci, AUX plus âgés. La journée de travail est de dix heures.
La caractéristique de leur travail est d’être, non pas
productif, mais uniquement éducatif. L'atelier est
LES MÉCANICIENS 95 dirigé par un contre-maître choisi avec soin, et l'instruction donnée aux enfants comprend une partie théorique, qui consiste en un cours de technologie élémentaire. et une partie de travaux pratiques, que les élèves exécutent entièrement eux-mêmes, c'est-h-dire qu'ils calculentet dessinent les pièces qu’on leur donne à faire. De plus, chacun passe à tour de rôle à ce qu’on appelle le bureau, où il reste pendant un certain temps, et perfectionne son éducation générale, soit en travaillant l’arithmétique ou des nocions de géométrie, soit en exécutant des dessins sous la direction du contre-maître.
Cette instruction théorique et pratique est répartie sur trois années. La première année, les enfants apprennent à exécuter les pièces élémentaires classiques de la mécanique (règles, équerres, etc.), et à se servir des machines-outils, La seconde année, ils font de l'outillage et du montage, travaillant spécialement sur les pièces de fonderies soutflées ou mal coulées, enfin, en troisième année, ils préparent l'usinage d’un certain nombre de pièces.
A leur sortie de l'atelier, Les jeunes gens sont divisés en deux catégories : ceux dont les familles sont dans le besoin, et à qui il est nécessaire de gagner tout de suite des salaires sérieux et ceux qui ont moins besoin de gagner. On place les premiers dans des emplois où
ils peuvent gagner tout de suite une rémunération
importante, mais où, généralement, il leur est plus difficile de perfectionner leur éducation technique. Quant aux seconds, on leur fait faire des travaux moins rémunérateurs, mais leur apprenant plus de choses.
Seulement ceux-ci, quel que soit le travail auquel ils sont affectés, sont payés à un taux inférieur au salaire des ouvriers venant du dehors. Cette mesure à été prise pour [ousser en quelque sorte les jeunes gens sortant de l’école d'apprentissage à voyager, et à passer dans d’autres usines avant leur service militaire. Ils acquièrent ainsi des connaissances plus variées, et lorsqu'ils rentrent à l'usine, où leur place est toujours réservée, ils font d'excellents ouvriers.
Voici le texte du contrat d'apprentissage de l'usine
Panhard.