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SALAIRES PAR ÉQUIPES (COMMANDITE

C’est aussi une introduction récente, et nous croyons que sa généralisation dans l’automobile pourrait être fort avantageuse pour le patron et les ouvriers.

En effet, dans le salaire aux pièces simple, c’est un même ouvrier qui est chargé de toutes les opérations concernant, par exemple, le tournage d'une pièce : or, ces diverses opérations exigent souvent des qualités différentes, qui peuvent ne pas se trouver réunies chez le même individu.

Au contraire, dans le salaire en commandite (qu’il ne faut pas confondre avec le marchandage, car il en diffère essentiellement par l'absence d’intermédiaires), la pièce est confiée à un groupe d'ouvriers, qui se partugent le prix au prorata de leurs heures de travail, sans que l'un d’eux touche proportionnellement plus que les autres (1).

(1) Ce mode de rémunéralion existe chez les typographes, où il donne, paraît-il, de bons résultats,

Les ouvriers peuvent donc se partager les différentes opérations, l’un d’eux dégrossira la pièce, l’autre la limera, celui qui aura un doigté plus délicat, un tour de main particulier, l'achèvera, de sorte que la pièce sera mieux faite que si un seul ouvrier y avait travaillé. D'où un rebut moindre, ce qui est l’avantage du patron et des ouviers.

De plus, le temps sera mieux employé, car chacun travaillant dans l'intérêt du groupe, les ouvriers se surveilleront réciproquement, s’entr'aideront au besoin, ce qui ne peut que développer chez eux l’esprit de solidarité, si utile à la classe ouvrière.

Ce mode de rémunération à été fort bien accueilli des ouvriers à qui il s'applique, et ils ne demandent qu à le voir se généraliser.

Mais il n'existe encore qu’à l’état embryonnaire,dans une seule usine, et pour quelques ouvriers de cette

usine.

L'apprentissage dans l'automobile

La loi Millerand de 1900 a posé aux industriels le dilemme suivant : ou bien n’employer ni femmes ni enfants de moins de 18 ans dans les mêmes locaux que les hommes, ou bien réduire la journée à dix heures.

Cette loi soulevait par là même une question en quelque sorte vitale pour certaines industries : celle de l'apprentissage.

En effet, les industriels qui, pour une raison ou pour une autre, ne voulaient ou ne pouvaient pas réduire la journée de travail de leurs ouvriers, étaient forcés d’exclure de leur établissement, ou tout au moins des locaux où travaillaient les hommes, tous les mineurs de 18 ans. Or, comme l'apprentissage exige que l’apprenti soit à côté de son professeur. et travaille en quelque sorte avec lui, sous sa direction, il est évident que pour les industries où la journée continuait à être de douze heures, l’apprentissage devenait impossible.

Or l’automobile compte justement parmi ces industries saisonnières, où les industriels, tout en ne main-

tenant pas d’une façon constante la journée à douze

heures, veulent cependant, dans les moments de presse, se réserver la faculté de travailler onze et douze heures par jour.

Lors du vote de la loi Millerand, le premier mouvement des industriels de l’automobile fut de renvoyer tous les apprentis. Une seule usine s’en abstint, et nous étudierons spécialement tout à l'heure les mesures fort intéressantes qu’elle prit.

Mais toutes les autres renvoyèrent leurs apprentis, sans se préoccuper des conséquences futures de cette manière d'agir. Ces conséquences ne tardèrent pas d’ailleurs à se faire sentir, et, au départ de la classe, par exemple, ces usines trouvèrent difficilement des ouvriers sérieux, susceptibles de combler les vides qui s'étaient produits.

De plus, à mesure que l'automobile se perfectionnait, elle nécessitait de plus en plus des spécialistes, que l’on ne trouvait pas dans la mécanique ordinaire, et que seul un apprentissage sérieux dans une usine automobile pouvait former.

Aussi, depuis quelque temps, voit-on les patrons qui avaient renvoyé leurs apprentis se préoccuper de la question, et prendre certaines mesures, particulièremeut l'établissement, dans des locaux séparés de l’usine, d'ateliers d’apprentis. Ils ne font d’ailleurs que suivre l'exemple de l'usine Panhard et Levassor, à

laquelle nous faisions allusion tout à l’heure, en parlant

94 LES MÉCANICIENS d’une usine qui avait gardé ses apprentis, et dont l’ate-

lier modèle d'apprentissage fonctionne depuis 1902.

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